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Hollande fait-il du Sarkozy ?

François Hollande, qui avait bâti sa campagne présidentielle sur un rejet de l'ancien chef de l'Etat, ferait "du Nicolas Sarkozy". C'est en tous cas l'avis de François Delapierre, proche de Jean-Luc Mélenchon et membre du Front de gauche.

François Hollande à son bureau de l'Elysée
François Hollande à son bureau de l'Elysée Crédit : Capture d'écran YouTube
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La rédaction numérique de RTL
et Sylvain Chazot

Le constat est cinglant, signé par François Delapierre, numéro 3 du Parti de gauche et proche de Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, Nicolas Sarkozy "remonte dans l'opinion tout simplement parce que François Hollande lui prépare la voie, lui donne raison".

Cette petite phrase, glissée vendredi matin sur i>Télé, irritera socialistes et sarkozistes. Elle ravira, en revanche, les frontistes de droite, et la première d'entre eux Marine Le Pen, qui fustige à l'envi le système "UMPS". Mais cette phrase a-t-elle une once de vérité ? 

Quatre exemples, au moins, donnent raison à François Delapierre. 

1. L'interview à Paris Match : une démonstration d'autorité

Un an après son accession au pouvoir, François Hollande a accordé une interview à l'hebdomadaire Paris Match. Le choix du média est déjà un message à l'adresse de Valérie Trierweiler. Sa compagne, qui collabore au magazine de manière épisodique, est en conflit avec la direction de la rédaction depuis plusieurs semaines. En cause : la publication, en une, d'une photo du couple présidentiel.

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Le contenu de l'interview témoigne encore d'une forme d'autorité à l'égard de ses ministres. "Personne n’est protégé dans le gouvernement. Personne n’a d’immunité", a assuré le chef de l'Etat. C'est enfin une preuve de fermeté adressée aux Français qui "attendent des résultats". Ces démonstrations de force confirment, si besoin en était, que le "président normal" est mort et enterré.

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2. Le choix des ordonnances : un symptôme de l'hyperprésidence

C'est l'une des phrases les plus importantes de l'interview donnée par François Hollande à Paris Match : "Le temps des processus législatifs et réglementaires n’est plus adapté au temps de la vie des Français et aux exigences des entreprises. Il faut aller plus vite", a assuré le président de la République. Autrement dit, le président envisage de recourir de plus en plus aux ordonnances pour faire passer rapidement ses réformes.

Déjà évoquée en mars, cette hypothèse avait provoqué la colère de l'UMP. L'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer  avait ainsi dénoncé un "court-circuit" du "débat parlementaire". Cette méthode  a pourtant été utilisée à de nombreuses reprises par Nicolas Sarkozy (170 fois, d'après un comptage Libération / Arte). En utilisant ce procédé, Hollande développe une forme d'hyperprésidence selon laquelle il dirige et réforme suivant son calendrier. 

3. L'accord "compétitivité emploi" : un texte dénoncé par le PCF

François Delapierre, dans sa critique de François Hollande, a été on ne plus limpide : l'accord "compétitivité emploi", "c'est du Sarkozy". Cet accord, dénoncé par la CGT et FO mais signé par la CFDT et le Medef, a été salué par une grande majorité de la droite. Début février, sur RTL, Jean-François Copé avait dit vouloir voter ce texte qui introduit "plus de flexibilité pour les entreprises et en même temps plus de sécurité pour les salariés". Son "meilleur ennemi" François Fillon avait lui aussi loué cet accord qui, selon lui, va "dans le bon sens".

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Jean-François Copé, invité de RTL le 4 février 2013


À l'inverse, la gauche de la gauche a largement dénoncé ce texte. C'est "une mesure promue par Nicolas Sarkozy sous le nom d'accord compétitivité emploi et alors combattue par le Parti socialiste", avait dit André Chassaigne, président des députés Front de Gauche. "Les travailleurs d'aujourd'hui seront les précaires de demain", avait pour sa part averti le député communiste Jean-Jacques Candelier.  

4. La réception des députés PS à l'Elysée : un renoncement présidentiel

"Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée", avait promis François Hollande dans sa célèbre anaphore face à Nicolas Sarkozy

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Hollande : "Moi président de la République..."

L'ancien chef de l'Etat avait l'habitude de convier, une fois par mois, les parlementaires UMP au palais présidentiel. Un an après son accession au pouvoir, le président socialiste fait de même. Depuis mi-avril, il reçoit en petit comité des députés PS à l'Elysée. Ces "apéros du mardi", comme les décrit Le Canard Enchaîné, pourraient devenir réguliers. 

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