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François Hollande, retraité, n'est plus en marche avec Macron

RÉCIT - Le duo dynamique formé par François Hollande et Emmanuel Macron s'est transformé depuis que ce dernier a pris la tête du pays.

François Hollande et Emmanuel Macron à l'Élysée, le 15 septembre 2017
François Hollande et Emmanuel Macron à l'Élysée, le 15 septembre 2017
Crédit : ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

S'exprimer sur la politique, très peu. Commenter le mandat d'Emmanuel Macron, oui. C'est le raisonnement que semble avoir adopté François Hollande à l'égard de son successeur. La relation entre le mentor et le protégé a bien évolué depuis l'élection présidentielle. Les livres se succèdent pour raconter l'ascension d'Emmanuel Macron et tous font le même constant : François Hollande ne voulait pas la voir. 

L'ancien chef de l'État racontait lui-même dans La Fabrique du Président de Cécile Amara l'instant où son ministre de l'Économie lui annonce qu'il va lancer son mouvement politique En Marche : "Il m'en parle. Je ne le décourage pas. Si son mouvement peut être un facteur d'élargissement, d'enrichissement, de renouvellement - pourquoi pas ? Je pense qu'il était sincère à ce moment-là".

En juillet dernier, fraîchement à la retraite, François Hollande assurait vouloir se mettre en retrait de la vie politique. "C'est à la fois une conception que j'ai de la République et aussi un comportement éthique. Et puis, la relation que j'ai avec Emmanuel Macron... Moi, je ne veux pas être dans cette période-là, pour l'instant, celui qui commente (...) Un ancien président doit garder, notamment dans cette première période, une retenue et une réserve", défendait-il. 

Les "sacrifices" demandés aux Français

Sauf que, depuis, sa relation avec le président de la République s'est dégradée. Selon les informations de L'Opinion, s'il fallait résumer le lien entre les deux hommes politiques, ce serait "Je t'aime, moi non plus". "François Hollande n'a pas la tenue d'un ancien président : il se comporte comme un homme politique, il fait de la politique matin, midi et soir, il ne sait d'ailleurs faire que cela. Il n'y a donc aucune raison qu'Emmanuel rende hommage à sa qualité d'ancien président ou lui fasse l'honneur d'une visite", fustigeait un proche d'Emmanuel Macron dans le quotidien.

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La première intervention de l'ancien président de la République n'est pas passé inaperçu. Fin août, François Hollande assiste au Festival du film francophone d'Angoulême. Devant les caméras de BFMTV, il adresse sans détour un message à son successeur : "Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles. Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures".

"Comment ça se passe avec mon successeur ?"

Avec ces mots, François Hollande marque une rupture avec Emmanuel Macron. À tel point que le locataire de l'Élysée va jusqu'à se méfier du personnel du palais présidentiel. "Ayant plutôt mal vécu la fuite dans la presse du montant de ses frais de maquillage, il aurait 'diligenté une enquête en interne' pour trouver le responsable", raconte Pauline de Saint-Rémy, journaliste au service politique de RTL.

D'ailleurs, Le Canard Enchaîné racontait la visite de François Hollande et Nicolas Sarkozy à l'Élysée afin de fêter l'attribution des Jeux olympiques 2024 à Paris. Celui qui a été élu en 2007 s'est rapidement éclipsé après la cérémonie. Le président élu en 2012 aurait, lui, été surpris par un conseiller "en train d'entreprendre deux huissiers". "Alors, comment ça se passe avec mon successeur ?", aurait-il lancé.

"Cela ne m'empêchera pas de dire ce que j'ai à dire"

L'ancien chef de l'État est devenu l'un des pires ennemis d'Emmanuel Macron. "J’aurais abandonné des promesses au bout de deux mois, j’aurais été étrillé par la presse. Lui, on lui pardonne tout…", aurait confié François Hollande à Jean-Pierre Jouyet, selon Paris Match. Il continue ainsi de distiller ses remarques dans les médias.

Dans un entretien à TV5Monde en août dernier, il réaffirme sa parole libre. "Je suis dans une forme de retrait dû au fait que j'étais président il y a encore quatre mois et je me suis donc astreint à une réserve, que chacun peut comprendre. Mais cela ne m'empêchera pas, à un certain moment, de dire ce que j'ai à dire, sous des formes diverses, sans jamais vouloir empêcher le pays de se redresser", indiquait-il. Selon Bernard Poignant, un compagnon de route, pour l'ex-président, c'était "dur de se taire, je voyais qu'il n'était pas bien". 

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