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"Jean-Luc Mélenchon n'est ni Jaurès, ni Tsipras", lance Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Jean-Luc Mélenchon se sent pousser des ailes, persuadé que le moment est venu de transposer Syriza en France. Mais le non des Grecs ne se suffit pas à lui-même, prévient la journaliste.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
"Jean-Luc Mélenchon n'est ni Jaurès, ni Tsipras", lance Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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Il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon se disait "disponible" pour la présidentielle de 2017. Aujourd'hui, il parle de "devoir". Le leader du Front de gauche se sent pousser des ailes depuis la victoire du "non" au référendum du 5 juillet en Grèce sur les propositions formulées fin juin par les créanciers.

C'est sûr que le camarade "Jean-Luc" est remonté sur son cheval. On dit qu'une élection présidentielle, c'est un marathon. Jean-Luc Mélenchon est parti en sprint. Ce "non" grec, il le vit comme un nouveau départ, comme une nouvelle page qui s'ouvre.

La crise grecque lui a redonné de l'oxygène

Les deux années qui viennent de s'écouler auront été pour lui une très mauvaise passe, entre les fortes dissensions entre ses troupes et les communistes, la rupture avec Cécile Duflot avec laquelle il a rêvé un temps de former une grande coalition de gauche, les élections européennes où il a été laminé par Marine Le Pen, jusqu'à son congrès le week-dernier où, outre une faible participation, plusieurs membres de la direction ont fait leur valise. Sans compter qu'il vient de perdre l'un de ses proches, son ancien bras droit.

Ces derniers mois, lorsque vous croisiez Jean-Luc Mélenchon, son visage tout chiffonné, il ne savait dire qu'une seule chose : "Ça va mal, ça va très mal", pour parler de la situation en général et de lui en particulier.

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La crise grecque lui a redonné de l'oxygène. "Notre gouvernement en Grèce a fait la preuve de sa solidité. Je vous signale (...) que nous sommes passés de 37%, qui est notre victoire aux élections législatives, à 52% ce soir, qui est notre victoire au référendum", disait-il dimanche dernier sur RTL au cours de son Grand Jury.

Ces derniers mois, Jean-Luc Mélenchon ne savait dire qu'une chose : "Ça va mal, ça va très mal"

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"Notre" gouvernement, ce n'est pas le gouvernement grec. Non, "notre" gouvernement c'est celui de Manuel Valls. C'est tout Jean- Luc Mélenchon : il s'emballe. Comme lorsqu'il explique que si Alexis Tsipras a réussi avec Syriza, c'est parce qu'il a eu en exemple Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche. Un Jean-Luc Mélenchon qui faisait 11% en 2012, tandis qu'Alexis Tsipras était à 4,5% seulement. Eh oui c'est "Méluche" qui lui a mis le pied à l'étrier, c'est "Méluche" qui a donné l'élan aux Grecs !

On exagère à peine, tant Jean-Luc Mélenchon a les yeux qui brillent quand il parle d'Alexis Tsipras, quand il parle de Pablo Iglesias, le leader de Podemos en Espagne, et même de Beppe Grillo en Italie. Ou comme lorsque, dimanche dans la manifestation qu'il a improvisé Place de la République, il raconte que n'ayant pas de micros, ses propos étaient répétés par les uns et les autres dans la foule. "Comme à l'époque de Jaurès", dit-il tout émoustillé. Il est sur son petit nuage.

Pas de politique d'austérité en France

Cela signifie-t-il qu'il a les moyens d'exporter l'exemple grec en France ? Il a en tout cas l'air d'y croire. Le mois dernier dans le journal Le Monde, il disait : "Je sais que la vague viendra vers nous, à terme. Mais, pour qu'elle passe au bon endroit, il faut être courageux et tenir bon".

Sauf que ça ne suffit pas. Sauf qu'il n'a pas le début d'un embryon de projet de coalition avec des mouvements citoyens de gauche alternative. Sauf qu'il n'y a pas de politique d'austérité en France, il n'y a pas de coupes dans les salaires ou dans les retraites. Sauf qu'il n'est plus tout seul à capter l'électorat ouvrier ou précaire, qui se tourne en partie le Front national.

Alors il reste toujours "le" visage du Front de Gauche. Il est toujours autour de 10% dans les sondages. Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas Jaurès, et pas Tsipras non plus !

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