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Hollande sur la proportionnelle : "Non merci, pas pour cette fois" dit Elizabeth Martichoux

REPLAY / EDITO - François Hollande a annoncé dimanche être favorable à la proportionnelle. Pour Elizabeth Martichoux, il ne faut pas cependant prendre le Président au mot.

Elizabeth Martichoux
Elizabeth Martichoux
Crédit : RTL
Hollande sur la proportionnelle : "Non merci, pas pour cette fois" dit Elizabeth Martichoux
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Le Président Hollande va t-il instaurer la proportionnelle ? 62% des Français sont pour, ils l'ont encore dit dans un sondage Opinion Way pour LCI il y a 8 jours. Dans Le Supplément dimanche, le François Hollande a réaffirmé :  "J'y suis prêt".  Vraiment ? Il faut le prendre au mot ? Ce mot,  "proportionnelle", devrait figurer dans le dictionnaire des synonymes pour "arlésienne" ou "serpent de mer". Il y en a quelques uns comme ça en politique à droite comme à gauche. La proportionnelle, c'est un débat circonstanciel, c'est une discussion éternelle entre ceux qui considèrent que l'Assemblée doit être une photo parfaite du corps électoral, et ceux qui crient au risque d'instabilité. 

La proportionnelle, le bazar de la IVème république

Pour autant, ce n'est pas une revendication des Français. D'abord ce n'est pas leur première préoccupation. Et puis quand on est petit, au collège et au lycée, on apprend qu'à cause de la proportionnelle, c'était le bazar sous la IVème République et que le Général de Gaulle, qui avait en horreur cette instabilité gouvernementale, a instauré un mode de scrutin qui assure des majorités solides à l'assemblée. Bien qu'avec la loi Macron, ce soit un peu compliqué. Mais, les adversaires de la proportionnelle relaient cette idée selon laquelle quand la diversité de la représentation progresse, la stabilité régresse. Ça sonne comme un slogan. Donc oui, c'est populaire mais il y a aussi une forte résistance culturelle à la proportionnelle.

Pourtant, ça n'avait pas empêché à François Mitterrand d'imposer la proportionnelle intégrale pour les législatives de 1986. Et ça ne s'est jamais reproduit pour une élection de députés. À l'époque, Michel Rocard, furieux, claque la porte du gouvernement. Mais c'est le cadet des soucis de François Mitterrand, qui use de sa prérogative présidentielle pour amortir le choc d'une nouvelle défaite. Un an après la déroute des cantonales en 1985.

À nouveau de retour en 2007 puis 2012

Et ça marche, la droite est majoritaire mais pas autant qu'elle l'aurait été sans la proportionnelle. Le Front National entre en force avec 35 députés qui siègent à l'Assemblée jusqu'en 1988. C'était bien joué politiquement, mais c'était aussi la réalisation d'une promesse qui figurait dans les 110 propositions de 1981. Les Français n'ont pas été pris par surprise. Puis la droite a annulé cette loi électorale dès son retour.

À écouter aussi

On retrouve toutefois la proportionnelle en 2007, au nom de la démocratisation des institutions. Élu, il a remisé l'affaire au placard pendant cinq ans pour ressortir cette promesse non tenue pendant la campagne en 2012. D'ailleurs, le candidat Hollande ne l'avait pas raté.

Sur BFMTV en février 2012. François Hollande en fait sa promesse numéro 48 sur 60. Depuis qu'il est à l'Elysée, il en parle sans en parler tout en n'en parlant plus. Puis, ça revient comme dimanche quand il répond à Maïtena Biraben:  "Oui oui oui j'y suis prêt".  

Conclusion : "Non merci, pas pour cette fois"

Mais quelle proportionnelle : 10% ? 15% ? Intégrale comme l'y encourage François Rebsamen, pour lequel c'est la seule façon d'imposer des majorités d'idées, le seul moyen d'engager les réformes dont la France a besoin ? Le Président reste flou, et quand c'est flou, on connait la suite. En fait, François Hollande semble jouer avec l'idée de proportionnelle selon qu'il a besoin ou non de cajoler ses interlocuteurs, en particulier écologistes et centristes qui sont très demandeurs. Il n'exclut rien publiquement mais il n'en pense pas moins. Passer par un référendum. Trop risqué. Par une loi après le redécoupage des circonscriptions ?  Le calendrier est serré. Enfin, le scrutin majoritaire a prouvé sa relative efficacité aux départementales. Conclusion : quand François Hollande dit sur Canal + "oui j'y suis prêt", il faut traduire : "Non merci, pas pour cette fois."

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