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"La stratégie de Sarkozy, c'est de parler à ses supporters", décrypte Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - En visite à la centrale nucléaire de Fessenheim, Nicolas Sarkozy a tiré à boulets rouges sur le bilan de François Hollande. N'oublions pas, pourtant, que chacun a sa collection de promesses non tenues.

Alba Ventura
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Crédit : Elodie Grégoire
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"La stratégie de Sarkozy, c'est de parler à ses supporters", décrypte Alba Ventura
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Nicolas Sarkozy était jeudi 12 mars en visite sur le site de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. Le président de l'UMP n'a pas épargné François Hollande, qu'il accuse de ne pas tenir ses promesses. Il ne manque pas d'air. Quel toupet, quand il dit : "Il y en a qui vont à Florange pour renier leurs promesses. Moi je vais à Fessenheim pour honorer les miennes".

Alors, il n'a pas tort sur Fessenheim. Nicolas Sarkozy a même raison de douter de la fermeture de la centrale promise par l'actuel chef de l'État à "l'horizon de la fin du quinquennat". Même les écologistes attendent de voir.

Ardoise magique

Mais si on doit parler de promesses, le patron de l'UMP joue à l'ardoise magique. Il a un peu vite oublié qu'en 2009, les salariés de Gandrange avaient érigé une stèle à la mémoire des "promesses non tenues" de Nicolas Sarkozy. En fait, il ne retient que ce qui l'arrange.

Pourquoi ? Parce que son boulet, c'est son bilan. À chaque fois qu'il va dire "Florange", on va lui dire : "Gandrange" ; à chaque fois qu'il va dire "trop d'impôts", on va lui dire : "Et vous ?" ; à chaque fois qu'il va dire "retraite", on va lui dire : "Pourquoi ne l'avez vous pas fait ?".

Sarkozy fait comme si il n'avait pas été Président, tout en revendiquant le fait de l'avoir été

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Mais cela n'est pas propre à Nicolas Sarkozy. C'est le cas de tous ceux qui ont exercé au sommet du pouvoir. Il y a toute une partie de son mandat qui lui revient en boomerang. C'est comme ça. C'est le problème de Nicolas Sarkozy : il fait comme si il n'avait pas été Président, tout en revendiquant le fait de l'avoir été. Il est premier opposant, mais il agit comme si il n'avait jamais eu les plus hautes responsabilités.

Sa stratégie, c'est de parler  à ses supporters. Son message est dirigé uniquement, pour l'instant, vers ses fans. Ses fans auxquels il peut répéter ce qu'il a dit en 2006, en 2009, en 2011, et qui  seront toujours là pour applaudir à ses blagues. Ils sont comme face à leur idole. Ils ont leur billet depuis longtemps. C'est un public conquis, acquis.

Objectif ; être le premier candidat 3.0

Nicolas Sarkozy n'est pas idiot. Il sait que pour le moment il n'y a pas un appétit démesuré pour lui au niveau national. Il sait que s'il s'adresse à tous les Français, ce ne sera pas payant. Il sait pourquoi il a été battu en 2012.

C'est pour cela qu'il parle à une partie particulière de son électorat. C'est pour cela qu'il "travaille" ces gens-là. Il assoit sa base, c'est-à-dire son socle de premier tour de la primaire.

Seulement, il ne peut pas aller à la primaire avec seulement un petit club de supporters. Le but, ça va être d'élargir cette base de militants. C'est là où ses amis préviennent : "Vous allez voir, il va être imprévisible. Tout le fonctionnement du part va être repensé".

L'idée, c'est de faire un parti "connecté" : donner la parole aux militants, tout le temps, par internet. "Qu'ils ne soient pas là seulement pour coller les affiches ou tenir les bureaux de vote", comme l'explique un proche de Nicolas Sarkozy, "mais qu'ils participent, qu'ils donnent leurs avis et leurs opinons sur tout". Interactivité.

Du temps de la campagne de Ségolène Royal, on appelait ça la "démocratie participative". Si les socialistes n'ont pas saisi l'occasion de reprendre cette belle idée, tant pis pour eux. Nicolas Sarkozy, qui espère apparaître comme un homme neuf, fait le pari, lui, que c'est de cette façon que l'on fera de la poliltique au XXIème siècle, et qu'il sera le premier candidat 3.0.

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