5 min de lecture La France insoumise

Jean-Luc Mélenchon, la voix de l'opposition qui tente d'enclencher la contestation

ILS PARIENT SUR 2018 (4/6) - Jean-Luc Mélenchon incarne l'opposition à Emmanuel Macron mais peine à fédérer et à mobiliser contre son adversaire politique. Tout en continuant le matraquage médiatique contre le Président, la France insoumise prépare déjà les européennes.

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale
Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

KO debout ? L'année 2017 ne se sera pas terminée avec l'élan qu'attendait Jean-Luc Mélenchon. Dès l'élection d'Emmanuel Macron, le leader de la France insoumise a organisé la contestation à l'encontre du président et du gouvernement d'Édouard Philippe. Manifestation après manifestations, rassemblement et "casserolades" sur les Champs-Élysées, celle-ci ne prendra jamais réellement.

Une situation dont l'ancien candidat à l'élection présidentielle est parfaitement conscient. "Pour l'instant, c'est lui (Emmanuel Macron, ndlr) qui a le point. Faut pas chercher à le cacher, parce que si on raconte des histoires, on n'est pas crédible", concédait-il en novembre dernier.

Même si sa voix n'a pas rassemblé autant qu'il le souhaitait, le député de la France insoumise reste l'une des cibles privilégiées de François HollandeInvité à l'antenne de RTL en décembre 2017, l'ancien président de la République déclarait : "C’est une bénédiction pour le président. Avec un opposant comme celui-là, les gouvernements ont de beaux jours devant eux (...) Il ne fait aucune proposition, il n’offre aucune alternative (...) Jean-Luc Mélenchon ne représente pas une gauche de gouvernement. Même Georges Marchais a été pour le rassemblement de la gauche".

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Des critiques au coup par coup contre Macron

Jean-Luc Mélenchon continue son rôle d'opposant principal à Emmanuel Macron, en commentant de façon quasi chirurgicale chaque annonce ou décision prononcée par le président ou annoncée par le gouvernement. Depuis le début du mois de janvier, le député a prôné l'utilisation de la loi de réquisition des logements vides. Le gouvernement "ne prend pas les mesures d'urgence pour mettre à l'abri les personnes et prend des décisions qui vont aggraver la misère (...) Il refuse de voir le problème de pénurie de places d'hébergements", a-t-il dénoncé en réaction à la promesse du président de la République qu'il n'y ait plus de sans-abris en France. 

Sur un tout autre sujet d'actualité, l'ancien candidat à l'élection présidentielle a aussi réagi à la visite à l'Élysée du président turc Recep Teyyip Erdogan. Sur Twitter, il a écrit : "Erdogan n'est pas le bienvenu à Paris. Pensée pour les milliers de Kurdes, nos camarades du HDP et les journalistes emprisonnés".

Frappant toujours au coup par coup Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon a fustigé : "Le risque d'une législation liberticide est évident", après l'annonce par le chef de l'État d'un dispositif législatif à venir contre les "fake news" en période électorale. "La punition de la diffusion des fausses nouvelles est déjà prévue par la loi. Que faudrait-il ajouter à ce sujet ? Et qui décidera de la vérité ? Pourquoi notre proposition de conseil déontologique, déjà en oeuvre dans de nombreux pays, ne répondrait-elle pas a cette préoccupation sans créer le risque d'une 'pensée-vraie-officielle' ?", a-t-il ajouté.

Renforcer la stratégie européenne

Au-delà de la présence médiatique de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise a décidé de miser sur les élections européennes de 2019 pour accroître le mouvement de contestation. Dans la revue Regards, le leader du mouvement indiquait : "Nous travaillons à la matrice d'un nouveau groupe au Parlement européen". Manuel Bompard précise néanmoins que "la liste sera France insoumise. Point. Aucune alliance ne sera conclue, à moins qu'un nouveau courant naisse d'ici-là…".

Joint par RTL.fr, Manuel Bompard, le directeur des campagnes du parti, assure que ces élections sont "importantes" et qu'elles seront incontestablement "un affrontement avec le pouvoir". "Il ne suffit pas de faire des déclarations d'intentions mais d'établir des rapports de force", ajoute-t-il. 


Ainsi, ce sont deux plans, complémentaires, qui sont énoncés : plan A et plan B. Le premier consiste à "engager une discussion avec les pays européens" pour redéfinir les rapports de force. "On assume ce plan, mais pas à n'importe quel prix", précise Manuel Bompard. Quant au plan B, "cela veut dire que l'on discute avec les autres pays, sans pour autant sortir de l'Europe et on construit d'autres formes de rassemblements. Il ne s'agit pas d'une sortie unilatérale et seule". 

Garder un oeil sur le Parti socialiste ?

En septembre 2017, les Français considéraient que Jean-Luc Mélenchon était la personnalité qui incarnait le mieux l'avenir de la gauche dans le pays. Selon un sondage BVA publié par L'Obs, le député récoltait 34% des opinions, devant Arnaud Montebourg (20%), Bernard Cazeneuve (16%). 

2018 et l'avenir de la France insoumise sont aussi liés à l'évolution des autres partis politiques, comme le Parti socialiste. À trois mois de la tenue du congrès du parti, Rachid Temal a dévoilé ses intentions de se présenter pour le poste de premier secrétaire. Selon Le Journal du Dimanche, "Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Luc Mélenchon pousseraient pour la candidature de l'actuel coordinateur du Parti socialiste". Le journal y voit une intention pour le leader de la France insoumise de réaliser son "rêve". 

Celui "d'être le grand réconciliateur du peuple de gauche, en déterrant la racine commune du communisme et du socialisme". Le journal cite "un fin connaisseur" qui constate qu'"après avoir boulotté le Parti communiste, Jean-Luc va tenter de bouffer le Parti socialiste. Il va bouger, il va redevenir social-démocrate".

Victime de "bashing" sur les comptes de campagne

En 2018, Jean-Luc Mélenchon continue de dénoncer le "bashing" - selon ses mots - dont il se dit victime par rapport aux comptes de campagne lors de cette dernière présidentielle. Jean-Guy Chalvron est l'un des rapporteurs de la Commission des comptes de campagne. Ce haut fonctionnaire a démissionné car il avait estimé que 1,5 million d'euros de dépenses du candidat, sur les 10,7 millions, "étaient litigieuses et n'auraient pas dû être remboursées par l'État", indique l'AFP

Dans un entretien au Parisien, il a ainsi désiré envoyer la "lettre des griefs" au responsable politique et se serait heurté à un refus "extrêmement brutal" des permanents dirigeant la Commission, qui lui auraient suggéré de revoir en baisse ses propositions. 

En réponse, l'ancien candidat a déclaré dans un message posté sur Facebok que "l’année reprend pour nous avec une série de petits bashings qui favorisent le trafic des pompes à clics (...) Cette fois-ci, ce sont mes comptes de campagne présidentielle qui permettent de jeter un peu de fiel et de doutes sur moi". Il précise aussi que ses comptes ont bien "été validés" par la Commission des comptes de campagne et qu'il a "dû répondre par écrit à des centaines de questions qui arrivaient par paquets au fil des semaines pendant trois mois".

L'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée a provoqué une déflagration électorale et une recomposition du paysage politique. Le gouvernement et La République En Marche, mais aussi les oppositions avec Les Républicains, la France insoumise, le Front national, mais aussi le Parti socialiste cherchent à se rénover et à profiter de cette redistribution des cartes. Plus que des partis politiques, ce sont des femmes et des hommes qui devront incarner et porter ce changement. 6 épisodes pour faire un focus sur ce qui les attend en 2018, à découvrir sur RTL.fr.

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2018-01-09 07:12:00
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