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Mariage pour Tous, fonctionnaires, temps de travail... Ce que contient le programme de Fillon

ÉCLAIRAGE - Le candidat a réussi un véritable tour de force en remportant la primaire de la droite et du centre.

François Fillon, le 18 novembre 2016
François Fillon, le 18 novembre 2016 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Le courage de la vérité". C'est le slogan choisi par François Fillon pour la primaire de la droite et du centre. L'ancien premier ministre a créé la surprise en arrivant en tête du scrutin et en devançant largement Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Selon les chiffres actualisés en temps réel par la Haute Autorité, celui qui a défié les sondages cumule 44,1% des voix, contre 28,3% pour Alain Juppé, 20,9% pour Nicolas Sarkozy. Chez les autres candidats, Bruno Le Maire obtient 2,5% des voix, Nathalie Kosciusko-Morizet 2,5%, Jean-Frédéric Poisson 1,4% et Jean-François Copé 0,3%.

Le vainqueur de ce premier tour a pris la parole et a tenu à préciser que "ce premier tour des primaires a été un remarquable succès populaire. Depuis des mois et des mois, je trace mon sillon, je ne dévie pas dans ma marche. Elle est orientée vers l'intérêt de mon pays que j'aime de tout mon cœur". il affirme ainsi que sa campagne va continuer à s'intensifier. De son côté Alain Juppé, qui a été victime d'une rumeur annonçant qu'il allait se retirer du scrutin a affirmé avec force : "J'ai décidé de continuer le combat". De 3,9 à 4,3 millions de personnes auraient participé à la consultation, selon une projection Elabe à la fermeture des bureaux de vote à 19h. Le premier tour de la primaire socialiste avait réuni, en 2011, 2,66 millions de participants. 

Augmenter le temps de travail

François Fillon souhaite une remise en question des 35 heures, comme il l'explique sur son site. "Il y a bien un jour où il faudra payer notre dette et réduire notre déficit. Cela suppose de travailler un peu plus et d'être plus compétitif" expliquait-il à l'antenne de RTL. Cependant, il précise qu'il n'est "pas question de demander de travailler 39 payées". Selon le grand vainqueur du premier tour de la primaire de la droite et du centre, une réforme du Code de Travail doit être effectué. L'ancien premier ministre appelle ainsi à la mise en place de "négociations" au sein de la fonction publique.

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Comme l'explique Le Point, François Fillon "introduirait un nouveau motif aux procédures de licenciements collectifs : le motif de 'réorganisation'". Concrètement, "les entrepreneurs pourront procéder à des licenciements collectifs à peu près à leur guise avant que la chambre sociale de la Cour de cassation ne précise les contours de ce nouveau motif", ajoute l'hebdomadaire.

"Il faut pouvoir passer par-dessus les syndicats"

Les manifestations contre la loi Travail avaient atteint un point de non retour avec de nombreuses arrestations et des blessés lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants. En juin dernier, François Fillon dénonçait un "comportement presque factieux" qui va à l'encontre des "règles de la démocratie". L'ancien chef du gouvernement de Nicolas Sarkozy considère que les manifestations contre la loi adoptée par l'utilisation d'un 49.3 n'était que dans le but de "protéger le dernier avantage" des syndicats. 

"Ils sont terrorisés à l'idée que les salariés puissent négocier directement avec la direction des entreprises parce que ça fera la démonstration qu'il y a un autre dialogue social possible. Ils essaient de bloquer le système qui date de 1945. C'est un vrai handicap pour le pays", explique-t-il. Il prône ainsi la mise en place d'un "référendum d'entreprise, ce que la loi El Khomri commençait à proposer, même si au fil des amendements cela a été considérablement affaibli".

Réécrire la loi Taubira

Sur les sept candidats à la primaire de la droite et du centre, seul Jean-Frédéric Poisson proposait l'abrogation du Mariage pour tous. En revanche, François Fillon propose de réécrire le texte en fermant l'adoption plénière aux couples homosexuels. Dans une interview donnée à La Croix en juin dernier, l'ancien premier ministre expliquait : "J’ai toujours eu l’honnêteté de dire qu’une simple abrogation, c’est-à-dire un pur et simple retour en arrière, n’était pas possible. Mais j’ai aussi toujours dit que, sans remettre en cause le principe du mariage des couples de même sexe, les règles concernant la filiation devraient être réexaminées, car il y va de l’intérêt de l’enfant et cela prévaut pour moi sur toute autre considération".

François Fillon souhaite ainsi "qu’un enfant ait, autant que possible, un père et une mère (...) Il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme à l’égard d’un père et d’une mère ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière". Il ajoute que "les parents de même sexe pourront toujours recourir aux adoptions simples qui, selon l’appréciation du juge, peuvent correspondre à l’intérêt de l’enfant".

Supprimer 500.000 emplois dans la fonction publique

François Fillon l'assure : "J'aime les fonctionnaires, ils sont à l'origine de la force de ce pays. Mais simplement, on a cinq millions d'emplois publics en France. C'est insoutenable". Mais il concède que "on a l'impression d'être dans un véhicule qui fonce dans le brouillard. Selon lui, la réalité économique et la question de la fonction publique sont en "choc frontal". Il explique que le "statut de la fonction publique sera passé à la paille de fer. C'est pourquoi il souhaite réduire le nombre d'emplois dans la fonction publique en "supprimant environ 500.000 emplois sur la durée du quinquennat". 

Alain Juppé l'avait d'ailleurs attaqué sur ce sujet : supprimer 600.000 emplois de fonctionnaires n'est "tout juste pas possible. Je ne connais aucun organisme qui puisse vivre sans apport de sang neuf, dans une période aussi longue". L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy répond : "Je ne propose pas de supprimer 600.000 emplois, mais 500.000. Contrairement à ce qu'Alain Juppé dit il n'y a pas 550.000 départs à la retraite, il y a 120.000 départs à la retraite de fonctionnaires par an et 100.000 fins de contrat. En faisant un sur deux, on arrive bien aux 500.000 emplois supprimés que je propose. Je peux le faire parce que je propose le passage à 39 heures, c'est la clé de la réduction du nombre de fonctionnaires".

L'âge légal de départ à la retraite à 65 ans

C'est l'un des points communs de son programme avec celui d'Alain Juppé. François Fillon propose de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, "mais aussi de faire converger les règles de calcul entre les régimes du privé et ceux du public, en prenant en compte, pour les fonctionnaires, non plus les six derniers mois mais les vingt-cinq dernières années, en y incluant toutefois les primes. François Fillon affirme aussi vouloir supprimer les régimes spéciaux", note Les Échos.

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2016-11-20 22:06:00
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