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Jean-François Copé : "Les primaires socialistes peuvent générer des pressions"

Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. La primaire socialiste pose "problème par rapport aux libertés individuelles et publiques", a déclaré Jean-François Copé, qui met en garde contre des "pressions" liées à ce scrutin. "Le problème c'est que dans les villes où les primaires vont s'organiser, nous n'avons aucune garantie qu'on n'identifiera pas les personnes qui auront voté et celles qui n'auront pas voté" parmi les fonctionnaires, a-t-il ajouté, estimant qu'il pourrait y avoir "des pressions derrière".

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur RTL le 5 janvier 2011 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie et La rédaction numérique de RTL

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.


Jean-François Copé : Bonjour.

Le Parti socialiste organise des élections primaires pour désigner son candidat à la prochaine élection présidentielle. Il s'agit, à partir des véritables listes électorales récupérées grâce à l'aide des préfectures, de permettre aux sympathisants de gauche - et à eux seulement - de voter les 9 et 16 octobre dans 11.000 bureaux de vote pour départager les prétendants. Et à propos de ces primaires, hier dans le "Journal Du Dimanche", vous avez déclaré ceci, Jean-François Copé : "Le Parti socialiste est en train de créer un gigantesque fichier politique dans les villes socialistes. Vous imaginez les conséquences pour les agents municipaux ou les présidents d'association qui ont des subventions, s'ils ne participent pas à cette parodie d'élection ?" . Demandez-vous, Jean-François Copé, l'interdiction de ces primaires ?

L'interdiction, non. D'abord parce que chaque parti organise la désignation de son candidat comme il le souhaite. Moi, ce n'est pas ma conception. C'est vrai que j'ai une conception gaulliste des institutions et je pense qu'un parti doit soutenir un candidat, mais que voilà, il y a ensuite une relation entre un homme et un peuple. Et après tout, que le Parti socialiste veuille faire ainsi, bien sûr c'est son choix et il est tout à fait respectable.

Est-ce que c'est son droit ?

C'est son choix, c'est son droit s'il le souhaite, je n'ai pas de problème.

Il a le droit de le faire ?

Bien sûr, je n'ai pas de problème avec ça. Ce qui me pose un problème en réalité, c'est par rapport à la question de la liberté individuelle et des libertés publiques. Je crois qu'il y a un vrai problème.

Moi, ça fait des mois - pour tout vous dire - que je dénonce cette situation. Je suis plutôt assez satisfait que l'on en parle maintenant parce que c'est un sujet extrêmement grave. Qu'est-ce qu'il y a derrière, vous l'avez d'ailleurs fort bien résumé. Le fait que les militants socialistes encartés aillent voter, après tout ça existe même à l'UMP, de la même manière pour désigner un certain nombre de nos responsables. Même si on ne le fait pas pour notre candidat à la présidence de la République. Bien. Donc là-dessus, je n'ai pas de problème.

Là où j'ai un problème c'est que concrètement dans les villes où cela va s'organiser, nous n'avons aucune garantie que l'on n'identifiera pas ainsi les gens qui sont aller voter et les gens qui ne sont pas aller voter. Voilà. Parce que dans les faits, il n'y a aucun moyen pour le Parti socialiste de le démontrer. Et qu'est-ce qu'il y a derrière, vous l'avez rappelé : un maire socialiste constatera que tel ou tel de ses agents à la mairie, qu'un président d'association auquel il peut donner des subventions n'aura pas été voter, par exemple. Eh bien, vous imaginez à la clé les pressions qu'il peut y avoir derrière.

Je pense que ça pose un vrai problème par rapport à la confidentialité d'un vote.

Mais en même temps, Jean-François Copé, vous le dîtes vous-même : si c'est légal, si vous n'en demandez pas l'interdiction, pourquoi vous ouvrez ce débat ? Ça sert à quoi ?

Eh bien écoutez, je vous dis les choses telles que je les pense. Je ne suis pas certain, comme c'est la première fois, il faut savoir que dans notre histoire politique, c'est la première fois que ça s'organise, je ne suis pas certain que les autorités ou les institutions qui ont été consultées ont identifié ce problème lorsqu'elles ont donné leur validation.

Visiblement, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, l'a dit hier soir. Il a dit "cette consultation est absolument légale". "On peut circuler, il n'y a rien à voir"...

Oui, tout à fait, mais non. Enfin, il n'a pas dit que ça, si je peux me permettre. J'ai écouté son intervention. Non, non...

Il n'a pas dit que ça, mais quand un ministre de l'Intérieur dit "cette consultation est absolument légale..."

Je vais vous dire : là où il a eu raison et où personne n'a vu malice - et d'ailleurs moi non plus je n'ai pas vu malice au départ - c'est que tout citoyen a le droit de demander et d'obtenir le fichier électoral. Tout citoyen. Donc, là pas de problème. Personne ne l'a jamais utilisé pour autre chose qu'une élection, dans lequel il y avait des gens de Gauche, des gens de Droite, des gens du Centre.

Bien sûr...

Donc, là le problème c'est que c'est à l'intérieur même d'une sensibilité politique. Et donc, personne ne peut garantir aujourd'hui que cela se passera dans des conditions qui préserveront la liberté individuelle, en particulier de ceux qui ne seront pas allé voter,qui du coup ne seront pas estampillés comme des gens de Gauche.

Certains disent, "Jean-François Copé a peur de la modernité de ces primaires, de l'énergie qu'elle pourrait donner au candidat désigné", "de ce qu'elles ont de moderne"...

Non, mais là-dessus, je n'ai aucun problème, j'ai entendu effectivement...

vous n'êtes pas jaloux ?

Non, j'ai entendu le porte-parole du PS m'insulter copieusement à de nombreuses reprises. Il le fait d'ailleurs très souvent...

Il ne vous insulte pas, il vous répond. Il vous insulte ?

En l'occurrence, là il y avait des propos qui ne pouvaient que dépasser sa pensée. Mais en tout cas peu importe, ce que je veux simplement dire c'est que pour moi ce n'est pas un rendez-vous entre les modernes et les anciens. C'est un rendez-vous de liberté individuelle. Et comme le Parti socialiste est capable d'avoir des trémolos dans la voix en permanence pour tout ce que nous faisons, je me permets de lui faire observer que sans vouloir qu'on joue ensemble à l'arroseur arrosé, on a un vrai problème.

Et pour aller au-delà de tout cela, j'ai entendu les déclarations de monsieur Montebourg sur votre antenne qui, finalement, patauge un peu en disant "mais on vous garantie que l'on détruira les fichiers après". Merci pour la garantie. Ça, de toute façon, c'est obligatoire. Mais attendez, tout le monde sait..

Mis sous scellés après le vote et détruits aussitôt...

Oui, enfin, tout le monde sait que pendant le déroulement du vote, rien n'empêche un militant socialiste de noter gentiment sur feuille blanche tous les gens qui sont allé voter pour ensuite le donner au maire, aux autorités socialistes locales, etc. Donc il y a un vrai sujet et qu'on ne vienne pas me dire qu'on règle le problème en brûlant les listings 24 ou 36 heures après, ça c'est juste pour des problèmes internes au PS, c'est pour empêcher les recours. C'est-à-dire que par exemple demain un responsable socialiste qui aurait perdu ne pourrait pas faire de recours contre un éventuel soupçon de triche. Vous savez qu'il y a eu ce problème la dernière fois qu'ils ont fait des élections au Parti socialiste, à Reims : il y a même eu une commission pour... Eh bien, là, on ne pourra même plus regarder qui aura triché.

Bon, eh bien écoutez, on va suivre tout ça et en reparler. Vous avez un autre front, Jean-François Copé, c'est que vous dîtes régulièrement - vous l'avez encore dit hier - qu'une candidature de Jean-Louis Borloo ferait courir à votre camps le risque d'un 21 avril à l'envers.

Eh oui, bien sûr.

C'est-à-dire votre candidat de Droite battu dès le premier tour. Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, qui vous soutient dans votre action de secrétaire général de l'UMP, a dit hier : "Je pense que la démocratie s'honore d'avoir des personnalités qui proposent des projets et une ambition pour la France. Si le projet est crédible et que c'est une véritable ambition pour la France, pourquoi pas une candidature à Borloo. Il n'y a pas de danger pour notre Majorité".

Bon, enfin, moi ce n'est pas un avis que je partage. Je suis le premier...

Vous allez lui dire à Rachida Dati : "Faut pas dire ça" ?

Attendez, moi je suis le premier à être le garant de toutes les libertés d'expression au sein de l'UMP, donc ce n'est pas le sujet. Chacun pense ce qu'il veut. Moi, je veux vous dire simplement que je crois que nous ne devons pas avoir la mémoire qui flanche et que lorsqu'en 2001 monsieur Chevènement s'est présenté pour 2002 aux Présidentielles - sa candidature était certainement pour des motivations très respectables et très estimables -, mais qu'il a contribué à empêcher le candidat de la gauche arrivé en tête, d'être au deuxième tour.

C'est ce que Borloo appelle "des pressions", et il dit "j'en ai marre"...

Écoutez..

"Laissez moi vivre ma vie". Vous êtes pour la liberté individuelle, vous l'avez dit précédemment...

Vous avez raison. D'abord, il n'y a aucune pression. Je voudrais dire là-dessus que je ne sais pas de quoi il parle. On a d'ailleurs des relations qui sont tout à fait...

Et oui c'est vrai, il faudrait qu'il nous dise de quoi il parle. Vous lui avez posé la question ?

Moi, je le vois très régulièrement parce qu'il est de notoriété publique que j'ai des relations très bonnes avec lui. Donc, je lui ai parlé de ça, non pas sous la forme d'une pression, ça serait grotesque et d'ailleurs je n'en ai aucun pouvoir. Enfin, il est normal que dans les responsabilités qui sont les miennes, je dise à l'avance qu'on a quand même quelques appréhensions par rapport à ça. Et je note d'ailleurs, sur le fond, ne pas être vraiment démenti.

Demain, il y aura une convention UMP réservée à la place des femmes dans la société.

Absolument.

On n'a pas le temps d'en parler. Vous voulez présenter dans toutes les circonscriptions UMP où il n'y a pas de sortant, vous voulez présenter un ticket paritaire hommes/femmes. Et je voulais vous livrer, parce que la politique c'est pas souvent...

C'est une des propositions...

Oui, il n'y a pas que ça...

Je souhaiterais que les titulaires représentent 40% du total.

C'est ça.

D'un sexe ou de l'autre. C'est-à-dire en fait appliquer ce que j'ai fait adopter avec Marie-Jo Zimmermann il y a quelque temps, pour la parité dans les Conseils d'administration des entreprises. Et je souhaiterais qu'on fasse pareil pour les postes à responsabilité de l'l'État sur les cinq ou six prochaines années.

Et je voulais vous faire part de la blague de Cécile Duflot lors des élections cantonales "Connaissez-vous le féminin de candidat ?" avait-elle posé comme question...

... Suppléante.

"Suppléante".

Je trouve que c'est un joli mot d'esprit et qu'elle résume assez bien la tentation un peu machiste qui est celle qui préexiste en politique comme d'ailleurs dans l'entreprise. Et je voudrais dire sur ce sujet qu'il faudra que d'une manière ou d'une autre on montre que l'on ne peut pas l'accepter. Par exemple, nous, on l'a dit... On ne contribuera pas aux campagnes des candidats dans lesquels les quotas ne sont pas ainsi respectés.

Op.. Pouhhh ! Jean-François Copé qui a débordé...

... Je suis désolé !

... Était l'invité de RTL. Bonne journée... Moi aussi j'ai débordé.    
2012 et vous

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