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Jean-François Copé : "Pourquoi appellerions-nous à voter pour la Gauche ?"

Le secrétaire général de l'UMP répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Jean-François Copé a tenté de clarifier la consigne de vote de son parti pour le second tour des Cantonales en expliquant qu'il n'avait "jamais interdit de voter pour le PS", insistant sur la "liberté de choix" des électeurs de Droite. Interrogé sur la position de Valérie Pécresse, qui a dit qu'elle voterait pour le candidat de Gauche en cas de duel au second tour face au FN, il a répondu : "Elle a dit cela à titre personnel". Si Jean-François Copé a jugé "décevant", pour son parti, le premier tour de ce scrutin, il a estimé que ce n'était "pas très glorieux non plus pour le PS". Interrogé sur les propos de Claude Guéant sur l'immigration, il a déclaré qu'il "ne laisserait jamais dire que nous courons après le FN, parce que nous, nous traitons le sujet".

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011 Crédit : RTL
micro générique
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.

Jean-François Copé : Bonjour.

Jusqu'à quand peut durer l'intervention militaire internationale en Libye ?

Difficile de donner un délai. Je crois que ce qui est absolument essentiel aujourd'hui, c'est qu'un certain nombres d'objectifs militaires ont certes été fixés, mais surtout un objectif politique au sens le plus noble du terme. Chacun comprend aujourd'hui que l'intervention sous mandat de l'ONU était absolument indispensable au regard de la tragédie qui se noue en Libye - j'en parle encore au présent, bien entendu cette opération ne fait que commencer. Et évidement rappeler de ce point de vu ,que le rôle du président français, a été absolument déterminant.

L'objectif politique, c'est le départ du Colonel Kadhafi ?

L'objectif politique, c'est déjà faire en sorte que la tragédie qui est entrain de se nouer, à la fois les exactions, les violences, la reprise en main d'une brutalité extrême par Kadhafi à travers des bombardement massifs, ceux qui aspirent aujourd'hui à la démocratie dans son propre pays, s'arrête.

Et son départ ?...

Après, il appartiendra ensuite quand même aussi au peuple libyen de prendre ses responsabilités dans un contexte qui sera évidemment différent puisque ça signifiera déjà que Kadhafi ne pourra plus bombarder son peuple.

On parle des élections cantonales, Jean-François Copé. Le premier tour a eu lieu hier, le second tour aura lieu dimanche. Le premier tour est-il un échec pour l'UMP ?

Oui, il est décevant. Ça je ne vais pas vous dire le contraire. Mais, enfin c'est un premier tour, je suis toujours un peu prudent dans les commentaires de premier tour. Comme je l'ai dit hier soir, ma première réaction a été d'appeler nos militants et nos candidats qui font d'ailleurs une campagne très remarquable dans un contexte politique qui est difficile à se mobiliser à fond pour le second tour.

Qu'est-ce qu'on peut dire au lendemain de ce premier tour ? D'abord, une abstention très forte, ce qui prouve accessoirement que vivement le conseil territorial, qui va dans les faits commencer à fusionner les départements et les régions. Parce que vraiment ce mille feuilles, je dis accessoirement, sous forme un peu ironique, mais enfin, j'y crois beaucoup. Parce qu'on n'en n'a pas parlé, il est d'accord bien de le dire.

C'est fait...
 
Deuxièmement, en ce qui concerne les résultats, oui bien sûr. C'est décevant ce premier tour, pour l'UMP, je ne vais pas vous dire le contraire. En même temps, je voudrais quand même faire observer, et parce que peu l'on dit :  c'était pas très glorieux non plus pour le parti socialiste. Je faisais les comptes, et je me suis rendu compte que nous effectivement, nous sommes au gouvernement, et donc l'objet d'un certain nombre de critiques, mais le parti socialiste qui est dans l'opposition depuis dix ans, si l'on fait Parti socialiste + divers gauche + radicaux de gauche, ils font 31%. Si nous on fait UMP + divers droite et majorité présidentielle, on fait 31% aussi.

On peut dire, Jean-François Coppé, que ça n'est glorieux pour personne, sauf pour le Front National, sauf pour le Front National.

Alors, voilà, c'était le troisième point, évidemment.

C'est un constat qui doit interpeller !

Le Front National a progressé sérieusement, et qu'il est donc particulièrement nécessaire d'avoir cela en tête dans la perspective du deuxième tour, et aussi de l'élection présidentielle.

Deuxième tour, Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, parti associé à l'UMP : "Il faut absolument faire barrage au Front National et voter, quand c'est le cas, voter pour le Parti socialiste".

Vous connaissez la proposition que j'ai proposée hier...

On a du mal à comprendre...

Oh si, si. On l'a très bien compris, faut pas faire semblant. La position est très claire, elle consiste à dire pour nous, que nous poursuivons dans la démarche qui a toujours été la nôtre, d'un refus absolument total d'alliance avec le Front National, total. Et on a été très clair avant le premier tour, je l'ai été hier soir de la même manière, pas question pour un de nos candidats de préconiser un vote du Front National, une alliance avec le Front National, etc.

Mais vous avez dit aussi : "Je laisse les électeurs libres de leur choix". Sous entendu "qu'ils votent comme ils veulent" sous entendu, pour le Front National ou pour le Parti socialiste.

Plusieurs remarques là dessus. Bien évidemment pas pour le Front National, d'abord chaque électeur vote pour qui il le souhaite.

Bien sûr.

Nous avons évidemment, nous, recommandé - et je l'ai dit de la même manière avec les mêmes mots qu'évidemment : "Nous, nous ne voterons pas - nous, nous responsables de l'UMP - jamais pour le Front National". Donc, les choses sont parfaitement claires. Par contre, de la même manière, je l'ai dit, pas question de préconiser de manière générale et absolue, ce qu'on appelle "un front républicain", c'est à dire un vote pour le PS. Et ce pour 1.000 raisons, dont une que je soumets à votre méditation, qui est la suivante : on nous dit toute la journée, "Faisons attention à ne pas renforcer le Front National." Et bien oui bien sûr, et parmi les éléments qui pourraient jouer en ce sens, il y aurait l'idée que finalement la Gauche et la Droite, c'est pareil. Et bien la Gauche et la Droite, ce n'est pas pareil. Et donc à ce titre, et face à une Gauche, et en particulier un PS qui nous insulte, qui nous injurie et qui est absolument inexistant en propositions alternatives, je ne vois pas pourquoi on appellerait de manière systématique à voter pour la Gauche.

Valérie Pecresse, ministre de l'Enseignement supérieur : "S'il y avait un duel entre le Front National et un candidat qui ne soit pas d'extrême gauche, je voterai personnellement pour ce dernier candidat pour faire battre le candidat du Front National". Donc voyez, votre consigne risque de prendre de l'eau dans la semaine.

Non, mais pas du tout. Là encore, les choses sont très claires. Valérie l'a dit en expliquant que c'était à titre personnel, et jamais personne, jamais et moi le premier, n'a dit : "Il faut surtout pas, et j'interdis de voter pour le Parti socialiste". Donc, encore une fois, là aussi, j'ai bien expliqué qu'il y avait une liberté de choix. Simplement, pas question d'appeler à voter pour le Front National. Je crois que les choses sont très claires.

Je voudrais entendre votre commentaire sur une phrase de Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur mardi dans le journal Le Monde. "Les Français, a-t-il dit, veulent que la France reste la France". Il y a une menace ? La France pourrait ne plus être la France ?

Là-dessus, il y a toute une polémique, et c'est vrai qu'en ce moment les polémiques vont très très vite, sur tous les sujets. Je voudrai dire la chose suivante : la montée du Front Nationale, elle est aussi explicable de mon point de vue par la succession d'inquiétude qu'expriment les Français sur beaucoup de choses qui s'accumulent. Beaucoup d'inconnues, beaucoup d'interrogations liées à trois années ou quatre années de crises successives, comme si toutes ces crises, pour l'essentiel d'ailleurs ne viennent pas de France, évidemment, monétaire, financière, économique, sociale, géopolitique avec ce qui se passe autour de la Méditerranée. Tout cela crée des inquiétudes et parmi ces inquiétudes, il y a évidemment des vagues migratoires liées à ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée.

On n'a pas encore eu de vagues migratoires liées au printemps arabe...

Je dis des inquiétudes, vous êtes toujours très précis vous même, donc des inquiétudes - bon vous essayez de l'être comme nous tous - donc ce sont des inquiétudes sur lesquelles joue le Front National de manière permanente...

Et vous, le ministre de l'Intérieur ne jouez pas avec ? Courir après le Front National n'a pas fait monter le Front National ?

Moi, à titre personnel non. Je ne laisserai jamais dire que nous courrons après le Front National. Simplement parce que nous traitons des sujets. Pendant des années la Droite a eu peur de son ombre, s'est excusée d'exister toutes les deux minutes, moyennant en quoi, les gens en ont parlé sans la Droite.

L'immigration menace en France ?

Moi, je pense, en ce qui me concerne, qu'il faut justement en parler. L'immigration ne menace pas au sens traditionnel du terme. En revanche, l'immigration illégale, ça n'est pas acceptable pour nous, et nous continueront d'agir très fermement dans ce domaine. A ma connaissance, d'ailleurs à l'opposé du Parti socialiste qui n'a donné aucune consigne de vote, lui non plus pour ce qui concerne le Front National, et qui sur ces sujets est complètement absent.

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