3 min de lecture Sécurité routière

La limitation à 80 km/h : "Philippe veut le bien des conducteurs", note Alba Ventura

ÉDITO - C'est mardi 9 janvier que le Premier ministre Édouard Philippe doit annoncer la baisse de la limitation de vitesses de 90 à 80 kilomètres/heure sur les routes secondaires. Ce n'est pas une mesure simple à imposer.

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La limitation à 80 km/h : "Philippe veut le bien des conducteurs", note Alba Ventura Crédit Image : Bertrand GUAY / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Le gouvernement accélère sur les limitations de vitesse sur les routes. Et tant pis si ce n'est pas une mesure populaire. Car les Français sont convaincus que ce genre de mesures est fait pour remplir les caisses de l'État.

Prenez les radars, par exemple. Le premier réflexe des automobilistes, c'est de se dire qu'ils ont été installés pour rapporter de l'argent et non pas pour prévenir d'un danger. L'expérimentation qui a été menée sur deux ans est trop courte, même si Matignon explique que le rapport montre que c'est positif. Mais pour vraiment faire la preuve que l'on a économisé "X" vies,  il faudrait cinq ans d'expérimentation.

Politiquement, c’est une mesure qui n’est pas bien perçue dans les zones rurales et périphériques. C'est pour cela que les sénateurs sont montés au créneau. Et que Gérard Larcher, le président du Sénat, a relayé leurs inquiétudes, dimanche 7 janvier au Grand Jury sur RTL.

Pas seulement la vitesse

Gérard Larcher n'est pas hostile à la baisse de la vitesse. Mais il a bien conscience que sur des territoires où les gens utilisent beaucoup leurs voitures, si on ajoute la baisse de la vitesse à la hausse du diesel et sans doute de nouvelles mesures sur le portable au volant (Édouard Philippe a l'intention de faire des annonces aussi sur ce point mardi 8 janvier) avec le risque de perdre son permis, cela fait beaucoup de mesures qui viennent renforcer le ras-le-bol des Français.

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Édouard Philippe a dit qu'il prenait le risque d'être "impopulaire". Et il a raison. Le Premier ministre part du principe qu'il faut faire le bien des conducteurs contre leur volonté. Vous savez, il y a eu 105 morts sur les routes pendant les fêtes de Noël (il y a neuf morts par jour environ). Alors bien sûr il n'y a pas que la vitesse : il y a aussi l'alcool, les stupéfiants et le portable.

Dès qu'on desserre la bride, il y a du relâchement

Alba Ventura
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Mais on sait qu'on peut agir efficacement sur la vitesse au volant, plus que sur les autres fléaux. Ce que l'on sait aussi, c'est qu'à chaque fois qu'il y a eu une volonté politique, il y a eu des résultats. Cela a été le grand œuvre de Jacques Chirac, qui a fait drastiquement diminuer le nombre de morts sur les routes.

Il faut maintenir la pression. Regardez : ces trois dernières années, rien n'a été fait en dehors de cette expérimentation, et les mauvais chiffres sont repartis à la hausse. Dès qu'on desserre la bride, il y a du relâchement.

Souvenez- vous, à propos du permis à points : lorsqu'il avait été question de récupérer un point au bout de six mois (au lieu d'un an), le nombre de tués s'était envolé (plus 20% dans les six mois qui ont suivi). Donc on sait que les mesures répressives ont un impact.

Pédagogie obligatoire

Tout cela va-t-il suffire ? On ne sait pas exactement si, lorsque vous rentrez dans un arbre à 80 au lieu de 90, vous avez plus de chance de vous en sortir. Mais on sait que plus on baisse sa vitesse, moins on perd le contrôle de son véhicule. Ce que l'on sait aussi, c'est que lorsque l'on baisse la vitesse de 10 kilomètres/heure, on baisse la mortalité sur la route de 10%.

Alors remplacer les panneaux ne suffira peut-être pas. Il faudra aussi faire de la pédagogie, expliquer et éduquer nos enfants. Et tiens, pourquoi pas installer des panneaux sur les routes indiquant qu'à cet endroit le nombre de morts est passé de tant à tant ?

Mettons en évidence le bilan de la baisse de la vitesse. Parce que la vraie question, c'est est-ce que l'on veut mettre tout en œuvre pour réduire la mortalité sur les routes ou s'habituer à l'idée de vivre avec plus de 3.000 mort par an ?

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