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François Hollande : "Ségolène Royal n'est pas majoritaire dans le PS"

Depuis son fief corrézien de Tulle, le premier secrétaire sortant du PS a réservé son premier commentaire à RTL après le vote des militants qui ont placé en première position la motion de Ségolène Royal. La victoire de l'ex-candidate à la Présidentielle "ne lui permet pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste", a déclaré François Hollande, qui avait apporté son soutien au maire de Paris Bertrand Delanoë. Il a appelé les quatre principaux textes arrivés en tête à "chercher ensemble les voies d'un rassemblement".

Jean-Michel Aphatie

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Hollande.

François Hollande : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

La motion défendue par Ségolène Royal est arrivée en tête du vote des militants socialistes, hier soir : 29% des suffrages. S'agit-il d'une victoire pour Ségolène Royal, François Hollande ?

Ce n'est pas le scénario le plus simple, en tout cas, pour le Parti socialiste ; et j'en avais d'ailleurs prévenu tous les protagonistes. C'est vrai que la dispersion si motion - même s'il y en a quatre principales -, une abstention plus forte que précédemment dans des scrutins équivalents de congrès. Tout cela fait qu'aucune motion ne sort aujourd'hui avec plus de 30%.

Ca n'est pas une victoire pour Ségolène Royal ?

Ecoutez, ce n'est pas non plus une défaite. Regardons les choses telles qu'elles sont.

Est-ce que c'est une victoire ?

Ce n'est pas une victoire qui lui permet, aujourd'hui, d'être majoritaire dans le Parti socialiste. D'ailleurs, personne n'est majoritaire dans le Parti socialiste. Et c'est bien là le problème. Et donc l'enjeu pour les socialistes, et d'abord pour les responsables socialistes puisque les militants, ils ont voté - même s'ils auront aussi à voter au lendemain du congrès pour le choix de leur premier secrétaire ; mais la responsabilité de ceux qui dirigent ce parti, l'animent, se sont présentés sur des motions, c'est de faire en sorte qu'ils puissent  y avoir un rassemblement sur une ligne qui soit cohérente, dynamique, mobilisatrice parce que je pense que le Parti socialiste en a besoin, et les Français aussi.

On note parce que c'est éclatant, François Hollande, en vous écoutant, ce matin sur RTL : votre manque absolu d'enthousiasme, voire votre tristesse ou votre déception ?
   
Ecoutez, moi je suis premier secrétaire du Parti socialiste jusqu'au 20 novembre et je fais en sorte que le Parti socialiste soit en ordre de marche au terme de son congrès. C'est vrai qu'il y a des résultats avec un ordre d'arrivée ; mais s'il y avait une motion qui était majoritaire, l'affaire serait réglée.

Aucune ne pouvait être majoritaire, mais il y en a une qui est nettement en tête, François Hollande ?

Aujourd'hui, il y a une motion qui est en tête.

Tout le monde va commenter ce résultat comme une victoire de Ségolène Royal. Tout le monde, sauf vous !

Mais écoutez, qu'on dise que Ségolène a réussi à  être en tête de toutes les motions socialistes, c'est incontestable, elle fait 29 quand ses deux suivants font 25.

Et ça vous déçoit ?

Ah je pense que le problème pour le Parti socialiste, ce n'est pas cet ordre d'arrivée. Le problème (parce que c'est ce qu'ont voulu les militants) le problème c'est comment on donne à ce parti, à mon parti et donc à la Gauche, et donc demain à la force d'alternative, une majorité stable capable de le conduire.

Aujourd'hui, je ne peux pas vous dire quelle va être cette majorité. Je la souhaite autour d'une ligne réformiste, telle que Bertrand Delanoë a défendue et que j'ai soutenue mais qui doit être forcément discutée avec d'autres ; et je souhaite que cette ligne-là puisse être demain la ligne majoritaire du Parti socialiste. A nous tous d'y travailler.

Ségolène Royal n'est pas là votre successeure naturelle avec ce résultat, François Hollande ?

LE successeur ou LA successeure, comme vous dites, viendra au terme du congrès.

C'est pas Ségolène Royal ? C'est pas elle qui est en train de gagner ce congrès ?

Mais aujourd'hui, Jean-Michel Aphatie, on est sur des votes de motion, on n'est pas sur les votes de premier secrétaire, moi je ne sais même pas au moment où nous parlons si Ségolène Royal sera candidate même au poste de premier secrétaire puisqu'elle en avait fait finalement l'annonce disant que ce n'était pas un préalable. Donc, je ne sais pas ce qui va se passer au niveau des candidatures à la fonction de premier secrétaire. Mais aujourd'hui...

Mais vous nous avez .tout le temps dit que ce qui était  important, c'étaient les idées. Alors là, les idées présentées par Ségolène Royal sont gagnantes dans la consultation d'hier soir.

Elles sont premières dans l'ordre d'émotion, mais elles ne sont pas majoritaires. Et tout l'enjeu, permettez-moi de le répéter, c'est de dégager une majorité au Parti socialiste. Sinon (et j'en avais mesuré le risque), ça sera la dispersion, l'éclatement, la cacophonie, il faut une majorité au Parti socialiste. Et donc tous ceux qui peuvent y contribuer doivent le faire dans les jours qui viennent, et si possible avant même que le congrès de Reims ne se tienne, donc dans une dizaine de jours.

Bertrand Delanoë était le grand favori de ce scrutin. Il arrive deuxième ou troisième position. On verra ça tout à l'heure. C'est un échec pour lui, et pour vous donc qui le souteniez ?

Ce n'est pas le score qui était espéré. Donc... Pourquoi y a-t-il eu finalement cette déception ? D'abord parce que quand on est le favori d'une élection, c'est jamais simple. Ensuite, quand on tient : il a eu raison, un discours réaliste, y compris en période de crise, c'est pas le plus forcément attractif dans ces moments-là. Et troisièmement, quand il n'appelle pas l'appui des grandes fédérations parce que j'entends un certain nombre de commentaires ; mais Bertrand Delanoë, c'était le seul qui n'avait pas appui des grandes fédérations. Donc c'était pas forcément le candidat qui pouvait déboucher nécessairement en tête même si je souhaitais qu'il puisse avoir ce résultat et qui ne l'a pas ce matin.

On dit aussi qu'il a fait une mauvaise campagne. Vous partagez ce sentiment ?

Tout ça c'est derrière nous.

Non, c'est juste un commentaire quand même ce matin, non, non. C'est pas derrière nous ?

Il a dans cette période de crise, et je ne lui en fais pas reproche, tenu bon sur la ligne de cohérence, tenu sur la ligne de crédibilité, tenu bon sur la ligne du réalisme. Il ne s'est pas laissé emporter par je ne sais pas quel discours et moi je l'ai soutenu aussi pour ça. Dans un moment qui est compliqué quand même pour notre pays, pour le monde, il faut aussi ne pas se laisser emporter par des mouvements d'humeur. Ah ce n'est pas le plus facile pour convaincre des militants qui eux mêmes sont bousculés et sont chahutés par tout ce qui peut se produire.

Vous suggérez que Ségolène Royal s'est laissé emporter par la mauvaise humeur ?

Non, non je ne dis pas ça. Mais je dis qu'il y a eu quand même quelques facilités d'ailleurs de toutes parts.

Et notamment de celle qui a gagné ?

Mais en tout cas, pas de Bertrand Delanoë. Alors maintenant, il ne s'agit pas simplement de dire : "On a des raisons alors qu'on n'a pas le premier résultat". Ce qu'il faut, c'est travailler à la constitution de cette majorité et c'est aussi ma responsabilité.

Alors précisément ?

Et je l'assume jusqu'au bout.

Précisément, vous souhaitez que Bertrand Delanoë et Ségolène Royal cherchent ensemble une majorité ?

Je pense que tous ceux qui...

Non, non, non... "Tous ceux", ça ne veut rien dire. Est-ce que vous souhaitez que Ségolène Royal et Bertrand Delanoë cherchent une majorité ?

Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et même Benoît Hamon...

Tout le monde alors !

... doivent chercher ensemble les voies d'un assemblement. S'il n'est pas possible, et je vois qu'il y a des différences, différences de conception du parti. Si différences de fond, eh bien il faudra en faire le constat ; mais je le dis...

On n'aura pas de réponse plus précise, ce matin.

Si on n'a pas une majorité avant le Congrès et au plus tard, au soir du congrès, le Parti socialiste annonce des jours difficiles. Et comme je ne le veux pas, pour mon parti, pour la Gauche, je vais faire en sorte que ce parti, le mien, ait une majorité forte, c'est-à-dire se rassemble. Les militants ont dispersé leurs suffrages ; à nous, maintenant, de faire en sorte que nous puissions nous rassembler.

On peut résumer, François Hollande : Vous avez la gueule de bois, ce matin ?

J'ai le souci de trouver une solution pour mon parti ; et donc, je ne suis pas là pour me plaindre d'un résultat. Je l'admets, je le reconnais, il a des significations profondes. Mais je suis là pour trouver une solution pour mon parti et je ne serais pas le seul à la chercher et peut-être, je l'espère, à la définir ensemble autour d'une majorité.

François Hollande, qui n'a pas la gueule de bois, était l'invité de RTL ce matin. Il n'a pas le sourire, non plus ! Bonne journée. Merci.

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