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Hollande entame une délicate visite de "travail" et "d'amitié" au Maroc

François Hollande entame, ce samedi 19 septembre, une délicate visite de deux jours à Tanger, sur fond de résurgence de la polémique autour du patron du contre-espionnage marocain. Il est visé par des plaintes en France pour torture.

François Hollande et Mohammed VI, le roi du Maroc, en février dernier dans le Palais de l'Élysée.
François Hollande et Mohammed VI, le roi du Maroc, en février dernier dans le Palais de l'Élysée.
Crédit : ALAIN JOCARD / POOL / AFP
Arièle Bonte & AFP

Des associations de défense des droits de l'Homme se sont inquiétées, jeudi 17 septembre, que le déplacement du chef de l'État français au Maroc, qualifié de "visite de travail et d'amitié", ne soit l'occasion de décorer de la Légion d'honneur le directeur de la DGST marocaine Abdellatif Hammouchi.

L'entourage du président a formellement démenti cette remise de décoration lors de la visite, mais pas son principe. En février dernier, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé que Paris décorerait prochainement des insignes d'officier de la Légion d'honneur Abdellatif Hammouchi, pour son rôle dans la lutte contre le terrorisme. Rabat avait suspendu tous les accords de coopération judiciaire avec Paris de février 2014 à janvier 2015, après la convocation du directeur de la DGST marocaine par un juge d'instruction à Paris. Ce dernier enquêtait alors sur plusieurs plaintes d'associations.
Une série d'impairs diplomatiques avaient envenimé la crise, avant que François Hollande ne mette fin à la brouille en recevant Mohammed VI à l'Elysée le 9 février, après la signature d'un nouvel accord judiciaire avec le Maroc. À Paris, on considère que "la page est tournée" sur cette affaire. "Depuis plusieurs mois, on n'est plus dans la réconciliation, on est plutôt dans la reprise d'une relation très dense", assure ainsi un diplomate français. Mais les critiques ne s'arrêtent pas là.

Une visite critiquée

À la veille de la visite de François Hollande, l'association Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé "la situation actuelle de la liberté d'information" au Maroc, "où la critique de sujets tabous tels que la monarchie ou l'intégrité territoriale peut amener à de lourdes condamnations". Le Parti communiste français a lui fustigé une "visite bien malvenue dans un pays où la corruption et l'impunité règnent en maîtres", et où "la répression policière et les emprisonnements s'abattent sur les démocrates et les syndicalistes."

Malgré ce contexte, François Hollande entend renforcer les liens économiques entre les deux pays, alors que la France s'est fait ravir par l'Espagne la place de premier partenaire commercial du Maroc. Mais Paris reste le premier partenaire économique de Rabat grâce à l'importance de ses investissements. "Une douzaine de milliards d'euros en stock", souligne Paris.

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Le président de la République aura plusieurs entretiens avec le souverain marocain. Il visitera ainsi avec lui un site de maintenance des rames de la future ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca. Son entrée en service est prévue en 2017-2018. Il doit aussi se rendre sur le port de Tanger, deuxième port du Maroc et important hub entre l'Europe et l'Afrique.

Climat et lutte contre le jihadisme

Le climat sera aussi au menu des discussions. François Hollande signera un "appel de Tanger" en vue de la Conférence (COP 21) de Paris en décembre. Le Maroc, qui organisera la COP 22, est le premier pays du Maghreb à avoir remis sa contribution. Le pays pour objectif de passer à 42% d'énergies renouvelables d'ici 2020. Les deux dirigeants poseront par ailleurs la première pierre d'un Institut de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

François Hollande rencontrera également le Premier ministre marocain Abdel-Ilah Benkiran. Il sera par ailleurs accompagné de cinq ministres et d'une délégation étoffée de chefs d'entreprises. La lutte contre le jihadisme sera aussi au programme, alors que le gouvernement marocain a récemment durci les lois contre toute personne impliquée de près ou de loin dans des activités liées à des "groupes terroristes". 

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