3 min de lecture Élysée

Grèves et universités bloquées... Et pendant ce temps-là, que fait Macron ?

DÉCRYPTAGE - Même si le président de la République s'est peu exprimé depuis le début de la grève perlée, ses quelques interventions étaient néanmoins claires.

Emmanuel Macron à Rouen, le 5 avril 2018
Emmanuel Macron à Rouen, le 5 avril 2018 Crédit : CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Le gouvernement entier se mobilise pour désamorcer la bombe sociale qui semble prendre de l'ampleur dans le pays. Édouard Philippe, en premier ligne, s'efforce de continuer le travail de pédagogie, lors de déplacements ou d'interventions dans les métiers. Le porte-parole de l’exécutif, Benjamin Griveaux, prend racine dans son rôle de service après-vente. 

Quand aux ministres Élisabeth Borne (Transports), Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), elles réaffirment que la ligne voulue par le président de la République sera maintenue. Et Emmanuel Macron... Le président de la République s'est peu exprimé depuis le début du mouvement de grève perlée.

Du côté de l'opposition, les appels à la mobilisation se multiplient, afin de renforcer l'union de la gauche. Objectif : atteindre la convergence des luttes. Le député de la France insoumise, François Ruffin, propose l'organisation d'une "grande manifestation nationale commune le samedi 5 mai". Mais Emmanuel Macron reste imperturbable...

Une prise de parole depuis l'étranger

Lors de la première manifestation des fonctionnaires et des cheminots a eu lieu le 22 mars dernier. Emmanuel Macron, lui, se trouvait à Bruxelles au Conseil européen, comme on peut le voir dans son agenda. Pendant que des milliers de cheminots défilent à Paris et dans toute la France, contre la réforme de la SNCF, le président de la République a proposé la création d'un budget européen pro-climat et un prix plancher du carbone. 

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Le lendemain de la journée de mobilisation, le président de la République s'est exprimé sur la manifestation. Lors du sommet européen, il a indiqué que "l'impact" des mouvements sociaux "n'existe pas, car il est normal. Ils ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur ce qui a commencé à être mis en oeuvre". 

Les réformes entreprises sont "ce que nombre de nos partenaires, et en particulier l'Allemagne, attendaient depuis de nombreuses années, et à juste titre. Nous continuons à le faire et cela je crois renforce plutôt la crédibilité", a-t-il plaidé. 

Des commentaires brefs et directs

Aux déclarations très discrètes du chef de l'État est venu s'ajouter une séquence vidéo. À un passant qui lui conseillait de "ne rien lâcher avec la SNCF" lors d'une visite au Touquet, Emmanuel Macron a lancé : "Ne vous inquiétez pas !", comme le rapporte BFMTV. Ce jeudi 5 avril, Emmanuel Macron était en visite dans un service hospitalier spécialisé dans la détection précoce des enfants autistes à Rouen. 

"À l'extérieur du CHU, des manifestants portant des drapeaux de la CGT, de SUD ou de la CFDT des services de santé ou des services territoriaux criaient : 'Résistance' ou 'Macron dégonflé, on t'attend'. Quelques étudiants étaient parmi eux, alors que les forces de l'ordre les empêchaient d'approcher du bâtiment de pédiatrie dans lequel se trouvait le président", a rapporté l'AFP.  

Une prise de distance volontaire ?

Selon Le Parisien, Emmanuel Macron joue la carte "des institutions de la Vème République, qui lui permettent de se retrancher derrière le paratonnerre de Matignon". Un proche du président répond qu'il "n'y a rien d'anormal à cette situation. C'est un dossier qui relève du périmètre du gouvernement, pas du champ présidentiel. Sinon le président de la République devient premier ministre !". 

Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l'Élysée aurait indiqué que "le président n'est pas impliqué au quotidien dans la gestion du conflit. Il laisse le premier ministre en première ligne. Édouard Philippe profitera d'ailleurs de la séance des questions orales à l'Assemblée pour rappeler la fermeté du gouvernement. Car il n'est pas question que Macron s'exprime publiquement", selon des propos rapportés par Le Canard Enchaîné.


Le journal cite aussi l'Élysée qui estime que "chacun est dans son rôle. Le président fixe le cadre, le premier ministre est le chef d'orchestre. Édouard Philippe n'est pas plus à la manœuvre sur la SNCF que sur n'importe quelle autre réforme". Mais cela n'empêche pas Emmanuel Macron de garder un œil sur la situation, surtout en ce qui concerne la mobilisation de la jeunesse. Le Parisien indique que le président de la République "pourrait s'exprimer devant les Français dans les prochaines semaines à l'occasion des un an de son accession au pouvoir".

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