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Gouvernement : "Édouard Philippe soumis à l'art du compromis", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Le Premier ministre a dû trancher un premier couac gouvernemental sur les insecticides "tueurs d'abeilles".

Le premier ministre Édouard Philippe
Le premier ministre Édouard Philippe
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Gouvernement : "Édouard Philippe soumis à l'art du compromis", décrypte Alba Ventura
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Gouvernement : "Édouard Philippe soumis à l'art du compromis", décrypte Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Bisbille autour des abeilles au gouvernement. Alors que le ministre de l'Agriculture a fait mine de revenir sur la loi interdisant un pesticide tueur d'abeilles, le ministre de l'Écologie lui a répondu : "Hors de question !". C'est un couac vite éteint, mais un couac quand même. Il est intéressant de regarder de près comment ça s'est passé. Vous avez un ministre, Stéphane Travert, fraîchement nommé (il est en place depuis cinq-six jours), qui a des convictions - pas franchement écolo (il était député de Flamanville), et qui, lorsqu'on lui demande à 8h30 son avis sur cet insecticide, répond tranquillement qu'il peut y avoir des dérogations et qu'on n'est pas obligé d'aller plus loin que ce que demande l'Europe.

Immédiatement, Nicolas Hulot, que l'on n'avait pas entendu jusqu'ici, s'étrangle et recadre le ministre de l'Agriculture, qui n'est pas sous son autorité, en expliquant dans un tweet que des arbitrages ont été rendus sur cette question. On attend alors la version officielle, qui tombe vers midi par communiqué de presse du premier ministre : effectivement, des arbitrages ont été rendus le 21 juin. Alors que le ministre de l'Agriculture n'était pas encore nommé.

Édouard Philippe a du mérite

Sans doute a-t-il manqué d'un peu d'huile dans les rouages. Mais ça ne vous rappelle rien ? Des ministres qui prennent la parole à tort et à travers, qui s'expriment en toute liberté, d'autres ministres qui répondent, qui se fâchent et qui se mettent en travers. C'est exactement ce qui se passait sous le précédent quinquennat, sous Hollande, et même avant sous Nicolas Sarkozy. Rien ne change.

Édouard Philippe a très vite mis fin à la polémique. Il a eu du mérite, lui qui a voté en 2016 contre l'interdiction de ce pesticide. C'est-à-dire qu'il était déjà lui-même en contradiction avec ses décisions passées. Même si aujourd'hui il se plie évidemment à la discipline édictée par le président. Mais cela illustre combien la tâche du Premier ministre va être compliquée dans ce gouvernement de "compromis national", où se retrouvent des ministres "pour" les insecticides et d'autres "contre", "pour" la CSG et d'autres "contre". Dans ce gouvernement de gens de gauche, de droite, écolo, pas écolo, politique et technicien. Tout cela forcément produit du "couac".

Majorité toute dévolue au Président Macron

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Sans compter que le chef du gouvernement est aussi le chef de la majorité, mais une majorité qu'il ne connait pas. Une majorité qui faisait campagne pour un homme alors que lui ne faisait pas campagne pour cet homme- là.

Toute la difficulté d'Édouard Philippe va résider dans l'art de se frayer un chemin entre des ministres aux parcours et aux carrières si différents, et des ministres qu'il faut chouchouter plus que d'autres. Une majorité toute dévolue à Emmanuel Macron, et un président rock star dont la parole ne se discute pas. Est-ce que le président laissera son premier ministre asseoir son autorité ? On en aura bientôt la réponse si Emmanuel Macron décide de prononcer son discours à Versailles, la veille du discours de politique générale d'Édouard Philippe à l'Assemblée.

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