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Présidentielle 2017 : ministres, présidence LR... les chantiers qui attendent Fillon

ÉCLAIRAGE - Le candidat de la droite est déjà à pied d'oeuvre pour mettre en place sa campagne en vue du premier tour de l'élection présidentielle.

François Fillon le 25 novembre 2016 à Paris.
François Fillon le 25 novembre 2016 à Paris. Crédit : Francois Mori/AP/SIPA
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Julien Absalon
Journaliste RTL

Après plusieurs mois d'une campagne éprouvante, l'heure n'est pas au relâchement pour François Fillon. À cinq mois de la présidentielle, l'ancien premier ministre, vainqueur de la primaire de la droite et du centre, doit mettre la campagne derrière lui et regarder de l'avant. Désormais grand leader de la droite, il a les mains libres pour façonner Les Républicains comme il le souhaite afin de travailler sereinement en vue de 2017. Dans le même temps, il faudra discuter avec les juppéistes déçus puis les centristes pour s'assurer que le rassemblement aura bien lieu.

François Fillon doit s'atteler dès maintenant à la composition du futur gouvernement, qu'il nommerait en cas de victoire en mai prochain. Là encore, les enjeux politiques sont nombreux, compte tenu des ralliements qui se sont opérés entre les deux tours de la campagne et du fait qu'il va falloir, cette fois, convaincre une majorité de Français et pas seulement les électeurs de droite.

La présidence des Républicains

Désormais leader incontestable de la droite, François Fillon va donc pouvoir remodeler à sa façon le parti Les Républicains, comme le prévoient les statuts. Président intérimaire depuis fin août, date de la candidature de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez est sur la sellette. Sarkozyste de la première heure, soutien du Sarthois pour le second tour, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes risque bien d'être éjecté. Il ne cache néanmoins pas son souhait de rester à son poste. "J'aime ce que je fais", a-t-il confié ce lundi 28 novembre sur RTL

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Même si écarter Laurent Wauquiez pourrait envoyer un mauvais signal dans l'optique du rassemblement, le siège pourrait bien revenir à un filloniste. Plusieurs noms sont évoqués pour être le "président qui fait le job", comme l'explique l'entourage de François Fillon. La première hypothèse envisagée était Bruno Retailleau. Sa double casquette de président de région (Pays de Loire) et du groupe Les Républicains au Sénat joue en sa défaveur. "Ça suffit très largement à mon bonheur", a-t-il reconnu sur RTL, laissant entendre que le poste ne l'intéressait pas. Le choix pourrait finalement se porter sur Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie et ancien président de l'Assemblée nationale.

Outre le poste de président, c'est l'ensemble de l'organe politique qui pourrait subir des modifications. D'après l'Obs, le poste de directeur général du parti devrait revenir à Patrick Stefanini, qui a été aux commandes de la campagne victorieuse.

Quels ministres ?

Si François Fillon va à l'Élysée, qui l'épaulera à Matignon ? Difficile pour l'heure de voir un nom de se dégager de la liste. Fera-t-il confiance à l'un de ses fidèles lieutenants comme Gérard Larcher ou Bruno Retailleau ? Ou bien misera-t-il sur Bruno Le Maire, qui a plusieurs fois assuré qu'il ne serait le premier ministre de personne, voire Xavier Bertrand, qui ne s'est pas prononcé pendant la campagne mais a félicité le vainqueur du scrutin ?

Durant la campagne, François Fillon a fait savoir qu'il désignerait les principaux ministres environ quatre mois avant l'élection présidentielle. "C’est la condition nécessaire pour que les ministres puissent se préparer aux lourdes responsabilités qui leur seront confiées et réussissent dans leur mission", indique-t-il sur son site internet. Son gouvernement envisagé devrait être composé d'une quinzaine de membres seulement, selon ses promesses, et devrait inclure des personnalités issues de la société civile. Le Parisien avance ainsi que le PDG de la Fnac, Alexandre Bompard, ou encore l'ancien dirigeant d'Axa, Henri de Castries, sont cités pour obtenir un portefeuille ministériel.

Les négociations avec le centre

Si François Fillon a nettement convaincu l'électorat de droite, la donne est toute autre pour le centre. Pour espérer arriver au premier tour de la présidentielle sans risquer d'être affaibli, François Fillon va vraisemblablement devoir négocier avec le centre, qui semble plus que jamais divisé face à cette nouvelle donne. "Il n'a jamais été question d'exclure les centristes de la majorité. Ils y auront toute leur place", avait déclaré le député de Paris.

Pendant que Rama Yade, candidate à la présidentielle, dénonçait un "fiasco" sur son compte Twitter, Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, a clairement exprimé au soir du second tour ses "différences" avec l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy. "J'ai bien entendu, entre les deux tours, François Fillon exprimer sa volonté de rassembler aussi le centre derrière sa candidature. C'est la raison pour laquelle, je proposerai dès mardi (29 novembre) aux instances de l'UDI d'engager avec François Fillon une discussion pour élaborer un projet législatif commun, notamment sur l'Europe, l’éducation, l'emploi, la sécurité sociale et l'environnement.

François Fillon va aussi devoir se pencher sur la problématique François Bayrou. Le patron du MoDem avait toujours indiqué qu'il pourrait prendre ses responsabilités en cas de défaite d'Alain Juppé. Le centriste a d'ailleurs partagé ses doutes à l'annonce de la victoire filloniste : "Ce programme pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent. Ces questions devront trouver réponse".

Les investitures pour les législatives

Les négociations avec les centristes vont sans doute faire partie du chantier des investitures aux législatives. "Il y aura une marge de négociation en fonction de leur adhésion à mon projet. C'est l'union autour du projet qui fait les alliances solides", a déjà fait savoir François Fillon. L'enjeu est important car les investitures dans 80 circonscriptions n'ont toujours pas été examinées et validées par la très stratégique commission d'investiture du parti. Cette dernière, actuellement présidée par Christian Estrosi, devrait sans doute être récupérée par un filloniste.

Enfin, la candidature à la présidentielle de François Fillon pose la question de sa succession dans la deuxième circonscription de Paris. Pour l'heure, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement de Paris, tient la corde pour récupérer le siège. Tout cela sera en tout cas arrêté et officialisé le 14 janvier prochain, lors d'un Conseil national des Républicains.

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2016-11-28 13:01:00
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