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La République En Marche : un vent de contestation souffle-t-il sur le parti de Macron ?

ÉCLAIRAGE - Un collectif d'adhérents de La République En Marche a lancé une action en justice pour "arrêter le train fou". Une action qui vient s'ajouter au mécontentement de certains envers l'organisation du parti fondé par Emmanuel Macron.

Richard Ferrand sur les bancs de l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2017
Richard Ferrand sur les bancs de l'Assemblée nationale, le 3 juillet 2017 Crédit : Martin BUREAU / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il ne s'agit "pas d'une démarche agressive" mais plutôt d'une alerte. Le collectif "La Démocratie en marche", constitué de membres de La République En Marche, a décidé d'engager une procédure en justice. Selon les informations du Parisien, ils contestent les nouveaux statuts du mouvement lancé par Emmanuel Macron et dénoncent un "manque de démocratie interne"

Actuellement, La République En Marche a appelé ses animateurs de "comités locaux" à se prononcer sur les statuts du parti. Cependant, "de nombreux participants, députés, élus locaux et animateurs des comités En Marche ! s'étonnent de n'avoir pu consulter un exemplaire intégral des futurs statuts", lit-on dans le quotidien. "Les statuts proposés cantonnent les adhérents à un rôle de supporteur et les excluent de la gouvernance, aussi bien locale que nationale", dénonce dans un communiqué le collectif "La Démocratie en marche". Rémi Bouton, un des portes-paroles du collectif, indique avoir "essayé de savoir qui écrivait ces statuts, pourquoi il y avait une telle urgence, ce qui faisait qu'il fallait absolument les faire voter comme ça, au cœur de l'été, et on s'est retrouvé face à un mur. On a vu qu'il y avait un vice de forme dans la convocation, on a décidé d'attaquer pour arrêter le train fou".

Des avis qui divergent de ceux du gouvernement

Le 19 juillet dernier, Emmanuel Macron a rendu visite aux députés de la majorité, alors que d'autres remontrances ont commencé à faire leur apparition au sein de La République En Marche. Le président REM de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller Défense du président lors de la campagne présidentielle a expliqué son "regret" dans le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017.

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Autre sujet de dissension avec le gouvernement : la réserve parlementaire. C'est l'ensemble des subventions accordées par l'État aux parlementaires pour le financement de projets locaux aux associations ou aux collectivités territoriales. Selon Marianne, les députés La République En Marche affirment leur position et "ont fait connaître leurs différences, dans le huis clos du groupe, par rapport à la position de la ministre". "Au sein du groupe, les débats ont été vifs en réunion de groupe, notamment sur la question de la réserve parlementaire (...) Si un certain nombre de parlementaires, et notamment de nombreux élus issus de la société civile, plaidaient pour sa suppression pure et simple, conformément aux promesses d'Emmanuel Macron et au projet de loi du gouvernement, d'autres ont poussé pour le maintien d'une solution intermédiaire".

Une obligation de "bonne conduite"

Dès leurs premiers pas, les nouveaux députés à l'Assemblée nationale ont reçu des instructions précises de la part de leur chef de file, Richard Ferrand. Ce dernier "a bien fait comprendre à tout ce petit monde qu'il fallait en dire le moins possible à la presse, fidèle à la doctrine établie par le président Emmanuel Macron depuis l'Élysée : verrouillage de la com' et maîtrise de la parole", explique Le Point. Ils doivent même s'en tenir à une obligation de "bonne conduite", dévoile Le Canard Enchaîné. Dans ce règlement intérieur, on découvre que les députés La République En Marche pourront être exclus après "deux absences successives"

Selon l'article 10, les parlementaires "s'engagent à respecter la stricte confidentialité des débats", concernant les réunions de groupe. Autre règle : les questions "écrites" ou les "questions d'actualité" ainsi que "les propositions de loi" ne peuvent être déposées sans "en faire part au président du groupe". Pas question non plus de co-signer un amendement issu "d'un autre groupe parlementaire", d'après l'article 16. Le Lab ajoute que cette règle existait aussi au sein du groupe socialiste entre 2012 et 2017. Ceux qui osent seront "convoqués par le président du groupe, déferré devant le bureau de REM et possiblement exclus, comme le précise l'article 19 de ce règlement", rapporte BFMTV

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2017-07-24 17:25:00
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