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Guerre Maréchal-Philippot : le combat de boxe qui gêne Le Pen

ÉCLAIRAGE - La tête dirigeante du Front national s'écharpe sur le sujet de l'IVG. Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot restent retranchés sur leur position, laissant Marine Le Pen en arbitre.

Florian Philippot, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen, le 10 décembre 2015
Florian Philippot, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen, le 10 décembre 2015
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Marie-Pierre Haddad

Ils occupent chacun un coin de l'espace médiatique. Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot ne cachent plus leurs divergences et règlent leur compte par médias interposés. Dans les colonnes du Journal du Dimanche, la députée du Vaucluse recadre violemment son rival : "Quand on décide la ligne du FN ou qu'on décide d'un changement stratégique, on le fait dans les instances du parti, on ne le fait pas tout seul sur BFMTV !". Marion Maréchal-Le Pen fait référence au couac sur l'IVG.

Entre les deux, Marine Le Pen. La candidate du Front national à l'élection présidentielle tente de calmer les tensions au sein de son parti, en martelant sa ligne. Invitée du Grand Jury RTL/ Le Figaro/ LCI, elle qualifie ces tensions de "petites frictions". "Il y a des millions de patriotes français qui attendent de nous et qui ne nous pardonneront pas de tomber dans ce genre de chicayas, eu égard à la gravité qui est celle qui frappe aujourd'hui le pays et aux difficultés qui sont les leurs". La guerre des lignes Phillipot contre Maréchal-Le Pen est désormais dévoilée au grand jour. Retour sur un combat de boxe qui n'aurait dû avoir lieu qu'après l'élection présidentielle, comme le souligne L'Opinion

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Marion Maréchal-Le Pen frappe la première

Le premier coup a été donné par Marion Maréchal-Le Pen. Dans l'hebdomadaire Présent, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen affirme que "il faudra revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels. Il faudra mettre en place l’adoption prénatale et restaurer le délai de réflexion pour éviter les décisions précipitées dans un moment de panique pour acter que l’avortement n’est et ne sera jamais un acte anodin". 

Pas question pour Marion Maréchal-Le Pen de se laisser faire. Elle porte le coup qui vient clore un week-end de débat. Il est destiné à Florian Philippot et met sous un coup de projecteur sur la guerre interne qui existe entre eux. Elle déclare au Journal du Dimanche : "Je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d'opinion (...) Je découvre (la) position (de Marine Le Pen). Il n'y a pas eu de débat en interne. Elle a décidé que cela ne ferait pas partie du projet pour la présidentielle. Cela n'interdit pas que des députés, demain, fassent des propositions de loi...". 

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Elle ouvre ainsi la porte aux autres voix qui peuvent exister au sein du Front national. "Je rappelle que Florian a pris des positions sur lesquelles il était minoritaire au sein du Front, notamment sur la campagne gouvernementale de lutte contre le Sida, qui m'apparaissait, à moi, très gênante, pour les enfants mais aussi pour les homosexuels. La majorité, au FN, ne partage pas du tout ce choix". Un peu plus loin, elle revendique le droit des "militants", "cadres et "secrétaires départementaux" a "s'exprimer. Leur opinion ne vaut pas moins qu'une autre". Mais elle ne cautionne pas la théorie selon laquelle, il existerait deux lignes au sein du Front national. "Cette question est largement exagérée. Il peut y avoir des analyses différentes en fonction de telle ou telle actualité mais cela n'a rien à voir avec ce qui se passe au PS entre Hamon et Macron ou chez Les Républicains entre Fillon et NKM".

Florian Philippot rend coup pour coup

Dès la publication de l'article dans PrésentFlorian Philippot est monté au créneau. Sur BFMTV, le vice-président du Front national a indiqué : "C'est une opinion personnelle de Marion Maréchal-Le Pen mais ce n'est pas du tout l'opinion de la candidate à l'élection présidentielle et ce n'est pas du tout dans le projet présidentiel. Dans le projet présidentiel de Marine Le Pen, il n'y a rien qui change en matière d'IVG : droit à l'IVG évidemment et remboursement total (...) Il y a une seule personne qui a dit quelque chose de différent. Cette personne est seule, cette personne est isolée sur cette question, ce qui compte c'est ce que dit la candidate, le mouvement et le projet présidentiel".

Dans L'Opinion, un proche de Marine Le Pen juge que "Florian n'a pas été très fin". Un autre proche estime qu'il s'agit "d'un problème d'ego, exclusivement d'ego". Cependant, le vice-président du Front national a reçu l'appui de la présidente du parti qui expliquait que "très très souvent, on pense la même chose", comme le souligne Libération. Ainsi, il a réussi à "construire son influence 'par le haut', s'appuyant sur une présence quasi continue dans les médias", ajoute le journal.

Marine Le Pen, arbitre malgré elle

Face à ce pugilat, Marine Le Pen a souhaité mettre les choses à plat rapidement. À l'AFP, elle explique que "le périmètre de l'accès à l'IVG et son remboursement ne font pas partie de (son) programme". Au Journal télévisé de TF1 deux jours plus tard, elle ajoute que cela lui "permet précisément de clarifier le projet qui est le mien. Que les choses soient très claires : Je ne remettrai pas en cause l'accès à l'IVG de quelque manière que ce soit (...) Je pense que le droit à l'IVG est attaqué. Il est en régression. Je pense aux femmes qui n'osent plus s'habiller comme elles le souhaitent. Je pense à l'inégalité salariale. à ces jeunes filles qui voient peser sur elle le danger de mariage forcé". Le sujet de l'IVG est un dossier sensible au sein du Front national depuis qu'en 2012, Marine Le Pen avait créé la polémique en utilisant le terme d'"avortement de confort".

Louis Aliot, vice-président du Front national, appelle aussi à l'apaisement et au rassemblement. Ils appellent les deux protagonistes à "arrêter leurs bêtises", sur France 2. "Si certains ont des états d'âme, je leur conseille de les garder pour eux et de ne pas en faire état sur la place publique parce que ça ne sert ni leur mouvement ni leurs idées (...) Il n'y a pas de sujet à la base chez la grande majorité des élus, Marine est présidente, elle dépasse le Front national et on est tous derrière elle. Si certains veulent concourir avec leurs idées propres (...) ils se trompent de combat. Dans tous les cas de figure c'est Marine la présidente et nous sommes une énorme majorité à la suivre".

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