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Le Front national et l'extrême droite : une relation inavouée

DÉCRYPTAGE - Selon Marine Le Pen, le FN "n'est pas un parti d'extrême droite". Il existe pourtant une certaine proximité avec des organisations extrémistes en Europe, mais aussi en France.

Marine Le Pen
Marine Le Pen Crédit : AFP
Etienne Baldit
Etienne Baldit
Journaliste RTL

Marine Le Pen l'affirme : "Nous ne sommes absolument pas un parti de droite, ceux qui le pensent font une erreur d'analyse totale. [...] Je m'élève encore plus contre la formulation d'extrême droite".

La "politique du prétoire"

La présidente du Front National va même plus loin : devant des journalistes et analystes d'opinion réunis dans les locaux de L'Express, l'eurodéputée a déclaré, mercredi 2 octobre, qu'elle envisageait de mener des "actions en justice" pour contester ces qualificatifs. Selon elle, le terme d'"extrême droite" ne correspond pas au FN, en raison des "amalgames" qu'il sous-entend. En appeler à la justice est devenu un élément classique de la stratégie de communication frontiste, notait déjà L'Express en 2011. L'hebdomadaire parlait alors de "politique du prétoire".

"Dans le même sac, on met Breivik (le meurtrier d'extrême droite norvégien, ndlr), Aube dorée (le mouvement néonazi grec), on secoue bien et on se dit qu'il y aura une bonne image bien crade" du Front national, accuse aujourd'hui Marine Le Pen. Cette nouvelle prise de position est dans la droite ligne de la "dédiabolisation" du parti, que Marine Le Pen entend mener depuis qu'elle a succédé à son père à la présidence du FN.

Visites auprès de l'extrême droite flamande et autrichienne

Pourtant, les liens du parti frontiste avec des organisations d'extrême droite - en France ou à l'étranger - semblent ne jamais se rompre totalement. Très récemment, ils semblaient même plus forts que jamais. Dimanche 29 septembre, Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie Le Pen et députée du Vaucluse, rendait ainsi visite au parti xénophobe et séparatiste flamand Vlaams Belang, rapportait Le Monde mardi 1er octobre.

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"Le FN poursuit sa stratégie d'alliance avec des partis d'extrême droite du Nord", note le quotidien, évoquant un "projet de collaboration" avec le Parti pour la liberté, "formation islamophobe et populiste du député néerlandais Geert Wilders". La nièce de Marine Le Pen avait déjà vu ses "mauvaises fréquentations" - une photo aux côtés de membres du GUD et d'autres figures du mouvement skin - révélées par L'Express en avril dernier.

L'an dernier, en pleine campagne pour la Présidentielle, Marine Le Pen rencontrait à Vienne les dirigeants d'un parti d'extrême droite autrichien, le FPÖ. Elle participait également à un bal fermé à la presse et regroupant chaque année des "corporations ouvertement néonazies, antisémites et négationnistes", selon l'Union des Étudiants Juifs de France, qui dénonçait à l'époque cette visite.

Le FN dément toute proximité avec les JNR, groupuscule d'extrême droite

Plus récemment, on apprenait que la présidente frontiste s'était rendue, en 2008, au Local, le bar associatif de Serge Ayoub, alors leader des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR, dissoutes depuis après la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric). En 2010, l'ex-candidate à la Présidentielle avait également dîné avec Serge Ayoub, dit "Batskin", relataient Les Inrockuptibles en juin dernier. Ce dernier avait même été sollicité par le FN en 1995 pour être tête de liste aux élections municipales, précisait l'hebdomadaire.

Pourtant, Marine Le Pen contestait, au micro de RTL le 5 juin, les liens entre son parti et le groupuscule d'extrême droite. Le FN "n'a aucun contact, de près ou de loin, avec la Jeunesse nationaliste révolutionnaire", déclarait-elle alors.

L'économie mise en avant, pas l'immigration

Pour appuyer son propos, Marine Le Pen prend en exemple son programme économique. Selon elle, le FN "n'est pas à la droite de la droite", puisqu'il défend la sortie de l'Euro et une politique interventionniste à l'opposé des thèses libérales. Elle n'évoque en revanche ni ses idées en matière de politique migratoire, ni celles relatives à la sécurité intérieure.

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