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"François Hollande est en quête de gravité", décrypte Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Le Président est pris en étau entre une actualité dramatique (crash dans les Alpes, marche contre le terrorisme à Tunis) et une réalité politique qui le rattrape (chômage, raclée des départementales).

Alba Ventura
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Crédit : Elodie Grégoire
"François Hollande est en quête de gravité", décrypte Alba Ventura
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"François Hollande est en quête de gravité", décrypte Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
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François Hollande était mercredi 25 mars sur les lieux de la catastrophe aérienne dans les Alpes. Le chef de l'État participera dimanche prochain à la marche contre le terrorisme à Tunis. Un calendrier bien chargé pour une semaine électorale ? En fait, c'est un partage des rôles : il y a un premier ministre des élections et un président des émotions.

Il est évident que depuis le début de la campagne des départementales, c'est Manuel Valls qui est au front. C'est le Premier ministre qui a pris le contrôle de la parole dans la séquence électorale. C'est le Premier ministre qui a ferraillé avec Nicolas Sarkozy et avec Marine Le Pen. C'est encore lui qui était sur le devant de la scène au soir du premier tour.

On a beaucoup dit que, pendant ce temps-là,  François Hollande avait investi, lui, le terrain économique, sur l'air de "la reprise est là". En réalité, il est surtout depuis trois mois à la recherche de gravité. Il l'est, en fait, depuis les attentats de Paris contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennnes.

Quelque chose de très mitterrandien

Gravité. Solennité. Comme lorsqu'il confie au magasine Society : "La mort habite la fonction présidentielle". Il y a quelque chose de très mitterrandien dans cette affirmation. En tout cas, cela fait partie de la mythologie présidentielle. Le Président, c'est plus que le "père la Nation", c'est l'être suprême.

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Lorsque François Hollande se rend dans les Alpes sur les lieux du crash aérien avec Angela Merkel et Mariano Rajoy, il veut rééditer d'une certaine façon ce qu'il avait fait lors de la grande marche du 11 janvier. À la différence que ce déplacement en pleine enquête a été très mal perçu par beaucoup de Français.

Mais de son point de vue, il doit être présent dans ces moments de recueillement et de gravité. C'est dans le même esprit qu'il s'envolera dimanche à Tunis, après avoir voté à Tulle.

Certains disent que c'est une façon de détourner l'attention. C'est surtout une façon de s'inscrire dans du positif, pas dans du négatif. C'est l'occasion de présenter une autre image que celle d'un président pris dans la tourmente des élections.

Se détacher de l'obstacle

Lorsque François Hollande décide d'aller à Tunis le jour du vote du second tour, ce n'est pas du calcul politique, mais cela s'oppose à l'image de la gauche qui échoue. Cela lui offre une porte de sortie. L'entre deux-tours de ces élections départementales est un piège qui se referme sur lui.

L'actualité lui permet de s'en échapper, de se détacher de l'obstacle et de prendre de la hauteur. François Hollande essaye de nous parler d'autre chose. À travers ces tristes événements, il espère faire passer des messages de communion, de rassemblement et de vivre-ensemble. D'une certaine manière, il s'inscrit là où il peut gagner des points.

Pourra-t-il réellement échapper à la sanction ? Non, bien sûr. D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que ces dernières semaines François Hollande s'active beaucoup. Il n'a jamais autant consulté, rencontré, bavardé avec les uns et les autres. De l'apéro des frondeurs à l'Élysée, en passant pas les discussions informelles avec les "écolos-compatibles", jusqu'à ce déjeuner mardi avec Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault. Tout y passe !

Une équation difficile

On bichonne, on chouchoute, on écoute. Il faut bien commencer par là pour créer les conditions du rassemblement de la famille de gauche, pour tenter de repartir à l'assaut de la présidentielle. Sauf que cette bataille qui consiste à faire de François Hollande le pivot de la majorité, on n'y est pas encore.

Sans parler de l'autre bataille : celle contre le chômage. Les derniers chiffres sont venus le rappeler : on est encore loin du compte.

Au fond, il y a toujours cette équation très difficile à résoudre, entre un président qui essaie de prendre de la hauteur, et un François Hollande qui cherche à redevenir le centre de gravité de la majorité.

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