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FN et IVG : comment le parti est "piégé sur l'axe des valeurs traditionnelles"

INTERVIEW - Marine Le Pen et Marion Maréchal ont des positions qui divergent sur la question de l'avortement. Une différence qui créé des tensions au sein du FN depuis de nombreuses années.

Marine Le Pen et Marion Maréchal, le 15 novembre 2016
Marine Le Pen et Marion Maréchal, le 15 novembre 2016
Crédit : ERIC GAILLARD / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen et l'IVG. Il n'en faut pas moins pour semer la zizanie au sein du Front national à cinq mois de l'élection présidentielle. Dans le quotidien d'extrême droite, Présent, la députée du Vaucluse a expliqué qu'il "faudra soutenir financièrement les structures qui proposent d'accompagner les femmes isolées et hésitantes" et "revenir sur le remboursement intégral et illimité de l'avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels". Réaction immédiate de la candidate du Front national à l'élection présidentielle : "Le périmètre de l'accès à l'IVG et son remboursement ne font pas partie de (son) programme". 

Contacté par RTL.fr, le chercheur au CNRS et à l'université de Nice, Gilles Ivaldi, estime que "le Front national est piégé sur l'axe des valeurs traditionnelles". Et pour cause, les têtes du parti montent aussi au créneau pour éteindre ce début de polémique. Sur BFMTV, Florian Philippot affirme que Marion Maréchal-Le Pen est "la seule personne qui a dit quelque chose de différent. Cette personne est seule, cette personne est isolée sur cette question. Ce qui compte, c'est ce que dit la candidate à la présidentielle, ce que dit le mouvement, ce que dit le projet présidentiel : pas de remise en cause de l'IVG, remboursement total de l'IVG". 

Des restes de l'électorat catholique traditionnaliste

L'histoire ne s'arrête pas là. Invitée dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin, l'élue frontiste a finalement annulé sa venue, ce mercredi 7 décembre. Gilbert Collard sera reçu à sa place. "Vous savez pourquoi vous êtes invité ? lui demande le journaliste. Parce que Marion Maréchal-Le Pen a refusé mon invitation. Elle était invitée vendredi (...) Marion Maréchal-Le Pen devait venir et tout à coup, j'ai reçu hier un message sur lequel : 'Non, Marion ne peut pas, ce n'est pas possible et tout'". Selon lui, elle ne serait pas venue "pour ne pas parler des avortements et des divergences qu'elle a avec Marine Le Pen".

D'où vient ce flou dans la ligne politique du Front national ? Selon Gilles Ivaldi, le parti se cherche encore sur ce sujet. "Dans les années 80, le Front national a récupéré une partie du vote des catholiques traditionalistes. De nouveaux thèmes ont été imposés comme la famille ou l'avortement. Lorsque Marine Le Pen prend la tête du parti, elle souhaite rompre avec cet électorat dont elle ne fait pas partie". Mais cette rupture s'avère plus délicate que prévue car des tendance différentes se sont créées au sein du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. 

Dédiaboliser ou miser sur le local ?

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"Marion Maréchal-Le Pen est ancrée dans cette culture catholique, et le milieu qui va avec. Elle ne cache pas sa proximité avec La Manif pour tous. Il y a donc une ligne de fracture entre la politique sur la famille prônée par Marine Le Pen et Florian Philippot qui ne veulent pas revenir vers le Front national des années 80. Cela fait aussi partie de la stratégie de dédiabolisation". Contacté par RTL.fr, le Front national n'a pas souhaité répondre s'exprimer sur ces sujets.

En 2012, la présidente du Front national avait essuyé une polémique. Sur France 2, elle déplorait que les "avortements de confort" semblent "se multiplier". Marine Le Pen a ensuite précisé que "les avortements de confort, un terme qui a scandalisé tout le monde alors qu'il est utilisé par les médecins, semblent se multiplier (...) Il y avait une femme sur 10 il y a dix ans, il y a en a 2 sur 10 aujourd'hui qui se servent de l'avortement comme d'un véritable moyen contraceptif", rappelle L'Express. Il s'agit donc d'un "problème de cohérence programmatique" pour le politologue, qui juge que Marion Maréchal-Le Pen joue aussi son ancrage local et territorial. "Sur les terres du Vaucluse, il est plus judicieux pour elle de miser sur la droite traditionnelle en se positionnant sur ces sujets qui leur sont sensibles".

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