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Frondeurs à l'Élysée : "Une fois de plus, Hollande veut faire la synthèse", selon Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Les "empêcheurs de tourner en rond" de la loi Macron ont été invités pour l'apéritif à l'Élysée mercredi 11 mars. "Drôle de message de la part du Président", s'étonne la journaliste.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
Frondeurs à l'Élysée : "Une fois de plus, Hollande veut faire la synthèse", selon Alba Ventura
03:09
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura
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François Hollande a reçu un petit groupe de "frondeurs" à l'apéritif, dans la soirée du mercredi 11 mars. Un rendez-vous qui n'est pas passé inaperçu, alors même que le chef de l'État affirme dans le magazine Challenges qu'il  n'y aura "pas de changement, ni de ligne ni de Premier ministre" en cas de défaite du PS aux départementales.

La réception avec les "frondeurs", c'est du François Hollande tout craché : ne jamais rompre avec personne, employer la méthode douce, même avec ceux qui ne vous facilitent pas la vie.
C'est  très déroutant de voir dérouler le tapis rouge aux ennemis de l'intérieur. Mais François Hollande n'aime pas punir. Il n'aime pas faire de remontrances. Jamais il ne passera un savon à ces socialistes qui ont joué avec le feu sur la loi Macron, il y a à peine deux semaines. Non, il les invite à l'apéro plutôt. Il pense toujours qu'entre trois cacahuètes et une coupette on peut se dire des choses en face, mais gentiment.

Hollande le tacticien

On voit bien ce qu'il y a derrière ces retrouvailles : l'idée du rassemblement. François Hollande n'est pas forcément un grand stratège, mais il a toujours été un assez bon tacticien. On est à deux ans de la présidentielle. Il y aura sans doute un remaniement dans les semaines qui viennent. Le Président estime qu'il faut ramener au bercail quelques brebis égarées.

L'ennui, c'est que l'on se demande ce qu'il est prêt à négocier en échange de leur retour dans la famille.L'ennui, c'est que cela rend furieux les autres socialistes. Un certain nombre d'entre eux n'ont pas pu contenir leur colère. "Les recevoir à l'Élysée, ça les conforte dans l'idée qu'ils sont influents", entend-on. "Grave erreur", dit un ténor PS qui confie que "si un seul frondeur venait à entrer au gouvernement, cela créerait une émeute !" Carrément.

C'est tout Hollande : ne se couper de personne au risque de se fâcher avec ceux sont prêts à se bagarrer pour lui

Alba Ventura
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C'est dire l'état d'exaspération de ceux que l'on appelle les "légitimistes". Ces députés socialistes qui ne font jamais de vagues, qui votent les lois le doigt sur la couture du pantalon et qui estiment que c'est le monde à l'envers. "Vous crachez sur le Premier ministre et vous êtes reçu à l'Elysée, vous trouvez cela normal ?", lancent-ils à l'adresse des "frondeurs".

C'est vrai que l'idée selon laquelle l'indiscipline puisse être sanctionnée par une promotion au gouvernement, ça laisse pantois. Mais une fois encore, c'est tout François Hollande : ne se couper de personne au risque de se fâcher avec ceux sont prêts à se bagarrer pour lui.

Pas le moment de changer de pied

François Hollande souhaite élargir la majorité sans changer de ligne ni de premier ministre, c'est une équation compliquée. Ce n'est pas simple, surtout que tous les clients à l'élargissement - que ce soit les "frondeurs", les Verts, voire des amis de Jean-Pierre Chevènement ou du côté du communiste Robert Hue - sont d'abord des clients au changement de ligne politique.

Sauf qu'il ne peut pas y avoir de zigzag. Il y a quelque planètes bien alignées du côté du système économique extérieur. Tout cela n'éclaire pas encore l'intérieur, c'est-à-dire la France, mais il y a un léger mieux.
Ce n'est pas maintenant qu'il faut changer de pied. Au contraire, il faut poursuivre dans les réformes. Il faut poursuivre notamment sur la réforme du marché du travail. Il faudra se pencher sur la réforme des indemnités du chômage.
Sauf qu'à deux ans d'une présidentielle, à quoi pense-t-on aussi ? À sa réélection. Pour mettre toutes les chances de son côté, on fait quelques gestes. Ce que veut François Hollande, c'est une fois de plus faire la synthèse.

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