1 min de lecture Nicolas Sarkozy

Intervention du chef de l'Etat : analyses et réactions

"Ça approche". Nicolas Sarkozy a quasiment levé dimanche les derniers doutes qui pesaient sur sa candidature à l'élection présidentielle, tout en refusant de dire qu'il était candidat. Logement, apprentissage, financement de l'industrie et de la protection sociale... M. Sarkozy a profité de sa prestation télévisée pour abattre une carte politique majeure, à moins de trois mois de la présidentielle. Il a notamment dévoilé des mesures "choc" anti-chômage, dont des hausses de TVA et de CSG. Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblé nationale, cette émission "était pathétique". Valérie Pécresse, elle, l'a trouvé "pugnace, déterminé et sincère".

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Toutes les réactions politiques après l'intervention du chef de l'État

François Fillon, premier ministre : "Le président de la République a montré ce soir, en annonçant des mesures fortes, sa détermination à agir au service des Français. C'est "l'honneur" de M. Sarkozy de mener une politique audacieuse et juste, en transcendant le calendrier électoral. Alors que la France est en proie à une crise économique grave, qui touche l'ensemble des pays européens, perdre du temps, comme le suggèrent certains, serait agir contre l'intérêt national. François Fillon a assuré que le gouvernement "sera totalement mobilisé dans les prochaines semaines afin que ces mesures entrent en vigueur au plus vite. Ppour aller chercher la croissance, il est urgent d'améliorer la compétitivité de nos entreprises. Il est urgent de financer notre protection sociale de façon plus juste (...). Pour défendre l'activité et l'emploi, il est urgent de pouvoir adapter les conditions de production grâce à une négociation sociale dans l'entreprise".

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de campagne de François Hollande: C'est "Docteur Nicolas et Mister Sarkozy. La schizophrénie semble frapper à la tête de l'État. Le candidat semble peser lourd dans la tête du président. L'un voudrait promettre ce que l'autre n'a jamais pu - ni voulu - faire. Le premier espère encore que les Français ne tiendront pas compte de son action depuis 5 ans. Le second voudrait faire croire qu'il peut faire autre chose que ce qu'il a toujours fait... Des promesses" (communiqué). 

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts : "Sous le prétexte fallacieux de lutter contre les délocalisations, Nicolas Sarkozy organise en pratique un transfert de plusieurs milliards des consommateurs aux entreprises, sans aucune contrepartie, affaiblissant au passage les collectivités locales. Les accords compétitivité-emploi se transformeront en accords chantage-emploi", a-t-elle prévenu. "Par idéologie, (il) rejette l'encadrement des loyers qui a pourtant fait ses preuves dans un État qu'il a beaucoup cité: l'Allemagne", a-t-elle poursuivi, et il "a fait le choix du repli national plutôt que de l'ambition européenne et d'un projet libéral plutôt que de solutions nouvelles". "La préférence écologique et sociale en France et aux frontières de l'Europe, voilà la réponse aux délocalisations et à l'emploi. Nicolas Sarkozy s'est prêté a un exercice de communication convenu qui tend à mystifier les Français en leur faisant croire qu'il est tout entier à sa tâche de président alors que chacun voit bien qu'il est déjà en campagne".

Christian Estrosi, député UMP, ancien ministre de l'Industrie : "Ces mesures anti-délocalisation  annoncées par le président de la République permettront donc de faire baisser notre prix à l'exportation et réduiront notre déficit commercial. J'exige d'ailleurs des entreprises qu'elles baissent leurs prix grâce aux allègements de charges patronales et que les entreprises où l'Etat est actionnaire donnent l'exemple immédiatement" (communiqué). 

Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au commerce et aux PME: "La réforme audacieuse voulue par le président de la République est porteuse d'optimisme, seul chemin pour redonner de l'espoir aux Français. Elle met la compétitivité des 32.000 PME industrielles et des entreprises au coeur de la stratégie économique de la France" (communiqué).

Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement : "Qu'attendent avant tout les Français? Un emploi et un logement. En réponse à ces deux préoccupations majeures, le président de la République, avec lucidité, vient d'annoncer des mesures extrêmement fortes et courageuses" (...). "La mobilisation et l'action du président doivent être, et seront entières jusqu'à la fin de son mandat" (communiqué). 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : "Au terme d'un quinquennat qui a poussé le pays dans la récession et saccagé l'emploi industriel, (Nicolas Sarkozy) décide, à quelques semaines des élections, deux énormes nouveaux cadeaux au patronat. Un allègement de 13 milliards d'euros de cotisations sociales patronales essentiellement payé par une hausse de la TVA, autrement dit un coup de poignard dans le pouvoir d'achat populaire. La possibilité pour le patronat d'échapper à toute durée légale du temps de travail par le biais d'accord dit de compétitivité (...). Tout cela n'est que l'énième et dernier coup de force présidentiel" (communiqué). 

Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires: "Les Français ont pu voir la différence entre un chauffeur de salles de gauche jeudi et un homme d'Etat qui garantit l'ambition et la réussite de chaque jeune qui mérite en France. (...) Notre jeunesse n'a jamais connu un président de gauche, ce soir, elle se rend compte de sa chance d'avoir comme chef de l'Etat un homme qui fait preuve de courage et sait décider pour l'avenir de chaque Française et chaque Français" (communiqué). 

Jean-Marie Le Guen, député PS: "J'ai trouvé Nicolas Sarkozy tendu et incohérent dans ses explications et peu sincère dans sa posture de président-candidat: On reviendra sur l'incohérence de ses explications économiques. Sur les sujets du logement, de l'emploi des jeunes, des taxes financières, de la banque d'investissement, il tente de recopier certaines des propositions de François Hollande. Quant à l'augmentation de la TVA et de la CSG ce n'est finalement que l'annonce du troisième plan de rigueur" (communiqué). 

Claude Bartolone (député PS): "C'est un président de la République affaibli, parfois confus, qui s'est présenté devant les Français (...). Un président très critique vis-à-vis de son bilan quand il dénonce ses propres échecs en matière de logement, d'emploi industriel et de dette. Finalement, le seul moment +en clair+ dans ce programme brouillé, c'est l'augmentation de la TVA. Cette émission, c'est une heure pour 13 milliards: les Français savent maintenant comment M. Sarkozy va leur faire payer les errements de son propre quinquennat" (communiqué). 

Christian Jacob, chef de file des députés UMP : "Je me félicite des décisions prises: baisse des charges pour plus de compétitivité, volet formation des jeunes, accords de compétitivité. Dans la situation dans laquelle nous sommes, on ne peut pas rester inerte. On ne peut pas se lamenter sur la désindustrialisation et ne pas réagir. Cibler les baisses de charges sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 Smic cible les emplois les plus délocalisables. C'est une bonne mesure qui répond à la situation. Les Français attendent un président de la République dans l'action, nous avons un président complètement dans l'action" (déclaration à l'AFP). 

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) : "Tout ceci est une politique à l'allemande: on a eu le sentiment à un moment donné que Nicolas Sarkozy était candidat à être chancelier socialiste de la République fédérale allemande. Cette politique ne vaut rien de bon pour la France. Les mots utilisés ne sont qu'un habile enfumage d'un triste et banal plan d'austérité et de soumission aux exigences du capital financier. Ca va saigner toujours pour les mêmes. L'augmentation de la TVA va ponctionner 13 milliards d'euros sur l'économie du pays. 85% de cette somme sera financée par les ménages et seulement 15% par les revenus financiers. Sous couvert de développement de l'apprentissage, on va pousser massivement les enfants du peuple hors des écoles pour les pousser dans des usines. Toutes les mesures d'allègement de charges et qui favorisent la finance sont d'application immédiate. Toutes les mesures qui desservent les travailleurs sont d'application immédiate. Toutes celles qui pourraient, le cas échéant, peser sur ceux qui ont le plus les moyens de contribuer au bien commun sont reportées à après la prochaine élection présidentielle".

Marine Le Pen (Front National) : "Il nous a vanté l'Italie, or l'Italie ce sont des privatisations massives, l'effondrement du système de retraites, la baisse du salaire des fonctionnaires. Il nous a vendu une crise financière qui s'apaise, je pense que d'ici une semaine il sera démenti. Il nous dit que l'Europe n'est plus au bord du gouffre, alors qu'elle est éminemment au bord de gouffre. Il est dans une recherche de compétitivité complètement illusoire, puisqu'en réalité la compétitivité, elle est plombée par l'euro fort. Il cherche à jouer un coup de poker dans les mois de l'élection présidentielle, sans avoir le courage d'être vraiment candidat. Sa mesure la plus inefficace, c'est la TVA sociale. Mais la plus efficace pour ses copains, ce sont les 30% d'augmentation de la capacité de construction. J'appelle cela l'amendement Bouygues."

Marie-George Buffet (députée PCF): "Le candidat président a mobilisé six chaînes pour nous rejouer la partition de l'austérité obligatoire. Décidément au Fouquet's on nous repasse toujours les mêmes plats: serrage de ceinture pour les salariés et cadeaux aux patrons avec en prime la casse du code du travail au nom de la +négociation+ par entreprise (...) On demande aux salariés de choisir entre leur emploi ou leurs salaires (...) Tout cela est injuste et inefficace" (communiqué)
 
Eric Ciotti (député UMP): "Conscient des difficultés et des inquiétudes que connaissent nos concitoyens, le président a annoncé des mesures courageuses et indispensables pour que notre pays retrouve le chemin du plein-emploi (...) Ces mesures sont à la hauteur de la gravité du contexte économique et financier et qui permettront de préserver notre modèle social. Je tiens également à saluer le courage de Nicolas Sarkozy qui, à 3 mois de l'élection présidentielle, a su prendre des mesures difficiles mais nécessaires pour protéger les Français, alors que d'autres, à gauche comme chez les extrêmes, se réfugient dans une posture totalement démagogique et irresponsable". 

François Rebsamen (sénateur socialiste): "Nicolas Sarkozy a tenté en vain, ce soir, d'endosser les habits du Capitaine courage, mais il faisait plutôt penser aux médecins de Molière qui, à force de saignées, achevaient le malade qu'ils étaient censés guérir. (...) Ces mesures ficelées à la hâte, prises à deux mois de la fin de son quinquennat, sont le signe de l'affolement d'un président aux abois. L'exercice médiatique de ce soir n'est rien d'autre qu'une fuite en avant. Elle est pathétique pour le président candidat, dangereuse pour la France et dramatique pour les Français" (communiqué) 

Jean-Michel Baylet (président du PRG): "Tout au long de son entretien, le président s'est montré mal à l'aise et dépassé. Fuyant son bilan et ses responsabilités, s'en prenant aux 35 heures et aux collectivités locales pour justifier un déficit public qu'il a largement contribué à creuser, il s'est laissé enfermer par les journalistes dans les incohérences de ses politiques successives. Sa charge contre les collectivités locales était mal venue de la part d'un président de la République. Ce sont les collectivités qui assurent la pérennité des services publics face aux démissions successives de l'Etat". (communiqué) 

Les Jeunes socialistes: "Saturant le réseau numérique terrestre, le président-candidat a voulu se transformer ce soir en magicien et faire oublier son bilan calamiteux avec des annonces aberrantes. Force est de constater qu'il est loin du niveau de Merlin l'Enchanteur". (communiqué) 

Olivier Dussaupt (député PS): "A défaut de présenter sa candidature, Nicolas Sarkozy a présenté la facture aux Français. Pour les familles modestes comme pour les classes moyennes, elle est salée et la hausse de la TVA va ajouter à l'augmentation générale des prix (...) Notre pays est dégradé et les conditions de vie de la plupart des Français se sont détériorées depuis 2007. Notre pays est affaibli sur la scène internationale et nos institutions sont fragilisées par une pratique du pouvoir alliant la volonté de tout contrôler et la perte de valeurs. Occuper toutes les chaînes de télévision pendant une heure ne suffira pas à le faire oublier". (communiqué)

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