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Jean-Luc Mélenchon exhorte Benoit Hamon à ne pas passer d'accord avec Emmanuel Macron

Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle a posé ses conditions à l'ouverture de négociation pour une candidature unique à gauche.

Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon le 21 janvier 2010 à Paris.
Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon le 21 janvier 2010 à Paris.
Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Geoffroy Lang & AFP

Jean-Luc Mélenchon joue décidément un drôle de jeu alors que de nombreux sympathisans de gauche espère qu'il ouvrira des négociations avec Benoît Hamon et Yannick Jadot pour une candidature unique à gauche. Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle, a appelé son rival socialiste à ne nouer "aucun accord" électoral avec Emmanuel Macron, en préalable à l'ouverture de négociations pour parvenir à un rassemblement, dans une lettre dont l'AFP a eu copie vendredi 18 février.

Dans ce courrier adressé jeudi au candidat socialiste, Jean-Luc Mélenchon demande des "garanties politiques précises" sur "l'engagement" de Benoît Hamon "à rompre avec le quinquennat et son bilan". "Je te fais de bon cœur crédit de ta bonne foi. Mais nous ne pouvons avoir la naïveté de te croire sur parole, alors même que tu es et restes le candidat d'un parti et d'élus majoritairement hostiles à l'orientation que tu défends", souligne encore le leader de La France insoumise qui, selon son entourage, devait s'entretenir ce vendredi au téléphone avec Benoît Hamon.

Confirmer une volonté de rupture

Au premier rang de ces garanties, Jean-Luc Mélenchon dit ne vouloir "aucun accord, ni à la présidentielle ni aux législatives, avec Emmanuel Macron et son mouvement". "Pour nous, ce que l'on connaît du programme d'Emmanuel Macron est purement et simplement la poursuite ou le durcissement de la politique mise en oeuvre par François Hollande", explique le cofondateur du Front de Gauche. Ce dernier demande également au candidat du PS d'"abolir les mesures emblématiques" du quinquennat finissant, à savoir "la loi El Khomri, le CICE et l'État d'urgence permanent."

"Cela se traduira par la mise à l'écart des prochaines élections notamment des ministres du gouvernement qui a imposé cette +loi-travail+ à coup de 49/3", poursuit-il. Concrètement, Jean-Luc Mélenchon souhaite que l'investiture aux élections législatives soit retirée à Myriam El Khomri à Paris, ou encore à Manuel Valls dans l'Essonne ou Bruno Le Roux en Seine-Saint-Denis. Benoit Hamon lui avait déjà répondu sur ce sujet en disant début février refuser "d'offrir la tête politique de qui que ce soit".

L'élection d'une Assemblée constituante

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Enfin, Jean-Luc Mélenchon égrène une série de mesures selon lui incontournables. Parmi elles, "la convocation d'une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature", "l'augmentation du Smic et des minima sociaux", "l'instauration de la Sécurité sociale intégrale", "la sortie du nucléaire", "l'arrêt immédiat de l'application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays", ou encore la sortie de l'Otan.

En cas de possibilité d'accord, Jean-Luc Mélenchon se dit "prêt à consulter les 250.000 personnes qui se sont personnellement engagées à (s)es côtés sur la proposition qui leur serait faite". Dans un tweet, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a jugé que "les 21 conditions de Jean-Luc Mélenchon à Benoit Hamon chargent à ce point la mule qu'elles ne laissent pas beaucoup de chance à l'unité".

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