2 min de lecture Nicolas Hulot

La démission, "seule arme de Nicolas Hulot", estime Olivier Bost

ÉDITO - Nicolas Hulot fait souvent planer le doute quant à une possible démission. Normal, il s’agit de sa seule arme politique pour influencer la politique du gouvernement.

L'Edito d'Olivier Mazerolle
La démission, "la seule arme de Nicolas Hulot", estime Olivier Bost
Crédit Média : Olivier Bost Crédit Image : GUILLAUME SOUVANT / AFP

"Objectivement, de quelle arme politique dispose Nicolas Hulot pour obtenir gain de cause si ce n’est un chantage régulier plus ou moins explicite à la démission ? Nicolas Hulot, c’est une personnalité, appréciée des Français, mais il n’a pas de poids politique au sens traditionnel. Il n’a qu’une ambition, celle de faire changer les choses vers l’écologie. 

Ce "fantasme de la démission", comme il dit, ne vient pas de nulle part. En réalité, face au Président et face au Premier ministre, quand il veut se faire entendre, quand il veut peser, Nicolas Hulot a besoin, est contraint, de faire des coupsSon absence à la clôture des États généraux de l'alimentation hier était bien un message. Le résultat ne lui va pas du tout. Une telle mise en scène de son désaccord, à l’époque on aurait parlé d’incident, de couac, mais avec Emmanuel Macron, on appelle ça du dialogue constructif.

C’est une arme extrêmement puissante en fait. Une arme de dissuasion à un coup. S’il démissionnait, ce serait un vrai coup dur pour Emmanuel Macron : l’image du président qui ménage le productivisme et l’écologie serait touchée. Le président doit donc prendre garde. Dans le passé, quand des assemblages ou des majorités ont commencé à se déliter, elles ne se sont jamais remises. C’est ce qui est arrivé à la gauche plurielle de Lionel Jospin, c’est aussi ce qui est arrivé à François Hollande, avec des démissions tout au long de son quinquennat. 

Si Nicolas Hulot démissionne, il n’y a personne dans le paysage politique ou dans la société civile pour le remplacer. Aucun écolo n’est aussi connu, aussi fréquentable et autant apprécié des Français. Cela renforce son arme de chantage à la démission. Mais si on regarde, Nicolas Hulot n’a pas gagné tant d’arbitrage en fait. Sur le CETA avec le Canada, le glyphosate, reconduit trois ans, sur l’alimentation, le budget de l’État, le nucléaire, Nicolas Hulot a du mal à convertir Emmanuel Macron à un changement véritable vers plus d’écologie. Il s’était donné un an pour voir s’il était utile."

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