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La fin de l'hyperprésidence

VIDEO - Dernier Conseil des ministres ce matin pour Nicolas Sarkozy. François Fillon va dresser le bilan des cinq années du gouvernement. Cinq ans pendant lesquels il n'aura jamais été en première ligne. La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Ce dernier Conseil des ministres qui sera bien évidemment le plus émouvant, ce sera aussi en réalité, la dernière représentation de ce qu'on a appelé, l'hyper-présidence, c'est à dire la présidentialisation intégrale, la présidentialisation jusqu'au bout. Evidemment, elle a eu des conséquences, la première des conséquences, c'est que comme c'est le président de la République qui s'informait, décidait, assumait, expliquait, et bien le premier ministre a eu le rôle le plus effacé de tous les chefs de gouvernement depuis 1958.

Que quelques ministres aient eu une forte personnalité, ont pu avoir une certaine autonomie, ça a été le cas de Jean-Louis Borloo au départ, c'est celui d'Alain Juppé à l'arrivée ; que le secrétariat général, notamment quand Claude Guéant, ici présent, était à sa tête a joué un rôle considérable pendant toute cette période ; et on peut dire que pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy toutes les institutions auront battu comme jamais au rythme de l'Elysée, mais que c'était la chamade.

Nicolas Sarkozy a aussi introduit des changements constitutionnels.

Comme toujours. Avec lui, on n'attache tellement d'importance au style et moins finalement contenu, ce qui d'ailleurs est injuste, qu'on oublie des choses, qu'effectivement il a fait, et qui équilibrait l'hyper-présidence. Bon, c'est un fait, que la réforme qu'il a introduite en ce qui concerne l'extension du rôle du Conseil Constitutionnel est une réforme considérable. C'est un fait que le rôle de la Cour des Comptes a été élargi, y compris vis à vis de l'Elysée. C'est un fait que la présidence de la Commission des Finances a un socialiste.

Tout cela a joué. Mais c'est effacé par ce qui était l'apparence du pouvoir, par des décisions tellement rapides, souvent courageuses, quelque fois contradictoires, et souvent controversées.

Avec François Hollande, on va retrouver un fonctionnement plus traditionnel de l'exécutif à deux têtes ?

Oui, bien sûr. D'ailleurs il le revendique. Mais il ne faut pas se tromper sur les mots : quand on dit "fonctionnement plus traditionnel", on reste dans un système foncièrement présidentiel. Ce n'est pas une présidence arbitrale, ce n'est pas une présidence protocolaire. C'est une présidence décisionnelle évidemment, c'est une présidence engagée. Bon, il va y avoir le rééquilibre des pouvoirs, le contraire de ce que je vous décrivais pendant la période précédente.

Et puis il va y avoir aussi un certain nombre de réformes institutionnelles. Il va y avoir le statut pénal du chef de l'Etat, le nouveau, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, mais ça c'est un autre problème. Il y aura la fin du cumul des mandats, il y aura certainement une nouvelle étape de la décentralisation.

En tous cas, avec la fin de l'hyper-présidence, comme vous dîtes,  l'Assemblée issue des législatives du mois prochain, est-ce qu'elle va également fonctionner différemment qu'elle ne l'a fait pendant cinq ans ?

Alors, il y aura deux originalités. La première c'est que c'est que la gauche aura la majorité - si elle gagne les élections législatives - à l'Assemblée nationale et au Sénat. Donc ce qui modifie le fonctionnement, ce qui ne veut pas dire forcément plus d'autonomie pour le Parlement.

La deuxième chose, c'est que ça dépendra du résultat des élections. Et que là, la question essentielle, il y en a deux : 1) Est-ce que la gauche gagne ou pas ? ; mais 2), et c'est tout aussi important : est-ce que c'est le groupe socialiste qui a lui seul, a la majorité, et à ce moment-là ça fonctionne bien, où bien, il a besoin des renforts permanents des Verts d'un côté, ou du parti de gauche, du Front de gauche de l'autre. Et à ce moment-là, ça devient nettement plus périlleux.
2012 et vous OK

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