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François Hollande : une attaque en règle contre Nicolas Sarkozy

ÉCLAIRAGE - Le président de la République a tenu un discours sur le terrorisme et les valeurs de la République. Il en a profité pour tacler le candidat à la primaire Les Républicains.

François Hollande, le 8 septembre 2016
François Hollande, le 8 septembre 2016 Crédit : Christophe Ena / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il aura répondu coup pour coup. François Hollande a tenu un discours sur "la démocratie face au terrorisme", ce jeudi 8 septembre. Attendu comme une allocution introduisant, sans le dire, une éventuelle candidature à l'élection présidentielle, le président de la République s'est montré ferme et a défendu son bilan. Il a ainsi affirmé que "la démocratie" serait "plus forte que la barbarie qui lui a déclaré la guerre", même si "le combat sera long, éprouvant, difficile". "Pour avoir conduit depuis plus de quatre ans le combat de la République contre un fanatisme meurtrier, je n'ai aucun doute, malgré les épreuves, les drames et les larmes, malgré la peur, l'angoisse et la souffrance, nous vaincrons. La démocratie sera plus forte que la barbarie qui lui a déclaré la guerre", a déclaré François Hollande, pour qui, cependant, "le combat sera long, difficile et éprouvant", explique-t-il. 

Après avoir fait un état des lieux sur la menace terroriste qui pèse sur la France et la guerre "planétaire" engagée, le chef de l'État a attaqué de plein front l'opposition. Le président de la République déclare : "Il y a deux voies pour les démocraties. La première, c'est l'état d'exception (...) et suspendre l'État de droit autant que la menace perdurera. Mais selon François Hollande, "la liberté n'est pas un handicap mais notre premier atout (...) On ne peut pas vivre sans elle". 

"Les arguties juridiques"

Il attaque directement Nicolas Sarkozy en affirmant que "non, les principes constitutionnels ne sont pas des 'arguties juridiques'". François Hollande ironise et demande si la liberté d'expression, la liberté de culte et la présomption d’innocence sont des arguties juridiques. Son prédécesseur avait employé l'expression, après l’assassinat du père Jacques Hamel, estimant que ces "arguties juridiques" freinent la lutte contre le terrorisme. "Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles. Je demande au gouvernement de mettre en oeuvre toutes les propositions que nous avons présentées depuis des mois sans délai", expliquait-il. François Hollande englobe ensuite les candidats à la primaire Les Républicains en critiquant les "surenchères" faites par ceux qui "battent les estrades" pour "mieux se distinguer à l'intérieur de leur camp". 

Le président de la République a répliqué en faisant une énumération des mesures prônées par la droite : "L'imagination prend des tours inquiétants. Pour défendre le droit, il faudrait commencer par l'abaisser, recourir à des internements administratifs dans des camps, enfermer les suspects sans discernement et sans jugement". 

Mise en cause de la sincérité de Nicolas Sarkozy

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Selon Nicolas Sarkozy, lors de l'attentat de Nice, "tout ce qui aurait du être fait n'a pas été fait" pour lutter contre le terrorisme. À cela François Hollande répond que "Nous avons fait en sorte d'agir avec le droit. Nous ne menons aucune opération de guerre préventive. Qui peut dire avec un peu de sincérité que nous n'avons pas tout fait pour protéger nos policiers, nos gendarmes et nos militaires ? Qui peut dire que le ministre de l'Intérieur, dont la solidité et la détermination suscitent le respect, ne se soucie pas de protéger les Français ?".

Pas de loi sur le burkini

À l'antenne de RTL, Nicolas Sarkozy souhaitait venir en aide aux maires en mettant en place une loi interdisant son port à la plage et dans les piscine. "Chez nous, on n'enferme pas les femmes derrière des tissus (...) Pour moi, c'est une provocation d'un islam politique, extrémiste, qui teste la République", insistait-il. François Hollande rétorque en affirmant qu'ils ne veut "pas de législation de circonstance, autant inefficace qu'anti-constitutionnelle". "Nos lois suffisent, il suffit de les appliquer dans toute leur rigueur", ajoute-t-il. 

"Ils pensent que l'élection, c'est la primaire"

Ceux qui participent à la primaire Les Républicains qui aura lieu les 20 et 27 novembre en ont aussi pris pour leur grade. Ses leaders "pensent que le pouvoir est là, à portée de main. Ils y sont, ils s'y installent, ils s'organisent. Ils pensent que l'élection, c'est la primaire, et que le reste n'a plus d'importance, que les Français viendront signer au bas de la page", a déclaré le chef de l'État. "Je veux le dire, au nom du suffrage universel dont je suis finalement, encore jusqu'au mois de mai, le seul qui en ait eu l'onction, je veux leur dire que dans une démocratie, il y a l'élection (...) Ce n'est pas facile, l'élection ! Il faut la mériter, il faut s'y préparer, et il faut respecter les citoyens", a poursuivi François Hollande, faisant aussi, par la même occasion une allusion envers Emmanuel Macron. 

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