3 min de lecture Social

Guyane : pourquoi Emmanuel Macron atterrit en terre hostile

ÉCLAIRAGE - Le président de la République est en visite pour trois jours en Guyane six mois après un important mouvement social qui a agité le département.

>
Guyane : pourquoi Emmanuel Macron atterrit en terre hostile Crédit Image : CHRISTIAN LIEWIG / POOL / AFP | Crédit Média : Vincent Derosier | Durée : | Date :
109127536140888961261
Ludovic Galtier
et AFP

Six mois se sont écoulés depuis le mouvement de grève qui a agité la Guyane. Accompagné de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et de trois de ses ministres (Gérald Darmanin pour les Comptes publics, Annick Girardin pour l'Outre-mer, Jean-Michel Blanquer pour l'Éducation nationale) à l'occasion du sommet des régions ultrapériphériques (RUP), Emmanuel Macron est attendu de pied ferme à Cayenne, entre le 26 et le 28 octobre, pour le premier déplacement en Guyane de son quinquennat.

Le chef de l'État ne devrait toutefois pas bénéficier du meilleur des accueils. Quelques heures avant qu'il pose un pied sur le sol guyanais, l'association Les Grands Frères, qui s'est constituée pendant le mouvement de protestation du printemps, a fait fermer les bureaux de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Cayenne, selon une information de Guyane 1ère.

La veille, mercredi 25 octobre, à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dekole (pour que la Guyane décolle), 300 manifestants se sont retrouvés pour rappeler à la mémoire du Président les accords de Guyane du 21 avril, contenant notamment un plan d'urgence de 1,08 milliard d'euros, des accords sectoriels et la prise en compte de la demande de 2,1 milliards d'euros supplémentaires du collectif. Les participants à cette manifestation ont déploré qu'Emmanuel Macron ne fasse selon eux "que survoler la Guyane", puisqu'il se rendra à Maripasoula puis à Kourou en hélicoptère, sans jamais utiliser les routes particulièrement détériorées du territoire. "Il va regarder les Guyanais de haut", a déploré Dany Rimane, un des membres du collectif.

À lire aussi
Des billets de banque (illustration) polémique
Épargne salariale : qui sont les gagnants et les perdants de la réforme ?

"Le sentiment de ne pas avoir été entendu"

"La population a le sentiment de ne pas avoir été entendue", estime le député Gabriel Serville. À la colère de la population, s'ajoute celle des maires. Dans un communiqué, les élus de Guyane ont annoncé qu'ils n'iraient pas accueillir le chef de l'État et ne participeraient pas au dîner républicain prévu, pour dénoncer "l'absence d'un temps de rencontre" entre eux et Emmanuel Macron.

Vie chère, immigration irrégulière, chômage deux fois plus élevé que la moyenne nationale, retards en matière de développement... La liste des reproches est longue. Le plan d'urgence n'a pas changé la vie des Guyanais. Sur RTL, Monique, habitante de Guyane, demande au président de la République d'en faire plus pour la sécurité : "Nous vivons dans l'insécurité, toujours dans l'insécurité. On est obligés d'être enfermés, et les voleurs sont dehors. Cambriolages, vols, viols... Maintenant, nous voulons du concret."

Les revendications, elles, n'ont pas changé. "Le social se meurt, la délinquance demeure", pouvait-on lire sur une banderole. Beaucoup de Guyanais n'attendent absolument rien du Président. "Il vient faire quoi ici ?", s'interroge un habitant au micro de RTL. "Pour moi, c'est une promenade de santé qu'il vient faire (...) Ces deux mois de grève, il fallait les faire, mais on ne peut pas dire que l'on a obtenu quoique ce soit, c'est faux." Un autre enchaîne : "On en a rien à cirer du Président. Rien n'a été réalisé. On nous avait promis un hôpital, rien n'a été fait."

Macron vient dire "qu'il tiendra ses engagements"

D'autres se montrent plus optimistes. "On attend qu'il respecte ses propres paroles", a déclaré Davy Rimane, membre du collectif, rappelant que lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré : "Je respecterai les accords de Guyane et j'irai même plus loin".

Le chef de l'État a promis de "prendre le problème à la racine". Selon l'Élysée, il vient dire "qu'il tiendra ses engagements". Il devrait annoncer une série de mesures pour renforcer la sécurité sur place, notamment la création d'un nouvel escadron de gendarmerie mobile.

Lors de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron était arrivé en tête du second tour, avec 64,89% des voix. Mais deux semaines plus tôt, il était troisième au premier tour, avec "seulement" 18,75 % des suffrages exprimés. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Social Présidence de la République Guyane
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790682534
Guyane : pourquoi Emmanuel Macron atterrit en terre hostile
Guyane : pourquoi Emmanuel Macron atterrit en terre hostile
ÉCLAIRAGE - Le président de la République est en visite pour trois jours en Guyane six mois après un important mouvement social qui a agité le département.
https://www.rtl.fr/actu/politique/guyane-pourquoi-emmanuel-macron-atterrit-en-terre-hostile-7790682534
2017-10-26 16:01:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/_v3ulaOnQlY9OGasX0x3aw/330v220-2/online/image/2017/0830/7789899588_000-ry55a-pour-sa-communication-emmanuel-macron-change-tout-a-la-rentree.jpg