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Jean-Marie Le Pen critique la gestion du FN par sa fille

Jean-Marie Le Pen soutient que le FN, dirigée par sa fille Marine, est "loin" d'être "aux portes" du pouvoir.

Jean-Marie Le Pen le 25 janvier 2015 à Paris
Jean-Marie Le Pen le 25 janvier 2015 à Paris
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

La guerre entre Marine Le Pen et son père est loin d'être finie. Alors que l'actuelle présidente du Front national assurait la veille que "le conflit rude (était) derrière nous", Jean-Marie Le Pen a publié ce vendredi 8 mai sur son site officiel la déclaration, sous forme de réquisitoire, qu'il a prononcée devant les instances du FN lundi et dans laquelle il soutient que le parti dirigé par sa fille est "loin" d'être "aux portes" du pouvoir.

"On craint (au FN) d'avoir mauvaise réputation républicaine. Sommes-nous devenus le premier parti antifasciste et antiraciste de France? Laissons ces tristes hochets à nos ennemis et soyons fiers d'être le parti des patriotes français et des parias du drapeau tricolore", estime le fondateur du Front national dans cette déclaration qu'il a lue devant la quarantaine de membres du bureau politique du parti, réunis lundi au siège du FN à Nanterre.

"Ce sont les événements qui nous rallient l'opinion de nos concitoyens. L'aggravation inéluctable de la situation (...) peut nous conduire au pouvoir et à ses terribles responsabilités, mais nous n'en sommes pas aux portes, loin de là", poursuit-il. "Le fait, réel, d'arriver en première position lors des européennes et des départementales", en mai 2014 et en mars 2015, "ne doit pas nous aveugler. Le chiffre des voix obtenues doit être la vraie référence. Notre organisation, en progrès, reste très imparfaite, ainsi que la formation de nos cadres", assure-t-il. "Ne nous faisons pas d'illusions sur la force réelle du mouvement", insiste-t-il.

Une convocation humiliante

Jean-Marie Le Pen s'indigne aussi longuement d'avoir été convoqué par "la présidente du mouvement", sa fille, devant le bureau exécutif du parti réuni en instance disciplinaire. Marine Le Pen lui a reproché un entretien à BFMTV-RMC où il répète sa vision des chambres à gaz,"détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, et un autre à l'hebdomadaire d'extrême droite où il défend notamment le maréchal Pétain.

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Jean-Marie Le Pen, lundi, a refusé de se rendre devant le bureau exécutif, préférant s'exprimer devant le bureau politique, organe plus large, qui a fini par adopter à une majorité écrasante une motion désapprouvant ses propos. "Je ne connais pas les griefs qui ne peuvent être que gravissimes pour justifier cette incroyable procédure", dit-il.

Jean-Marie Le Pen, qui s'exprimait avant d'avoir été suspendu et qu'un congrès extraordinaire ne soit convoqué pour supprimer des statuts frontistes le titre de président d'honneur, prétend "n'avoir commis aucune faute" et gardé "la discipline d'un militant" avec un "silence complet", dans l'attente de cette réunion frontiste. "J'ai retiré ma candidature et proposé celle de Marion" Maréchal-Le Pen pour les élections régionales de décembre en Provence-Alpes-Côte d'Azur, rappelle-t-il.

Quelle ligne du FN ?

Jean-Marie Le Pen s'en prend longuement à celui qui a été le plus virulent contre lui dans cette crise interne, Florian Philippot. "Avant même que je puisse répondre, le vice-président Philippot a déclaré que la 'rupture était totale et définitive' (...). Un certain nombre de salariés du Carré, comme monsieur Bollée, (son) chef de cabinet, se sont permis des attaques injurieuses contre moi sans être le moins du monde mis en cause", conteste M. Le Pen.

"Il est clair qu'il a été procédé à des recrutements massifs de collaborateurs dont l'une des caractéristiques communes, c'est de vouloir faire table rase du passé (remplacer les vieux cons par les jeunes trous du cul)", cingle-t-il, à 86 ans. Jean-Marine Le Pen conteste "ne pas avoir respecté 'la ligne du FN'": "Mais laquelle? Celle de la présidente? Celle de tous ceux qui pondent dix à quinze communiqués par semaine? La doctrine du FN n'est pas établie par le président du FN (...) mais par le congrès. La dernière édition écrite date du congrès de Paris en 2000 (...). Les congrès de 2004, 2007, 2011 et 2014 n'en ont pas sensiblement modifié les chapitres", juge-t-il.

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