4 min de lecture UMP

Juppé, Fillon, Sarkozy : les lignes ont bougé à l'UMP

DÉCRYPTAGE - Candidats assumés ou tapis dans l'ombre, les cadres du parti se sont positionnés. Dans la ligne de mire, l'élection du président du parti en novembre prochain et la primaire pour la présidentielle de 2017.

Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy le 6 avril 2011 au Panthéon, à Paris
Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy le 6 avril 2011 au Panthéon, à Paris Crédit : AFP, Christophe Ena
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
Journaliste RTL

Encore embourbés dans l'affaire Bygmalion, l'UMP et ses cadres lorgnent déjà sérieusement vers l'élection de la prochaine direction du parti en novembre prochain, juge de paix des velléités présidentielles pour 2017. Pendant les sept jours écoulés, les lignes ont bougé et des candidats se sont déclarés.

Lundi : Sarkozy en recours, le prêt du groupe UMP sème le trouble

Dimanche, Nicolas Sarkozy s'est une nouvelle fois posé en homme providentiel. Dans des propos rapportés par le Journal du Dimanche (JDD), l'ancien président explique que "s'il revient", ce serait à cause de l'état catastrophique de la France. Un peu plus tôt, Xavier Bertrand déclarait : "La politique de Sarkozy n'a pas été à la hauteur". Ambiance.

Mais en ce début de semaine, les cadres de l'UMP sont davantage préoccupés par le révélation du week-end : le prêt de 3 millions d'euros effectués par le groupe parlementaire au parti. Une démarche "pas illégale" se défend Luc Châtel. Christian Estrosi se dit "choqué", tandis que Pierre Lellouche qualifie la situation de gravissime.

>
Jean-Michel Aphatie : "Le prêt de 3 millions d'euros à l'UMP ajoute au sentiment de gaspillage" Crédit Image : RTL.fr | Crédit Média : RTL.fr | Date :

Mardi : anti-sarkozysme et grenade dégoupillée

Le spectre de l'affaire Bygmalion continue de planer sur l'UMP. De nombreuses personnalités pointent du doigt la campagne de Nicolas Sarkozy ainsi que les proches de l'ancien président, jugés responsables de la situation actuelle du parti. 

À lire aussi
Jean-Claude Gaudin le 7 avril 2015 au Sénat. Jean-Claude Gaudin
Jean-Claude Gaudin placé sous le statut de témoin assisté

Ce qui fait craindre à Jean-Pierre Raffarin la montée d'un "anti-sarkozysme" au sein de son propre camp. L'ancien Premier ministre tire la sonnette d'alarme" face aux "règlements de comptes qui quelquefois s'installent à l'UMP", jugeant que "tout ceci peut conduire à l'éclatement".

Le même jour, Jérôme Lavrilleux, l'ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, fait l'objet d'une procédure d'exclusion. Jean-François Copé le soutient publiquement et prévient les membres du bureau politique : "Jérôme Lavrilleux est une grenade dégoupillée qu'il convient de manier avec précaution", croit savoir Le Canard Enchaîné.

La rédaction vous recommande

Mercredi : Juppé est obligé d'y aller, Fillon se pose en réformiste libéral

Au lendemain de l'annonce de la date du prochain congrès de l'UMP, qui se déroulera le 29 novembre, un candidat sort du bois. Et non des moindres, puisqu'il s'agit de la personnalité la plus populaire à droite : Alain Juppé. "Oui, j'y réflechis", lâche le maire de Bordeaux à propos de ses ambitions présidentielles en 2017.

Parallèlement, un autre ancien premier ministre se répand dans L'ExpressFrançois Fillon propose un "projet radical" aux Français, en "rupture forte" avec l'ère Sarkozy. Avec son programme économique libéral, il se pose en alternative réformiste.

>
VIDÉO - Primaires UMP : "Juppé était obligé d'y aller" Crédit Image : RTL.fr | Crédit Média : RTL.fr | Date :

Jeudi : Sarkozy n'est jamais loin

Bien qu'il soit retiré de la vie politique depuis sa défaite en mai 2012, Nicolas Sarkozy n'est jamais bien loin. L'ancien chef de l'État l'a encore montré ce jeudi, appliquant une nouvelle fois sa technique dite de "la carte postale". 

Invité à recevoir le prix de l'Appel du 18 juin dans la questure de l'Assemblée nationale, il en profite pour tacler François Hollande (une fois de plus), et préciser l'agenda de son éventuel retour. "Vous pouvez partir en vacances tranquilles", lance-t-il aux journalistes, expliquant qu'il ne déciderait pas de son avenir avant la fin du mois d'août.

La rédaction vous recommande

Vendredi : le Parquet de Paris s'empare de l'affaire Bygmalion

Alors que les combats d’ego font rage au sein du parti, un candidat souhaite se placer au dessus de la mêlée. Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP mais pas en 2017, propose une "charte de bienveillance", pour en finir avec "les petites phrases". 

En fin d'après-midi, le Parquet de Paris, chargé de l'enquête préliminaire concernant l'affaire Bygmalion, ouvre une information judiciaire. Trois juges vont devoir déterminer les implications et établir les responsabilités à l'UMP.

Samedi : les fidèles prennent leurs distances

Alors qu'un sondage met en valeur la volonté de changement des sympathisants UMP, un fidèle lieutenant du sarkosysme prend ses distances. Dans les colonnes de Nice MatinChristian Estrosi ne mâche pas ses mots. "On n'a pas pris les mesures révolutionnaires pour que la France du numérique gagne sur la France des privilèges, que la France du travail gagne sur celle de l'assistanat, que la France des PME gagne sur la France du CAC 40."

Ce dernier fait également part de ses doutes concernant un éventuel retrait de sa candidature en cas de retour de son ancien mentor. "S'il (Sarkozy) se retrouve à 100% sur ces positions, je me retirerai. Mais je n'ai pas le sentiment, lorsque j'entends quelques-uns de ses commentaires, qu'il soit déterminé à laisser de côté le mode de gouvernance qui était le sien", affirme le maire de Nice.


Un autre proche de Nicolas Sarkozy le lâche ce jour-làBenoit Apparu. "À titre personnel je suis depuis 20 ans engagé derrière Alain Juppé. S’il décide de s’engager dans la primaire je le suivrai", décmare sur RTL celui qui fut propulsé en charge du Logement par l'ancien président de 2009 à 2012. Réaction immédiate des fidèles de l'ancien Président : Nadine Morano et Rachida Dati font corps derrière Nicolas Sarkozy.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
UMP Présidence UMP Nicolas Sarkozy
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants