1 min de lecture Info

Karachi : "J'ai porté les fameuses valises d'argent liquide"

Comment fonctionnait le système de rentrées et sorties d'argent liquide au quartier général de campagne de Balladur en vue de la Présidentielle 1995 ? Jean-Alphonse Richard a recueilli en exclusivité pour RTL le témoignage d'Alexandre Galdin. Employé à l'époque à la cellule "Trésorerie" du candidat Balladur, il a été entendu comme témoin par le juge Renaud Van Ruymbeke et les enquêteurs dans le dossier Karachi. Il a vu les fameuses valises d'argent liquide, et n'est pas surpris par la mise en examen des proches d'Edouard Balladur, dont Nicolas Bazire.

C'est un document RTL
C'est un document RTL Crédit : RTL.fr
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et Jean-Alphonse Richard

"J'ai fait en effet une vingtaine de déplacements"

Pour ce témoin entendu par le juge Renaud van Ruymbeke dans le volet financier du dossier Karachi, la mise en examen de deux proches du président de la République, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, "était inéluctable vu l'évolution de l'enquête".

"J'arrivais après le déjeuner au QG de campagne dans la cellule trésorerie, et une mallette était toute prête avec de l'argent liquide dedans. Et donc on me demandait de la porter, au sens strict du terme, de la porter à la banque et de la déposer", explique Alexandre Galdin, ex-conseiller de Paris (UMP) élu du XVe arrondissement.

"J'ai fait en effet une vingtaine de déplacements pour des sommes allant jusqu'à 500.000 francs", assure-t-il.

Quelques jours après le premier tour, "le trésorier m'a demandé de l'accompagner pour déposer une énorme valise pleines de billets, de grosses coupures, depuis semble-t-il les enquêteurs ont pu établir que c'étaient des millions de francs qu'il y aurait eu dans cette valise", raconte monsieur Galdin.

Pour lui, "il s'agissait des fonds secrets de Matignon". "J'imaginais que c'était cet argent liquide qui était légal, même si c'était politiquement inavouable et moralement condamnable parce que c'est quand même une utilisation partisane d'argent public", a-t-il ajouté.

Attaques de l'opposition, l'Elysée riposte

L'Elysée a vivement réagi jeudi après la mise en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy dans le volet financier du dossier Karachi, en dénonçant "calomnie et manipulation politicienne". Le Palais a démenti tout lien entre le Président de la République et le financement de la campagne d'Edouard Balladur, assurant que le chef de l'Etat n'avait "jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne", dont il était le porte-parole, et que son nom "n'apparaît dans aucun des éléments du dossier".

Nicolas Bazire, 54 ans, ancien directeur de campagne d'Edouard Balladur et proche du chef de l'Etat, a été mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux et laissé en liberté sans contrôle judiciaire par le juge Renaud van Ruymbeke.

La veille, le magistrat, qui enquête sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, avait mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux un autre proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert.

Le magistrat enquête sur un éventuel financement occulte de cette campagne par le biais de rétrocommissions versées dans le cadre de contrats d'armement, mises en lumière dans l'enquête sur l'attentat de Karachi du 8 mai 2002.

Les partis socialiste et communiste ainsi que le Front national ont eu des mots très durs contre ce qu'ils considèrent comme un démenti de la "République irréprochable" promise par le chef de l'Etat lors sa campagne électorale en 2007. Les députés PS ont demandé au gouvernement "de lever le secret-défense sur tous les documents" qui permettraient à la justice d'avancer.

Lire la suite
Info Politique Justice
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants