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Front national, Debout la République... Pourquoi changer le nom d'un parti politique ?

ÉCLAIRAGE - Le nouveau nom envisagé par le Front national peut être le signe d'une volonté de changement plus profond qu'un simple changement de sigle.

Marine Le Pen
Marine Le Pen
Crédit : PHILILPPE HUGUEN / AFP
Romain Renner
Romain Renner

Selon une rumeur persistante, le Front national envisagerait, sous l'impulsion de Marine Le Pen, de changer de nom. Une option qui ne convient évidemment pas à Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, mais qui peut traduire une véritable volonté d'évolution.

Le début d'une nouvelle ère

Voir le Front national prendre un nouveau nom serait évidemment hautement symbolique. Créé en 1972 et dirigé pendant 29 ans par Jean-Marie Le Pen, le parti pourrait chercher à tourner la page et entamer un nouveau chapitre de son histoire. 

Désormais dirigé par Marine Le Pen, le FN a changé de dimension par le biais de victoires (européennes 2014) et succès électoraux (retour à l'Assemblée nationale et excellent score de sa présidente à la présidentielle en 2012, conquête de plusieurs municipalités et obtention de deux sièges au Sénat en 2014) et une meilleure visibilité.

Désormais représenté par des personnalités telles que Marion Maréchal, Florian Philippot, Louis Alliot, Steeve Briois, Gilbert Collard et David Rachline, le Front national n'est plus incarné par un seul homme, comme ce fut le cas jusqu'au tournant des années 2000.

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Le FN ne serait pas le premier parti à conjuguer ses évolutions avec un changement de nom. En 1969, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) s'allie notamment avec l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche (UCRG) et la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) pour former un grand parti de gauche qui partira à la conquête d'un pouvoir qu'il mettra douze ans à obtenir : le Parti socialiste.

S'affranchir du passé

Un changement de nom peut également s'inscrire dans une volonté de rupture. Dans le cas du Front national, l'ombre tutélaire de Jean-Marie Le Pen ne cessera jamais de planer et, avec elle, une longue liste de polémiques dont les responsables frontistes aimeraient se débarrasser de manière définitive.

Le documentaire Adieu Le Pen, diffusé par France 2 le mardi 14 octobre, montre, par exemple, Jean-Marie Le Pen évoquant sa vision de l'occupation allemande. Le fondateur du FN estime que celle-ci n'a pas été "particulièrement inhumaine", le contraire de ce que pense sa fille. Les cadres du parti savent que le sigle "FN" est associé à ce genre de déclarations dans l'esprit de nombreux électeurs.

Personnifier le mouvement

Le Rassemblement Bleu Marine, présenté aux élections législatives de 2012, permet au Front national de soutenir des candidats au-delà du parti. Cette appellation place également Marine Le Pen au centre de la formation. Si l'utilisation du patronyme du leader d'un mouvement n'est pas obligatoire pour réaliser cette personnification, le changement de nom a servi à plusieurs reprises des intérêts particuliers.

Ainsi l'UNR (1958) a-t-elle été créée pour soutenir le général de Gaulle, à l'instar de son successeur, l'UDR (1967), qui va jusqu'à inclure les tenants du gaullisme de gauche. En 2002, Jacques Chirac rassemble l'UDF - créée en 1978 en soutien à Valéry Giscard d'Estaing - et le RPR pour former l'Union pour une Majorité Présidentielle (UMP, qui deviendra l'Union pour un Mouvement Populaire) et œuvrer pour sa réélection.

Présenter une nouvelle ligne politique

Récemment, Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, a changé son nom, devenant "Debout la France". Une manière de réaffirmer un engagement eurosceptique - NDA veut lutter contre "l'impasse de l'UE". À l'inverse, Les Verts ont notamment accentué leur esprit pro-européen en devenant Europe Écologie les Verts en 2010, au lendemain des élections régionales.

Candidat à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy dit ouvertement vouloir changer le nom de l'UMP. Les explications de l'ancien chef de l'État semblent montrer qu'il souhaite poursuivre tous ses objectifs en même temps en créant une formation élargie capable de porter un projet plus ou moins différent de celui qui est le sien depuis une douzaine d'années et concentrée autour de son leader, qui deviendrait de facto son meilleur représentant en vue des prochaines échéances électorales.

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