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Glyphosate : la France prête à accepter une prolongation de 4 ans

Paris souhaite que le renouvellement de l'autorisation de l'herbicide "n'aille pas au-delà de quatre ans".

Édouard Philippe à Valenton, à l'est de Paris le 19 mai 2017
Édouard Philippe à Valenton, à l'est de Paris le 19 mai 2017
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Julien Absalon & AFP

Ce sera trois ou quatre ans, mais pas plus. C'est le message envoyé par la France à l'Union européenne, à propos du renouvellement de l'autorisation du glyphosate. La licence de l'herbicide controversé, dont la licence expire en décembre, doit être votée par les États membres. Sondée par Bruxelles, qui a reporté la consultation, Paris s'est ainsi prononcée "contre" une prolongation de cinq ans, a précisé l'entourage du Premier ministre Édouard Philippe dans une déclaration écrite.

Le gouvernement français expliquait jusqu'alors qu'il n'envisageait que des solutions en-dessous de cinq ans, afin d'interdire le glyphosate d'ici 2022. Le calendrier demeurait toutefois flou. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, s'était prononcé sur RTL en faveur d'une prolongation de trois ans. Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture prônait de son côté une nouvelle échéance de cinq à sept ans. En lien avec l'Élysée, Édouard Philippe a donc rendu son arbitrage qui apparaît comme un compromis entre ses ministres.

Mais Paris cherche aussi à envoyer un signal aux États membres, afin de faciliter un consensus, alors que la Commission européenne s'est résolue à abandonner son idée d'une prolongation de 10 ans. "Dans le cadre du débat sur la proposition de la Commission européenne de renouveler l'autorisation du glyphosate dans l'UE, le gouvernement français a travaillé avec la Commission et ses partenaires européens, en particulier l'Allemagne et l'Italie, pour dégager un compromis sur une période qui n'aille pas au-delà de quatre ans", a fait savoir Matignon.

Un long feuilleton

La saga dure depuis plus de deux ans dans l'UE. Agacée de voir les États membres se défiler, la Commission répète inlassablement depuis l'été que la décision doit être une "responsabilité partagée". Elle en a pris plus d'un par surprise en annonçant le 24 octobre qu'elle était désormais ouverte à une autorisation pour entre cinq et sept ans.

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La Commission a assuré également que son objectif restait de "trouver une solution qui bénéficie du soutien le plus large possible, qui assure un haut niveau de protection de la santé humaine et de l'environnement, en conformité avec la législation européenne et fondée sur les données scientifiques disponibles".

Partisans et opposants s'affrontent autour de l'évaluation scientifique de la toxicité du glyphosate, depuis la publication en 2015 du rapport du Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé la substance "cancérogène probable", au contraire des agences européennes, l'Efsa (sécurité des aliments) et l'Echa (produits chimiques). Sont venues s'ajouter au débat les accusations d'influence exercée par le géant de l'agrochimie Monsanto sur le contenu des études scientifiques publiées.

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