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François Hollande et le cas Manuel Valls

MOI PRÉSIDENT - Plus apprécié et mieux considéré que le président de la République, le Premier ministre est en passe de devenir incontournable. Il n'en est que plus difficile à gérer.

François Hollande et Manuel Valls
François Hollande et Manuel Valls
Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
Romain Renner
Romain Renner

"J'en ai un peu marre qu'il fasse provoc' sur provoc'. Il tire un peu trop sur la corde". Ces propos rapportés par Le Canard enchaîné seraient ceux de François Hollande. Sa cible ? Manuel Valls. Depuis son entrée au gouvernement, en 2012, l'ancien maire d'Évry fait beaucoup parler de lui par ses prises de position tranchées qui rappellent l'attitude d'un certain Nicolas Sarkozy, un ministre de l'Intérieur qui rêvait lui aussi d'Élysée.

Fort de sa popularité auprès des Français de droite comme de gauche, Manuel Valls a gravi un échelon en étant nommé à Matignon, après le départ de Jean-Marc Ayrault. Plus apprécié que François Hollande - 71% des Français souhaitent qu'il dirige la politique du pays jusqu'à la fin du quinquennat -, son style plus brutal tranche avec la synthèse prônée par le président de la République.

Manuel Valls comme François Fillon ?

Aujourd'hui en position de force, Manuel Valls a les coudées franches pour mener la politique du gouvernement. Une situation qui lui permet d'afficher sans ambiguïté son "amour" pour l'entreprise devant le Medef, au Royaume-Uni et en Allemagne, pendant que la gauche de la gauche fait la grimace.

Le déséquilibre constaté entre Manuel Valls et François Hollande n'est pas sans rappeler ce qu'avaient connu Nicolas Sarkozy et François Fillon, le second devenant plus populaire que son supérieur. Une situation poussée à l'extrême toutefois, le leadership du président de la République n'ayant jamais été remis en question face à son premier ministre.

Quelle tactique suivre ?

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Ainsi François Hollande tente-t-il de reprendre la main face au locataire de Matignon. "Vous aimez citer de grands républicains, vous vous inscrivez dans cette tradition (...) Une des figures qui vous sert de référence, c'est celle de Clemenceau. C'est un personnage controversé, y compris au sein de la gauche française. C'est sans doute pour cela que vous l'utilisez, lance-t-il. Car vous aimez la controverse, à condition qu'elle soit un facteur de débat, de contradiction et en même temps de synthèse. Car il faut aussi qu'il y ait des hommes de synthèse dans la République. C'est très important", lui assène-t-il le 22 octobre dernier en lui remettant la grand-croix de l'ordre national du Mérite.

Une manière ferme de rappeler qu'il reste le seul maître à bord. Un maître qui ne peut cependant pas se passer de son Premier ministre, trop populaire pour être remercié ni même écarté des affaires courantes, les Français souhaitant le voir en première ligne sur les grands dossiers. Reste à savoir si l'Élysée choisira de s'effacer derrière Matignon, quitte à s'en servir de paratonnerre pour se protéger en vue de 2017.

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