4 min de lecture Nicolas Sarkozy

Gouvernement, 35 heures, syndicats... Nicolas Sarkozy veut "refonder notre modèle social"

REPLAY - Le président des Républicains estime que la reprise de l'activité en France doit passer par une refonte du système. "Le choix est entre le décrochage et la renaissance", explique-t-il dans un entretien aux "Échos".

Nicolas Sarkozy lors du meeting des Républicains en Ile-de-France, le 27 septembre 2015
Nicolas Sarkozy lors du meeting des Républicains en Ile-de-France, le 27 septembre 2015
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

À la veille d'une convention des Républicains sur le marché du travail, Nicolas Sarkozy pilonne la politique économique du gouvernement. L'ancien président de la République s'exprime dans une interview à paraître, mercredi 30 septembre, dans le journal Les Échos. Il propose une refondation, du modèle social et économique français tout en prenant soin de ne pas dire le mot qui fâche.

S'exonérer des 35 heures

Nicolas Sarkozy affirme que toute entreprise voulant s'exonérer des 35 heures doit "pouvoir le faire", à la condition que personne ne gagne moins en travaillant plus. "C'est la liberté qui doit primer", affirme le président des Républicains. Selon lui, le temps de travail doit être fixé "soit avec l'accord des partenaires sociaux de l'entreprise, soit par un référendum au sein de l'entreprise. Si une entreprise veut sortir des 35 heures, elle doit pouvoir le faire. Je pose une condition : personne ne doit travailler plus et gagner moins". 

On n'allège plus les charges pour travailler moins, on les allège pour travailler plus !

Nicolas Sarkozy
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Ainsi, "les 36 heures devront être payées 36, les 37 heures 37 etc. Pour les entreprises qui ne souhaiteront pas sortir des 35 heures, elles pourront choisir d'y rester. C'est cela faire confiance ! C'est donner à chacun le droit de sortir des 35 heures", ajoute-t-il. En outre, "pour encourager les entreprises à remonter la durée du travail, je propose de les inciter financièrement. Les heures au-delà de 35 heures leur coûteraient moins. Les allègements de cotisations sociales patronales seraient accrus jusqu'à 39 heures. En clair, on n'allège plus les charges pour travailler moins, on les allège pour travailler plus !" affirme-t-il. 

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Son rival Alain Juppé a exposé ses propositions sur son blog, mardi soir. Il préconise d'"en finir avec les 35 heures, ce que personne n'a fait jusqu'à présent". Selon le maire de Bordeaux, "le principe doit être la liberté de définir la durée du travail au sein de l'entreprise, y compris pour ceux qui souhaitent conserver la durée actuelle. À défaut d'accord, je propose que la durée de référence qui s'appliquerait soit fixée à 39 heures". 

Une reprise économique incompatible avec la politique du gouvernement ?

Nicolas Sarkozy donne aussi son analyse sur la conjoncture actuelle. Il estime qu'"il n'y a hélas aucune reprise (économique) en France" et "qu'il n'y en aura aucune avec la politique de ce gouvernement". Il déplore également que "notre pays est désormais le seul, parmi les principales économies européennes, à ne pas connaître la baisse du chômage". Alors que le gouvernement présente en Conseil des ministres son projet de budget pour 2016, mercredi, le président des Républicains, estime que "nous sommes au bout d'une politique qui a conduit à avoir plus d'un million de chômeurs supplémentaires depuis 2012". 

Aboutir à un Smic sans aucune charge pour l'employeur

Nicolas Sarkozy
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Il tient notamment pour responsable le coût du travail avec un pacte de responsabilité "loin d'avoir compensé les nouveaux prélèvements qui sont venus frapper les entreprises depuis le début du quinquennat". "La politique du gouvernement c'est le compte pénibilité, des hausses d'impôts et des emplois aidés, alors que tout devrait être fait pour rendre les activités existantes compétitives, faire émerger des activités nouvelles, innover, entreprendre (...) La priorité c'est l'emploi, donc la baisse des charges pesant sur le travail", selon l'ancien chef de l'État, qui souhaite "aboutir à un Smic sans aucune charge pour l'employeur". 

Le président du parti Les Républicains juge aussi que "la pression fiscale est devenue insupportable pour les classes moyennes (...) elles ne peuvent continuer à subir un tel matraquage". Il se redit favorable à la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), "qui n'existe chez aucun de nos partenaires européens".

Vers une remise en cause du "monopole de la présentation syndicale" ?

Partisan "d'une véritable refondation du modèle social et économique", Nicolas Sarkozy souhaite "la remise en cause du monopole de présentation des syndicats". "Il faut poser la question de la représentativité syndicale. Les délégués syndicaux doivent cesser d'être nommés par les syndicats, ils doivent pouvoir être élus par les salariés. Et dans ce cadre, il faut autoriser la liberté de candidature dès le premier tour, ce qui signifie la remise en cause du monopole  de présentation des syndicats", affirme l'ex-chef de l'État. 

L'ancien chef de l'État estime également que "le dialogue social ne fonctionn(ant) plus en France, la négociation sociale doit désormais se dérouler d'abord dans les entreprises, plutôt qu'au niveau de la branche ou du confédéral, à l'exception de certains secteurs particuliers" (artisanat, commerce ou cafés-restaurants). "Quand un accord dans l'entreprise n'est pas possible entre les partenaires sociaux, ce sont les salariés de cette même entreprise qui doivent pouvoir trancher par référendum à la majorité simple. Les résultats de ce vote ne devraient pas pouvoir être remis en cause par les tribunaux, à la condition qu'il respecte bien sûr les normes fondamentales", ajoute-t-il. 

Le licenciement économique doit être rendu possible y compris pour réorganiser l'entreprise quand il est encore temps

Nicolas Sarkozy
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Le patron des Républicains estime également que "le licenciement économique doit être rendu possible y compris pour réorganiser l'entreprise quand il est encore temps", précisant qu'il est "favorable au plafonnement des indemnités de licenciement, pour apporter plus de visibilité et de sécurité juridique. La rigidité du droit social, loin d'être une protection, est un frein considérable au recrutement". Autre proposition : la suppression du seuil de 10 salariés pour les délégués du personnel et la fusion de l'ensemble des instances de représentation du personnel au-delà de 50 salariés, "les entreprises qui le souhaitent pouvant garder des instances distinctes". 

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Gouvernement, 35 heures, syndicats... : Nicolas Sarkozy veut "refonder notre modèle social" Crédit Image : Fred Bukajlo / SIPA / RTL | Crédit Média : Benjamin Sportouch | Durée : | Date :
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2015-09-29 22:40:00
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