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François Hollande dans "Bild" : "Ce n’est pas en enlevant la nationalité que l’on peut combattre le terrorisme"

Dans le quotidien allemand "Bild", le chef de l'État revient sur l'abandon de la réforme constitutionnelle et de sa mesure controversée, la déchéance de nationalité.

Le président François Hollande le 29 avril 2014.
Le président François Hollande le 29 avril 2014. Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Quand François Hollande reprend les arguments des opposants à l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution. Une semaine après l'abandon de la réforme constitutionnelle, faute de majorité suffisante pour l'adopter, le chef de l'État revient sur cet échec à l'occasion d'une interview publiée mercredi 6 avril dans le journal allemand Bild. Selon lui, cette mesure controversée "était un symbole" visant à répondre à la question : "Comment admettre qu'un Français puisse tuer d'autres Français parce qu'ils sont français ?" Mais il reconnaît ensuite : "Ce n'est pas en enlevant la nationalité que l'on peut combattre le terrorisme. C’est en luttant contre les racines mêmes de la radicalisation et de la haine".

Le président de la République considère ainsi qu'il est "nécessaire de lutter avec encore plus d'ampleur et de moyens contre les ghettos et la discrimination". Il souligne que le danger de la radicalisation se trouve partout, "que ce soit sur Internet, dans les moquées ou dans les lieux" et qu'il concerne non seulement "les familles musulmanes" mais aussi "des convertis".

Le retard "insupportable" de l'Europe

Au cours de ce long entretien, François Hollande ne cache pas son agacement vis-à-vis des lenteurs décisionnelles de l'Union européenne, notamment sur l'absence de fichage continental des jihadistes et autres personnes potentiellement dangereuses. "Il y a du retard et c'est insupportable. C’est le problème majeur de l’Europe. Elle prend souvent trop de temps pour décider. À la fin, l’Europe arrive toujours à trouver une solution. (...) Mais le temps perdu est de plus en plus coûteux".

Pour lutter efficacement contre le terrorisme, François Hollande liste toute une série de mesures : "D'abord l'identification des personnes dangereuses et la centralisation des informations, les contrôles systématiques aux frontières de l'Europe et l'échange des données des passagers aériens (PNR européen). Enfin, la lutte contre le trafic d'armes et le blanchiment".

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Le chef de l'exécutif estime cependant que cela ne doit pas suffire et que l'une des "priorités" doit être "l'Europe de la Défense", un projet qui n'a jamais véritablement abouti. "L'Europe ne peut pas attendre que d'autres règlent le problème à sa place. Elle doit assurer sa défense et s'organiser pour lutter contre le terrorisme, mieux que nous ne l'avons fait jusqu'à présent".

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