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François Fillon sur RTL : "Evitons les remarques désagréables sur les syndicats"

VIDEO - Le Premier ministre a répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. François Fillon a affirmé qu'il fallait "éviter toutes les remarques désagréables à propos des syndicats", ajoutant ne pas aimer "qu'on critique les syndicats en tant que tels" car ils "sont nécessaires au fonctionnement de l'économie et du système social français". Comme on lui faisait remarquer que cela pouvait apparaître comme une critique de Nicolas Sarkozy, il a ajouté : "C'est mon opinion et je l'ai toujours défendue. Personne ne sera surpris que je la défende à nouveau". François Fillon a par ailleurs indiqué qu'il n'y avait "aucune trace d'un mandat international" visant l'ex-dignitaire libyen proche du colonel Kadhafi Bachir Saleh, qui vit en France et est recherché par Interpol pour fraude.

François Fillon sur RTL le 17 février 2012
François Fillon sur RTL le 17 février 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Fillon.

François Fillon : Bonjour.

Nous sommes à six jours du second tour de l'élection présidentielle, la tendance est à la défaite de Nicolas Sarkozy, qu'est-ce qui peut inverser cette tendance ?

La tendance et les sondages n'est-ce pas...

L'air du temps aussi, vous ne le ressentez pas ?

Je ne sais pas... Je n'ai jamais pensé que l'air du temps était un indicateur du résultat des élections, la seule chose que je vois c'est que Nicolas Sarkozy et François Hollande sont aux coudes à coudes, ce qui est déjà, compte tenu des difficultés qu'Alain Duhamel vient d'expliquer de la crise de ce qui s'est passé dans les autres pays européens du fait que François Hollande était l'immense favori des sondages ce qui est déjà en soi quelque chose d'inattendu.

Il y a des réserves d'électorat mobilisé, il y a des français qui ne sont pas allé voter, on est en train de faire tout ce qu'il faut pour qu'ils viennent voter dimanche et ma conviction c'est que ça n'est pas joué.

Marine Le Pen, dans le "Midi Libre" : "Nicolas Sarkozy n'a pas respecté mes électeurs"...
 
Oui, mais Marine Le Pen est dans un combat depuis toujours et son père avant elle contre la droite, contre le centre, contre nous...

Vous pensez qu'elle souhaite la défaite de Nicolas Sarkozy ?

Mais évidemment, mais bien sûr, le Front National a toujours été depuis qu'il existe un handicap pour la droite et un atout pour la gauche ; donc le discours de Marine Le Pen n'est pas nouveau. Mais je ne crois absolument pas que les 18% de français qui ont voté pour elle soient dans cet était d'esprit.

Jusqu'ici jamais l'UMP n'avait défilé le 1er Mai, bien entendu comme tout citoyen...

... On ne va pas défiler.

Vous allez faire un rassemblement au Trocadéro. Vous en serez bien sûr, François Fillon.  Quel est le sens de cette vraie fête du travail comme l'appelle Nicolas Sarkozy, la vraie fête du travail ?

D'abord il y a quinze jours de campagne entre les deux tours, il n'y a aucune raison de laisser le 1er Mai nos électeurs au repos, on doit les mobiliser.  Deuxièmement, il ne vous a pas échappé que certaines organisations syndicales au mépris de toutes les règles qui prévalaient jusque-là ont appelé à voter contre Nicolas Sarkozy, c'est le cas notamment de la CGT.

Uniquement la CGT...

Oui enfin, c'est déjà beaucoup, c'est une grande organisation syndicale. Par ailleurs, vous savez que le 1er Mai est aussi une journée qui est utilisée par le Front National pour mobiliser ses propres forces. Nous avons estimé qu'il n'était pas souhaitable de laisser le champ libre, ni à une organisation syndicale qui a décidé de combattre le Président de la République ce qui ne me paraît pas être une attitude conforme à l'idée que je me fais du rôle d'un syndicat et deuxièmement de laisser à Madame Le Pen le champ libre.

Donc nous allons faire un rassemblement qui va nous permettre de défendre les positions qui sont les nôtres sur le travail, les propositions que nous faisons sur la compétitivité de l'économie française, d'opposer la conception du partage du travail, de la réduction du travail de François Hollande à la nôtre, ce sera l'occasion pour le Président de la République d'un beau discours sur cette question du travail qui est au cœur des difficultés que rencontre la France aujourd'hui.

C'est évidemment important, mais la vraie fête du travail, ça sonne désagréablement à certaines oreilles. François Chérèque, secrétaire général de la CFTD, dans "Libération" ce matin : "Le discours de division de Nicolas Sarkozy est devenu insupportable".

Je regrette les positions que prend François Chereque. J'ai beaucoup travaillé avec lui. On est à l'origine d'un accord d'une réforme ensemble. Pendant tout le quinquennat qui va se terminer, nous avons eu un dialogue social exemplaire. Il y a eu des accords de signés par les partenaires sociaux comme jamais. On a fait évoluer les règles du dialogue social. Je trouve que tout cela est dommage que cette crispation...

Alors que François Chrérèque ne partage toutes les convictions de Nicolas Sarkozy, chacun sait que François Chérèque est plutôt de gauche, mais il est le patron d'une grande centrale syndicale sur lequel pour ma part je mise pour l'avenir parce que je pense qu'on a vraiment besoin d'une évolution du syndicalisme français et la CFDT a montré le chemin vers un syndicalisme réformiste. Si on veut demain se rapprocher des performances des pays nordiques, se rapprocher des performances de l'Allemagne, on a besoin d'avoir un grand syndicat ou des grands syndicats réformistes et de dialoguer avec eux donc je trouve que François Chérèque devrait se tenir à l'écart de ce débat et nous de notre côté nous devrions éviter toutes les remarques désagréables à propos des syndicats.

Vous visez les propos de Nicolas Sarkozy...

Je n'aime pas que l'on critique les syndicats, en tant que tel. Je comprends qu'on critique François Chérèque quand il attaque Nicolas Sarkozy. Je comprends qu'on critique la CGT quand elle décide de prendre position contre un candidat à l'élection présidentielle. Je n'aime pas qu'on critique les syndicats, parce que les syndicats sont nécessaires au fonctionnement de l'économie et du système social français.

Ce que vous dites François Fillon pourrait être perçu comme une critique de certains passages, de certains discours de Nicolas Sarkozy...

C'est mon opinion, et je l'ai toujours défendue et personne ne sera surpris que je la défende à nouveau.

Et nous sommes heureux que vous ayez pu le faire ce matin sur RTL.  Dans ce contexte, le document cité par le site Médiapart suscite la polémique. Le colonel Kadhafi a-t-il fait verser 50 millions d'euros pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Vous avez dit hier, François Fillon, que ce document, selon vous, était probablement un faux. Ne serait-il pas plus simple, pour en être sûr, que le parquet de Paris ouvre une enquête, pour vérifier l'authenticité ou non de ce document et de ce qu'il contient ?...

D'abord il faut bien voir que l'on est en face d'une manipulation insupportable mais qui n'est pas nouvelle.  A sept jours des élections, un organe qui se prétend être de presse, je dis qui se prétend, parce que ce sont des méthodes qui sont des méthodes qui ne correspondent pas à l'éthique normale d'un journalisme... A sept jours d'une élection présidentielle, d'un choix aussi fondamental pour le pays, on ne jette pas sur la table en sachant que personne ne pourra répondre, un document dont tout indique qu'il est faux et qu'il est calomnieux si on a des informations.  D'abord pourquoi à sept jours...

... Peut-être qu'il est vrai, peut-être qu'il est faux...

Moi je suis certain qu'il est faux, oui je suis certain parce que j'ai vécu la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, je sais que l'on n'avait 50 millions d'euros pour en dépenser 20, et je connais les relations qui étaient les nôtres, qui étaient celles de la France avec le colonel Kadhafi à cette époque, tout ça n'a absolument aucun sens mais ce qui est plus grave c'est que la manipulation est avérée. Et d'ailleurs, monsieur Plenel est un récidiviste puisqu'il a fait la même chose avec le parti socialiste, souvenez-vous, il était journaliste au "Monde", il avait publié un document qui indiquait que le parti socialiste avait été financé par le général Noriega. Ce document était un faux. "Le Monde" avait dû s'excuser auprès de ses lecteurs et du parti socialiste, monsieur Plenel lui ne s'était évidemment pas excusé, il n'a pas de peine plancher pour les récidivistes dans ce domaine mais c'est dommage.  Mais si monsieur Plenel a des documents qu'ils les remettent à la justice, pourquoi est-ce qu'il ne les remet pas à la justice ? 

Mais la justice connait leur existence... Pourquoi ils n'ouvrent pas une enquête ?  En tant que citoyen et responsable politique, est-ce que vous le souhaiteriez ?

Mais bien sûr, il y a une accusation qui est portée, il y a un document qui est sur la table, qu'il y ait une enquête, mais vous voyez bien que la manipulation qui est engagée ne permet en aucun cas à la justice de faire la lumière avant l'élection présidentielle donc c'est bien une manœuvre politique, destinée à faire battre le Président de la République, je dis que ça n'est pas un comportement de journaliste, c'est bien ce que j'ai dit hier, c'est un comportement d'officine.

Le destinataire de cette note, dont on ne sait pas si elle vraie ou fausse, aurait été l'ancien directeur du cabinet du colonel Kadhafi,  Bachir Saleh. Il a démenti pour sa part, Bachir Saleh, avoir reçu cette note mais, lui qui est recherché par Interpol, on l'apprend au détour de cette histoire, vit en France à Bourg-en-Bresse, écrit par exemple 'Libération' ce matin. Confirmez-vous cette information ?

Tout ça n'est exact, monsieur Apathie.  D'abord, vous dites qu'il est recherché par Interpol : nous nous n'avons aucune trace d'un mandat international à l'égard de monsieur Bachir Saleh...

... C'est ce que la presse écrit depuis samedi...

Oui, mais j'imagine que le gouvernement serait au courant.  Deuxièmement, il a un passeport diplomatique du Niger. Et à ce titre, il est protégé par l'immunité diplomatique. Il fait actuellement des allers et retours entre le Niger et la France. Si, naturellement, il y avait un mandat international contre lui, la France le mettrait à la disposition de la justice après un échange avec le Niger qui est nécessaire, compte-tenu de son état de diplomate.

Votre activité gouvernementale se terminera dans quelques jours François Fillon, quelle que soit l'issue de l'élection. Vous deviendrez député de Paris, si les électeurs en décident ainsi aux élections législatives  qui suivront...

... Absolument, il y a une campagne électorale avant et une élection.

Serez-vous intéressé après par la direction de l'UMP ?

Je m'interdis de répondre à cette question, monsieur Apathie, tant que l'élection présidentielle n'est pas passée, pour une raison très simple d'ailleurs : c'est que le résultat de l'élection présidentielle change considérablement la donne après le deuxième tour de l'élection présidentielle. Donc chaque chose en son temps, chaque haie l'une après l'autre.

Si vous ne répondez pas non à la question, on va en déduire que c'est oui ?

C'est votre méthode d'interview, qui est d'ailleurs assez efficace je reconnais. Vous voulez toujours avoir le dernier mot. Mais en l'occurrence, je ne vous répondrais pas.
2012 et vous OK

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2012-04-30 08:01:00
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