1 min de lecture François Fillon

Le débat sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections municipales

On évoque ce matin le débat sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections municipales. François Fillon en personne s'est déplacé hier au Sénat. Cette question revêt-elle une importance telle pour que l'on en parle ? La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Mais c'est effectivement tout à fait inhabituel que le Premier Ministre se rende en personne au Sénat pour défendre la position du gouvernement face à une simple proposition de loi. En réalité, il y a eu deux raisons. La première, c'est qu'il a voulu marquer le coup. Le Sénat, pour la première fois de son histoire, a basculé à gauche. Il a voulu montrer la présence, l'autorité et la fermeté du gouvernement. La deuxième, c'est qu'il y a une question qui est effectivement soulevée par cette proposition de loi, qui est le droit de vote des étrangers non communautaires aux municipales. Et, de ce point de vue, on est dans la situation bizarre où il s'agit à la fois d'une question de principe assez abstraite et en même temps avec des conséquences électorales immédiates qui, elles, sont parfaitement concrètes.

D'un côté, si la proposition de loi socialiste est votée, ça ne changera rien dans l'immédiat. L'Assemblée ne la votera pas. Ça ne s'appliquera pas avant l'élection présidentielle et ça ne s'appliquera que si la gauche la gagne. Là les choses sont extrêmement simples, on est dans le virtuel. Mais en même temps, les Socialistes, qui souhaitent que ce projet passe, bien sûr, qui le souhaitent sincèrement mais sont parfaitement conscients du fait que ça va hérisser une partie de l'électorat populaire, que ça va donc embarrasser la droite modérée et faire les affaires du Front National au détriment de l'UMP et des Centristes.

Et, inversement, Nicolas Sarkozy, qui était, jusqu'à une période récente, en faveur lui aussi du droit de vote des étrangers non communautaires, a changé d'avis maintenant parce qu'il ne veut pas tomber dans le piège des Socialistes et parce qu'il voudrait même l'inverser en sa faveur. Autrement dit, vous avez un mélange de questions de principe et d'intérêts électoraux extrêmement prosaïques.

Oui, mais sur le fond, Alain, la thèse selon laquelle la nationalité et la citoyenneté se confondent correspond bien à la tradition française.

Ça ça ne fait aucun doute. L'idée selon laquelle la nationalité, le fait d'être français et la citoyenneté, le droit de vote se confondent absolument, c'est toute notre Histoire, c'est tous les grands livres, ce sont les manuels et ce sont les constitutions. De ce point de vue, c'est vrai que ce serait un grand changement et François Fillon, évidemment hier, a utilisé l'argument et répété qu'on pouvait toujours se faire naturaliser. La réponse, c'est d'abord que c'est plus difficile qu'avant de se faire naturaliser, pour commencer. La deuxième chose, c'est que la question du droit de vote des étrangers non communautaires, ce n'est pas un principe immortel coulé dans le bronze et que rien, pour l'éternité, ne devra modifier. Il y a déjà 27 exceptions, qui sont les 27 pays européens. Il y a des pays, partout dans le monde, qui pratiquent ça. Par exemple, pratiquement toute l'Amérique Latine autorise les étrangers non communautaires à voter aux élections locales, et même quelquefois nationales.

Et puis, derrière ça, il y a deux choses simples. La première, c'est que, en France, il y a aussi un principe d'intégration et que ce principe d'intégration, qu'est-ce qui intégrerait le mieux que de participer à un vote ? Et puis, d'autre part, on est dans un période de tempête. Et dans une période de tempête, il faut envoyer des signaux soit négatifs, de rétraction sur soi, soit positifs, de changement.

Et puis, il y a aussi des soupçons, comme on dit. Est-ce qu'il est acquis, par exemple, que les étrangers non communautaires voteraient plutôt à gauche ?

Ils voteraient plutôt à gauche mais pas parce que c'est la gauche. Parce que la gauche souhaite leur donner un droit supplémentaire et les accueillir.



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