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La République En Marche, convoitée par Castaner, est-elle un parti fantôme ?

DÉCRYPTAGE - Le parti La République En Marche, fondé par Emmanuel Macron, peine à exister en dehors de l'influence du président de la République.

Christophe Castaner à l'Assemblée nationale, le 26 septembre 2017
Christophe Castaner à l'Assemblée nationale, le 26 septembre 2017
Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Marie-Pierre Haddad

De "En Marche !" à La République En Marche. Ce jeudi 2 novembre marque la date butoir pour déposer une candidature pour la direction du parti fondé par Emmanuel Macron. Ayant rempli sa mission de fournir une base électorale et militante à Emmanuel Macron lors de la présidentielle, le parti doit maintenant se structurer.

Le résultat de l'élection du délégué général du parti sera annoncé lors du Congrès REM, le 18 novembre. La liste des candidats sera communiquée le 6 novembre prochain. Un seul candidat a dévoilé son intention de briguer le poste de chef du parti de la majorité : Christophe Castaner

Le porte-parole du gouvernement, proche d'Emmanuel Macron, a confirmé à l'antenne de RTL avoir "échangé" avec le président de la République mais aussi avec "Édouard Philippe et avec celles et ceux qui ont accompagné Emmanuel Macron depuis le début". Il explique : "S'il m'a choisi et s'il a soutenu ma candidature (...), c'est parce que, aujourd'hui, j'ai aussi le soutien, je pense, de la base des militants de REM. C'est un challenge absolument extraordinaire".

Le fait du prince Emmanuel Macron

Depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron, La République En Marche peine à trouver sa voix face au "super-président". "Alors qu’ils ont jusqu’au 3 novembre pour se faire connaître, nul n’a encore fait publiquement acte de candidature. Ni même entamé de démarches auprès des parlementaires pour engranger les 10% de parrainages statutairement nécessaires", écrit Libération. D'ailleurs, un député La République En Marche confie dans les colonnes du quotidien que "personne n'est suffisamment malhabile pour se lancer dans une campagne sans avoir au préalable l'imprimatur du Président. Pour les marcheurs, le parti, c'est Macron. Cette histoire de parrainages, c'est du pur formalisme". 

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"Depuis un mois, c’est bien l’Élysée qui est à la manœuvre. Les conseillers du Président multiplient les coups de sonde pour trouver le mouton à cinq pattes susceptible de faire le job. En résumé, un 'Macron boy' dévoué, prêt à relayer sans états d’âme l’action du gouvernement, bretteur politique mais aussi manager inventif, promoteur d’idées neuves à condition qu’elles ne contrarient pas l’Élysée…", ajoute le journal. 

Le parti n'a qu'un seul leader, et ce leader est à l'Élysée

Bariza Khiari, membre de l'actuelle direction collégiale de REM, au "Télégramme"

Selon Jean Garrigues, auteur du livre Les grands discours parlementaires De Mirabeau à nos jours, interrogé par 20 Minutes : "Il y a un décalage entre l’ADN de REM qui est une démocratie participative et la réalité du parti. Trois facteurs peuvent l’expliquer : aucune figure ne s’est imposée pour prendre la tête du parti ; dans la tradition politique française, c’est le président qui choisit le chef du parti majoritaire ; REM est le parti d’un homme providentiel, d’une campagne". 

Bariza Khiari, membre de l'actuelle direction collégiale de La République en Marche, indique au Télégramme que "le parti n'a qu'un seul leader, et ce leader est à l'Élysée". Le journal ajoute : "Ce qui est frappant, avec Macron, c'est que là où ses prédécesseurs faisaient mine de ne pas se mêler de tambouille partisane, lui ne se cache pas de tout piloter". 

Des contestations depuis l'élection de Macron

Les premiers effets de l'influence d'Emmanuel Macron sur La République En Marche se sont faits sentir l'été dernier avec le vote des statuts du parti. Une action en justice avait été lancée par un collectif d'adhérents du parti. Même s'ils assuraient que leur démarche n'avait rien d'agressif, certains membres estimaient que "les statuts proposés cantonnent les adhérents à un rôle de supporteur et les excluent de la gouvernance, aussi bien locale que nationale", expliquait à l'époque le collectif "La Démocratie en marche".

Au gouvernement, Christophe Castaner avait choisi de minimiser ce prémisse de fronde. Dans un entretien au Parisien en juillet dernier, le porte-parole du gouvernement assurait que "sur 370.000 personnes, trente ont fait un recours. Ce sont trente adhérents qui ne sont pas représentatifs du mouvement, qui, pour certains d'entre eux, n'ont pas eu l'investiture pour être candidat aux législatives (...) Est-ce que cela doit être pris comme le révélateur d'un problème à REM ? Non". 

Selon Erik Neveu, politologue interrogé par Atlantico, "la force et la faiblesse d'En marche sont celles de toute force politique nouvelle : agglomérer sur une 'marque' des engagements, des personnes, des votes aux motivations diverses". Jean Garrigues estime que "cette verticalité est inhérente à un mouvement qui est centré sur une personnalité. À cela s'ajoute une volonté d'efficacité que l'on retrouve dans la politique menée par Emmanuel Macron. Le manque de cadres et le fait qu'il n'y a pas de structure préexistante sur le territoire peuvent inciter une certaine méfiance au sommet". 

Selon les informations du Figaro, "plusieurs adhérents, tirés au sort pour faire partie du conseil national du parti présidentiel, sollicitent des parlementaires dans le but de recueillir leurs parrainages et de pouvoir se présenter à l'élection du délégué général du mouvement".

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