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Glyphosate : ce qu'il faut savoir de la position de la France sur ce sujet

ÉCLAIRAGE - Nicolas Hulot propose de limiter à "trois ans" le renouvellement au niveau européen du glyphosate, un dossier qui l'oppose à Bruxelles.

Nicolas Hulot et Emmanuel Macron, le 11 octobre 2017 à Paris
Nicolas Hulot et Emmanuel Macron, le 11 octobre 2017 à Paris Crédit : AFP / François Mori
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Julien Absalon
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D'un côté, les écologistes le pressent pour obtenir au plus vite une interdiction. De l'autre, Bruxelles aimerait sans doute qu'il lâche du lest. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a proposé lundi 23 octobre de limiter à "trois ans" le renouvellement au niveau européen du glyphosate. À deux jours d'un vote décisif des États membres de l'UE, le ministre a expliqué sur RTL : "Pendant ces trois ans, on regarderait tout ce qu'on peut trouver en termes d'alternative et aider ceux pour lesquels l'utilisation du glyphosate est indispensable à se pencher sur d'autres pratiques et d'autres techniques".

Le glyphosate, principe actif du produit phare de la firme américaine Monsanto, le Roundup, suscite la controverse en Europe, notamment en ce qui concerne les risques de santé. Le Centre international de recherche sur le cancer (dépendant de l'OMS) l'a classé "cancérogène probable" en 2015.

Cette conclusion scientifique est néanmoins remise en cause, notamment par l'Union européenne qui fait preuve d'une plus grande souplesse par par rapport à la France.

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Paris en première ligne contre Bruxelles

Le renouvellement de la licence du glyphosate est soumis mercredi 25 octobre à un vote auprès des experts des États membres de l'Union européenne. Mi-juillet, la Commission a proposé de renouveler la licence de l'herbicide pour dix ans, alors qu'elle expire fin 2017. Cette recommandation a été établie après consultation de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments, qui considère la substance active comme étant non cancérogène. Pour que la proposition soit validée ou infirmée, une majorité qualifiée est requise, soit 16 États (sur 28) qui représentent au moins 65% de la population totale de l'UE.

Conformément aux propos de Nicolas Hulot, la France a donc manifesté son opposition à une nouvelle autorisation de dix ans. Cette position était, aussi, celle exprimée par le précédent quinquennat. En juin 2016, la ministre Ségolène Royal avait prévenu que la France ne soutiendrait "bien évidemment" pas la position de Bruxelles.

L'exécutif français n'est pas le seul à s'opposer à la Commission européenne. L'Autriche et l'Italie ont également publiquement déclaré qu'elles refusaient une prolongation de cette durée. L'issue du vote demeure toutefois incertaine, selon Bruxelles qui note encore des divisions parmi les 28 pays membres. "Plusieurs" ont apporté leur soutien à l'autorisation décennale, "quelques uns" n'avaient pas encore décidé et "peu" ont affirmé leur intention de s'opposer, selon une porte-parole européenne. Difficile donc de savoir si Paris est en position de force sur ce dossier. "Je ne suis pas trop inquiet. Je n'imagine pas (...) qu'on autorise pour dix ans", a néanmoins déclaré, confiant, Nicolas Hulot.

La stratégie française reste à définir

Si aucune voix de l'équipe gouvernementale a remis en cause le refus de la prolongation pour dix ans, un avis plus nuancé a été exprimé par Stéphane Travert. Le ministre de l'Agriculture, qui a déjà affiché des contradictions avec Nicolas Hulot dans le dossier des pesticides contre les abeilles, se dit favorable à une nouvelle homologation du glyphosate pour une durée de cinq à sept ans.

La France n'a en fait pas encore arrêté de stratégie de fin d'utilisation de l'herbicide. Matignon n'a pas encore tranché entre Nicolas Hulot et Stéphane Travert. Le ministre de la Transition écologique l'a d'ailleurs précisé : "Le gouvernement prendra sa décision, mais l'idée qu'on soit en dessous de cinq ans me paraît plus cohérent pour tout le monde". 

S'il n'y a pas encore de calendrier précis, la limite maximale semble se porter sur 2022. Le Premier ministre Édouard Philippe avait, fin septembre, réaffirmé son "engagement d'obtenir avant la fin du quinquennat des progrès significatifs vers l'interdiction de l'usage des substances dangereuses et vers une agriculture qui sera moins dépendante aux pesticides".

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