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Loi Travail : le nouveau recours au 49.3 est-il la preuve d'un manque de légitimité du gouvernement ?

REPLAY - Manuel Valls a de nouveau dû recourir à l'article de la Constitution lui permettant de supplanter l'Assemblée nationale.

Philippe Robuchon
Philippe Robuchon
Crédit : Romain Boé
La nouvelle utilisation du 49-3 est-elle la preuve d'un manque de légitimité du gouvernement ?
35:34
Philippe Robuchon

On refait le monde avec : 
-Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro-Hélène Pilichowski, journaliste-Élisabeth Lévy, rédactrice en chef de Causeur-Roland Cayrol, politologue et directeur du Centre d'études et d'analyses

Bis repetita. Ce mardi 5 juillet, le Premier ministre a de nouveau engagé la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter la loi Travail à l'Assemblée nationale. Dans le même temps, les manifestants s'opposaient au texte en se rendant dans la rue pour une douzième journée de mobilisation.

Yves Thréard rappelle tout de même que l'article 49-3 est "dans la Constitution" est qu'il ne s'agit donc pas "d'un coup de force", mais il estime tout de même "terrible d'utiliser cette arme pour un texte qui n'en vaut vraiment pas le coup". Selon lui, "autant le texte d'origine était ambitieux, mais quand il est arrivé au Parlement, il avait été considérablement amendé et avait perdu de sa saveur". À l'inverse, Élisabeth Lévy estime que "Manuel Valls a tout a fait raison d'utiliser le 49-3" puisque "la France en a ras-le-bol". Elle est d'ailleurs rejointe par Hélène Pilichowski, qui pense aussi que le Premier ministre "a eu raison de dégainer son 49-3".

Une décision courageuse mais dangereuse

La première pense tout de même que "le texte est vidé de sa substance", mais aussi que Manuel Valls se devait "de faire acte d'autorité" pour mettre fin à ce "débat interminable" et aux "manifs non moins interminables". Yves Thréard, lui, voit tout simplement dans cet acte un symbole que "le pouvoir est bloqué" et qu'il "n'a pas de majorité". "Ni dans la rue, ni en France, ni à l'Assemblée nationale" estime-t-il.

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Pour Hélène Pilichowski, qui soutient qu'utiliser le 49-3 "est courageux" de la part de Manuel Valls, le danger serait que l'outil constitutionnel "se retourne contre" le Premier ministre. Il pourrait ainsi être "taxé d’autoritarisme" pense la journaliste. Beaucoup plus catégorique, Yves Thréard affirme que le passage en force est un "échec total" puisqu'il est en "contradiction avec tout ce que [le gouvernement] avait toujours dis à sa gauche".

Plus largement, le directeur adjoint de la rédaction du Figaro estime que cet épisode politique "pose à la droite le problème de la méthode" puisque celle-ci affirme vouloir "réformer le pays". Dès lors, en cas d'accession au pouvoir, le journaliste pense que l'opposition actuelle serait "susceptible d'avoir plusieurs millions de personnes dans la rue". Élisabeth Lévy, elle, va même plus loin et identifie un problème : "que le système politique ne fabrique plus de légitimité" et qu'il y a donc "un manque de confiance dans les élites".

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