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"François Hollande essaie d'habiller une déchéance de nationalité qui fait mal à sa gauche", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La déchéance de nationalité n'en finit pas de diviser à gauche. François Hollande a promis d'en "discuter". Qu'est-ce que cela signifie ?

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"François Hollande essaie d'habiller une déchéance de nationalité qui fait mal à sa gauche", dit Alba Ventura Crédit Image : Alba Ventura | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

"En discuter", cela veut dire que François Hollande veut convaincre son camp que c'est ce qu'il faut faire. Cela veut dire qu'il sait qu'il ne peut pas passer en force contre sa majorité à un an et demi de la présidentielle. "En discuter", ça veut dire faire de la politique. Dans cette affaire il y a le droit, mais il y a aussi et surtout la politique. Le chef de l'État est face à une partie de sa gauche qui pense que la déchéance de nationalité, c'est une mesure de droite, une mesure de Nicolas Sarkozy (même si là-dessus, il n'a plus beaucoup d'états d'âme). Il également face à une gauche qui pense aussi qu'il y a un problème avec les valeurs même de la gauche, que la déchéance de nationalité pour les binationaux remet en cause le droit du sol. C'est la position d'une des ministres les plus en vue du gouvernement : Christiane Taubira.

François Hollande est en face d'une gauche qui explique que si on applique la déchéance de nationalité aux binationaux, on va créer deux catégories de Français. Il va y avoir les "Français-français" d'un côté, et les "Franco-quelque-chose" de l'autre. Pour parler cru, il y aurait les "Français-gaulois" d'un côté, et les Franco-algériens, les Franco-marocains, les Franco-tunisiens. Voilà ce que cela veut dire, même si personne ne le dit tout haut. Sauf que la question, ce n'est pas celle-là. Il ne s'agit pas de faire une différence entre les Français et les bi-nationaux. Il s'agit de faire la différence entre les Français et les terroristes, qu'ils soient Français ou qu'ils aient la double nationalité. C'est cela la différence qu'il faut faire.

François Hollande ne peut pas passer en force contre sa majorité à un an et demi de la présidentielle

Alba Ventura
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On voit bien que cela fait faire des circonvolutions au cerveau du chef de l'État. Pour ne braquer personne, l'idée avancée lundi 4 janvier consiste à étendre la déchéance de nationalité à tous les Français, histoire de ne pas faire de différence. Sauf qu'il va falloir examiner la possibilité ou pas de rendre apatride un Français terroriste, sachant que l'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme dit que toute personne a droit à une nationalité. On avance alors une autre idée : l'indignité nationale.

François Hollande essaie d'habiller cette déchéance qui fait mal à sa gauche. Mais il n'oublie pas quand même qu'il en a fait l'annonce depuis la tribune la plus prestigieuse de la République, le Congrès de Versailles. Il n'oublie pas non plus que 90% des Français sont favorables à cette mesure. Comme le dit Manuel Valls, "s'il y a une manœuvre quelconque à gauche ou à droite pour empêcher d'aller jusqu'au bout sur la déchéance de nationalité, la réaction des Français sera terrible". Même si tout le monde sait que ce n'est qu'une mesure symbolique. Parce qu'un type qui a déjà passé deux ans en Syrie et qui a décidé de se faire sauter en France, ça fait bien longtemps qu'il ne se sent plus Français.

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