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François Hollande est de retour (et cela n'a rien d'un hasard)

DÉCRYPTAGE - L'ancien président de la République n'a pas hésité à sortir du silence pour rappeler son bilan et surtout mettre en garde Emmanuel Macron.

François Hollande à Angoulême, le 22 août 2017
François Hollande à Angoulême, le 22 août 2017
Crédit : Yohan BONNET / AFP
Marie-Pierre Haddad

Le Festival du film francophone d'Angoulême a pris une tournure politique inattendue. Présent à l'événement, François Hollande a tenu à adresser un avertissement à Emmanuel Macron. "Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles. Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures. Ce qu'il faut, c'est conforter le mouvement qui est engagé avec l'investissement, la consommation, le pouvoir d'achat et éviter toutes décisions qui viendraient contrarier ce mouvement qui est engagé", a-t-il expliqué sur BFMTV.

François Hollande rompt ainsi le silence auquel il s'était astreint. Le 21 juillet dernier à Arles, l'ancien président de la République expliquait vouloir se mettre en retrait de l'actualité politique : "C'est à la fois une conception que j'ai de la République et aussi un comportement éthique. Et puis, la relation que j'ai avec Emmanuel Macron... Moi, je ne veux pas être dans cette période-là, pour l'instant, celui qui commente (...) Un ancien président doit garder, notamment dans cette première période, une retenue et une réserve". 

Un calendrier estival propice

Mais ça, c'était avant. Depuis, François Hollande a méticuleusement planifié son retour sur la scène médiatique. Le 17 août dernier, Le Point révélait que l'ancien locataire de l'Élysée n'avait pas abandonné le Parti socialiste et continuait de recevoir les déçus de la présidentielle. "Il voit tous ceux qui vont jouer un rôle dans le congrès", confiait une source. Il aurait notamment reçu l'ancien ministre Matthias Fekl et un proche de Jean-Christophe Cambadélis, Rachid Temal. Le Lab note de son côté qu'il n'était pas question pour lui de recevoir les frondeurs

Son intervention résulte aussi du calendrier. Les ministres du gouvernement d'Édouard Philippe sont en vacances et ne rentreront que la semaine prochaine. Idem pour les députés. Autre point : La République En Marche n'organise pas d'université d'été ou d'événements auprès de ses militants. "Les Hollandais ont décidé de marquer eux-mêmes la rentrée politique", note Olivier Bost, journaliste politique de RTL. D'autant plus que l'université d'été du Parti socialiste commence ce 23 août à La Rochelle et se terminera trois jours plus tard.

Hollande plus présent que jamais pour défendre son bilan

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Le retour sur la scène médiatique de François Hollande a aussi été marqué par le renforcement des arguments visant à défendre son bilan à la tête du pays. Le successeur de Nicolas Sarkozy a tenu à rappeler que "les résultats sont là, ils étaient d'ailleurs apparus dans les derniers mois du quinquennat et sont d'autant plus manifestes aujourd'hui. On a vu qu'à partir de 2015, la croissance était revenue, le chômage avait commencé à diminuer et j'en suis heureux pour mon pays".

Il a ensuite ajouté : "Ce qui compte, ce n'est pas simplement d'avoir les lauriers, même s'il y a eu aussi, avant les compliments, beaucoup de reproches. C'est aussi de pouvoir faire en sorte que les Français puissent avoir des conditions de vie meilleures. C'est ce qui m'a motivé, mobilisé, tout au long de ce quinquennat". Et toujours dans l'objectif de soigner la communication autour de son mandat, l'ancien chef de l'État rappelle avoir "hérité d'une situation très difficile qui était celle de la crise". "Mon successeur a une situation meilleure mais tant mieux", conclut-il.

La charge médiatique ne s'arrête pas là car une interview de François Hollande sera diffusée ce soir sur TV5Monde. Le prédécesseur d'Emmanuel Macron prévient : "Je suis dans une forme de retrait dû au faut que j'étais président il y a encore quatre mois et je me suis donc astreint à une réserve, que chacun peut comprendre. Mais cela ne m'empêchera pas, à un certain moment, de dire ce que j'ai à dire, sous des formes diverses, sans jamais vouloir empêcher le pays de se redresser". L'ancien président de la République reviendra une fois de plus sur les mesures politiques et économiques de son successeur Emmanuel Macron, "qui sont les résultats du travail mené à l'Élysée"

Sans oublier le PS et les alliés de toujours

Comme pour venir appuyer les propos de François Hollande, le Parti socialiste a indiqué dans un communiqué que le "redressement du pays était le produit des efforts des Français et des décisions prises pendant cinq ans par François Hollande et les gouvernements socialistes successifs. En toute logique, les résultats macroéconomiques des mois à venir seront à mettre à leur crédit. Cependant, cette croissance ne se maintiendra que si le gouvernement actuel est capable de voir l'impasse dans laquelle ses premières décisions risque de nous mener" . 

Fidèles parmi les fidèles, Stéphane Le Foll est à son tour monté au créneau sur BFMTV : "On s'aperçoit que la croissance et la reprise sont là. La France va mieux. J'avais dénoncé dès le mois de juillet la manière dont étaient présentées les questions budgétaires en disant : 'C'est la faute du gouvernement précédent'. Dire : 'On est obligé de faire des sacrifices parce qu'il y a une situation qui est complètement dégradée' ne tient plus. S'il y a des sacrifices qui sont demandés c'est parce qu'il y a d'autres raisons, politiques".

François Rebsamen, ancien ministre du Travail, a aussi tenu à saluer le mandat de François Hollande. À l'antenne de RTL, il indiquait que "les mesures qui ont été prises sous le quinquennat de François Hollande portent leurs fruits aujourd'hui. On le voit : la croissance va atteindre un niveau qu'elle n'a pas atteint depuis 2010 ou 2011. Il y a toujours un décalage entre les mesures qui sont prises et leur effet direct sur l'économie".

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