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François Fillon invité de RTL : "La France résiste bien"

Invité de RTL, François Fillon a commenté les grands dossiers d'actualité face à Jean-Michel Aphatie. Le Premier ministre a notamment estimé que la France "résiste plutôt bien en termes de croissance et d'emploi" et maintient un objectif de croissance d'au moins 1,7 point en 2008. Il confirme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux durant le quinquennat.

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Interrogé sur les déclarations de Ségolène Royal qui, hier soir, faisait un lien entre la mise à sac de son appartement parisien et "la dénonciation du clan Sarkozy", François Fillon a estimé que Ségolène Royal perdait "le contrôle d'elle-même" : "C'est honteux. Cette affaire est plutôt à classer dans la catégorie fait divers" a déclaré François Fillon sur RTL.



Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Fillon.

François Fillon : Bonjour.

Nous sommes confrontés à une hausse durable du prix de l'énergie et des matières premières. Le moral des ménages flanche. Celui des industriels aussi. Carlos Ghosn, PDG de Renault, redoute un affaissement du marché automobile au second semestre en France. Risquons-nous, François Fillon, un accident de croissance ?

La situation économique internationale est difficile.

Donc, celle de la France aussi ?
Et celle de la France comme les autres, naturellement. La France n'est pas un îlot au milieu d'un monde qui est totalement interdépendant. Il y a un ralentissement de la croissance américaine extrêmement fort. Tout le monde sait que ce ralentissement allait finalement toucher l'Europe, je l'avais moi-même dit au début de l'année, que le premier trimestre serait un bon trimestre en termes de croissance mais que le second serait moins bon. Ce qu'on note, pour le moment, c'est que dans ce contexte-là et avec les handicaps structurels que la France a accumulés depuis des années, la France résiste plutôt bien en termes de croissance, en termes d'emploi.

Allez-vous réviser vos prévisions, vos chiffres pour le second semestre de cette année ?
Non parce que nous avons fait une prévision pour l'année 2008 qui est de l'ordre de 1,7 point : entre 1,7 et 2 points de croissance.

Et vous maintenez cette prévision ?

Nous avons déjà un acquis de croissance qui nous donne une assurance d'avoir au moins 1,5 point de croissance. Vous voyez qu'entre 1,5 et 1,7, la différence est extrêmement minime ; et l'expérience de l'année 2007 me laisse penser que nous pouvons avec les réformes que nous sommes en train de faire, obtenir une croissance d'au moins 1,7.

Vous rendez actuellement, François Fillon, des arbitrages importants dans le cadre de la préparation du budget 2009. Combien de fonctionnaires partant à la retraite n'allez-vous pas remplacer, l'année prochaine ?

On a pris un engagement sur l'ensemble du quinquennat de Nicolas Sarkozy, de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. On est en déficit depuis trente-quatre ans. Si on veut sortir de ce déficit, il y a deux façons de le faire :
- Soit avec un plan de rigueur, c'est-à-dire augmentation des impôts et diminution drastique des Dépenses publiques. C'est ce qu'avait fait la Gauche en 1982, sans d'ailleurs obtenir vraiment de résultats sur le plan du déficit.
- Ou alors il y a une autre solution, celle que nous avons choisie. On fait des réformes structurelles, c'est ce que nous sommes en train de faire : réformes de l'Etat, fusion de l'ANPE et de l'Unedic, réforme de la Défense, etc. On maintient strictement les dépenses pendant cinq ans au même niveau, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'augmentation des dépenses de l'Etat en volume pendant cinq ans ; et on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux. En 2009, on prépare le budget sur la base d'au moins 30.000 non remplacements de fonctionnaires partant à la retraite.

Xavier Darcos indique dans "Libération", ce matin - il est ministre de l'Education - qu'il vous a proposé de ne pas remplacer 13.500 fonctionnaires dans l'Education nationale ?

Eh bien, c'est le chiffre sur lequel on s'est mis d'accord ensemble. Ca ne fait pas un sur deux, d'ailleurs, tout à fait parce que l'Education nationale a des contraintes particulières et quand il y a à l'Education nationale, en ce moment, un certain nombre de réformes qui sont en cours et il faut naturellement que ces réformes aient donné leurs résultats pour qu'on puisse conduire cette diminution des effectifs.

Mais 13.500, ce sera donc l'ordre de grandeur pour 2009 ?
Ce sera l'ordre de grandeur pour 2009.

Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes, doutait récemment que vous parveniez à l'équilibre budgétaire en 2012 ?

Il a raison douté parce que c'est difficile. Encore une fois, ça fait trente-quatre ans qu'on n'a pas atteint l'équilibre.

Il disait : "Vous n'y arriverez pas".
Non, ça c'est... Philippe Séguin n'a jamais été un optimiste de nature.
Vous l'êtes ?

Moi, en tout cas, j'ai clairement fait savoir à l'ensemble des membres du gouvernement que pour moi, ce n'est pas une question négociable. Il y a un moment où il faut arrêter la fuite en avant qui est celle de notre pays depuis si longtemps. C'est une question d'efficacité, d'abord, parce que la dette que nous accumulons, elle pèse beaucoup sur notre croissance et sur nos investissements, mais c'est aussi une question de morale. On ne peut pas continuer à laisser les générations futures payer le fruit de nos imprévoyances, et je l'ai dit de nos lâchetés parce que je pense que c'est lâche de ne pas réduire la Dépense publique lorsqu'elle est financée par l'emprunt.

Sur ce point précis, François Fillon, vous êtes totalement en phase avec Nicolas Sarkozy ?

Ah oui... D'abord, il ne serait pas possible que le Premier ministre et le Président de la République ne soient pas en phase sur un sujet comme celui-là. C'est moi qui ai la responsabilité de faire les arbitrages budgétaires. Je les fais. Ce n'est pas la partie la plus facile de la responsabilité qui est la mienne parce que naturellement, chaque ministre souhaite obtenir le meilleur budget qui soit. Mais il n'y aura pas de discussions possibles sur ce principe : on n'augmente pas les dépenses de l'Etat pendant cinq ans, ce qui avec la croissance, si la croissance est au rendez-vous, même si elle est modeste...

... Faible.

... devrait nous permettre de réduire considérablement le déficit.

Hier soir, sur France 2, Ségolène Royal a établi "un rapport" - elle l'a dit comme ça - entre la mise à sac de son appartement et la dénonciation de ce qu'elle appelle le clan Sarkozy. Elle parle d'une drôle de coïncidence. Qu'en pensez-vous, François Fillon ?

C'est plutôt à classer à la rubrique fait divers. Mme Royal perd le contrôle d'elle-même. Elle utilise d'ailleurs toujours la même méthode. Elle a fait une grosse bourde, il y a quelques jours, en rompant, seule, ce qui était l'unanimité nationale autour de la libération d'Ingrid Betancourt ; donc, elle se rend compte qu'elle a fait une bourde, donc elle allume un nouvel incendie pour essayer...

Mais son appartement a été visité pour la deuxième fois. "Mis à sac", dit-elle.

Oui. Non, mais ça arrive à beaucoup de Français, d'abord.

Pas beaucoup de responsables politiques...
Ca arrive à beaucoup de Français.

Pas beaucoup de responsables politiques, François Fillon.
C'est absolument honteux de mettre en cause le Président de la République. Je peux vous dire que la police est au travail, qu'elle enquête, que la lumière sera faite naturellement sur ce cambriolage.

Elle a un statut particulier : elle est la Française qui a été au deuxième tour de l'élection présidentielle. Elle peut être victime, peut-être, de manœuvres d'intimidation ?

Enfin, je ne sais pas quelles manoeuvres d'intimidation et pourquoi ? A  ma connaissance, elle a été battue aux élections présidentielles. Non, je ne vois pas ! Enfin, les seules compétitions qu'il y a en ce moment avec Mme Royal, elles sont  à l'intérieur du Parti socialiste. Franchement, cette façon sans aucune espèce naturellement de preuves, c'est une sorte d'insinuation qu'on lance comme ça, je trouve que c'est honteux ; mais en même temps, je pense que les Français se rendent compte que tout ça est dérisoire et qu'il faut le classer à la rubrique des faits divers.

Les parlementaires socialistes ont décidé de ne pas voter la réforme de la Constitution que vous avez préparée, François Fillon. Pourquoi convoquez-vous malgré tout le congrès à Versailles ? Vous n'aurez pas la majorité requise pour réviser la Constitution.

D'abord, vous  ne le savez pas et moi non plus !

Les pointeurs ne sont pas optimistes !
On verra. Mais je pense qu'il faut que chacun soit mis devant ses responsabilités. On a proposé une réforme de la Constitution qui n'est naturellement pas celle que souhaite le Parti socialiste, qui n'est d'ailleurs pas non plus exactement celle que je souhaitais puisqu'au sein de la Majorité, il y a des avis différents sur l'évolution qui devrait être celle de notre régime, vers un régime plus parlementaire, vers un régime plus présidentiel. Mais il y a une chose qui est certaine, que personne ne conteste, c'est que cette  proposition de réformes accroît les pouvoirs du Parlement ; et donc, elle rééquilibre les pouvoirs dans notre pays par rapport à ce qui était la situation de la Vème république, et surtout de sa pratique.

Il faut que chacun soit mis devant ses responsabilités. Quand on est parlementaire de Gauche, que depuis des années, des années, on réclame plus de pouvoir par le parlement et que le Président de la république et le gouvernement offrent une réforme dans laquelle il y a le partage de l'ordre du jour, dans laquelle il y a un nouveau mode d'examen des textes qui donnent une plus grande force au Parlement, qui crée un mode de contrôle des nominations du Président de la République, qui permet aux citoyens d'invoquer l'exception d'inconstitutionnalité... On ne peut pas refuser cette réforme au motif qu'on n'a pas obtenu tout ce qu'on voulait. Donc, il faut que chacun soit mis devant ses responsabilités. Si la Gauche vote contre cette réforme, elle en portera une part importante de responsabilités.

On dit, François Fillon, que vous comptez sur le renfort de quelques parlementaires Radicaux de Gauche pour voter votre Constitution ?
Non, je compte sur la conscience de chaque parlementaire. C'est-à-dire qu'au moment du congrès, chacun fera son choix. Il y a quand même beaucoup de parlementaires qui vont visiter avant de voter contre une réforme qui accroît leur pouvoir.

On a noté, François Fillon, que Jean-François Hory, ancien président des Radicaux de Gauche, 59 ans, avait été nommé par décret du 27 juin au Conseil d'Etat. Alors, on se dit : tiens ! soit vous manquez de conseillers d'Etat, soit c'est une manière de s'attirer une bonne grâce des Radicaux de Gauche ?

Ce n'est pas le seul homme de Gauche qui ait été nommé au Conseil d'Etat, ces dernières années.

Comme par hasard, l'ancienne présidente du Parti Radical de Gauche !

Non, il y a beaucoup d'hommes de Gauche qui ont été nommés au Conseil d'Etat, comme vous le savez    .

Patrick de Carolis, président de France Télévisions, était au micro de RTL mercredi dernier. Il a indiqué que, selon lui, les taxes destinées à compenser la perte de publicité sur la télévision publique, ne suffiraient pas pour combler le manque de recettes. Il dit : le compte n'y est pas. Reverrez-vous avec lui le projet de financement de France Télévision à partir du 1er janvier 2009 ?

Bien sûr, le plan de financement de France Télévisions n'a pas été arrêté. Pour l'instant, il y a une proposition qui a été faite par la commission Copé. Il y a des principes généraux qui ont été annoncés par le Président de la République. Mais enfin... Tout ça va donner lieu maintenant à un débat parlementaire autour d'un projet de loi, puis va donner lieu à une discussion qui a déjà commencé d'ailleurs entre le gouvernement et France Télévision pour assurer le financement de France Télévisions.

France Télévisions pourrait avoir plus d'argent que ce qui a été annoncé jusqu'à présent ?

Oui, moi je considère que le Président de la République a pris un engagement solennel qui est que la suppression de la publicité soit compensée à France Télévisions. Donc, mon travail à moi, c'est de faire en sorte que cette différence soit compensée et je m'y emploie.

Elle ne l'est pas actuellement ?
On n'a pas encore, complètement, par exemple expertiser quel sera le rendu....

Le produit de la taxe.
... Le rendu de la taxe sur les opérateurs. Donc, pour l'instant, on a les pistes. On sait comment faire. Il faut ajuster les chiffres. On va le faire et les engagements du Président seront tenus parce ce qu'on veut, c'est avoir un service public qui soit meilleur qu'aujourd'hui. Ca ne veut pas dire qu'aujourd'hui, il est mauvais, ça veut dire qu'il peut être meilleur et qu'il doit se distinguer de la télévision privée.

Patrick de Carolis a dit, justement à ce propos, qu'il était "faux et stupide", comme l'avait fait le Président de la République, de comparer les chaînes de Service Public et les chaînes privées. "Faux et stupide". Ca vous a choqué, François Fillon  ?

Enfin, on ne peut pas dire que la télévision publique et la télévision privée soient identiques.

Vous l'avez dit vous-même au "Grand Jury", le 13 janvier. Vous avez changé d'avis, peut-être ?
Non, j'ai dit qu'on voyait de moins en moins la différence entre les chaînes publiques et les chaînes privées, qu'il y avait une tentation des chaînes publiques - qui est naturelle en raison de la recherche de publicités - qu'il y avait une tentation naturelle de s'aligner sur ce qui est la demande la plus générale. Mais il y a sur le service public un certain nombre d'émissions, une façon d'aborder l'actualité qui reste l'apanage du service public. Simplement nous pensons que ce n'est pas suffisant, qu'il faut le renforcer, qu'il faut qu'au lieu que la différence se réduise au fur et à mesure des années, ce qui était le cas aujourd'hui, il faut au contraire que le cahier des charges du service public soit renforcé et c'est ce que nous voulons faire dans un dialogue avec les journalistes et les personnels de France Télévision.

"Faux et Stupide", a dit Patrick de Carolis. Vous avez été choqué par l'emploi de ces mots ?
Je ne sais pas à qui il s'adressait...
Au Président de la République ?
... Et puis, je ne m'attache pas aux mots. Patrick de Carolis s'est exprimé avec franchise. Le Président de la République, aussi. Je pense que ce qui est important dans cette affaire, c'est qu'il y ait un débat. Il y a un vrai débat autour du service public de la télévision  alors qu'avant, il n'y en avait pas. Il y en avait sous le manteau, c'est-à-dire que chacun faisait part naturellement de ses critiques sur le service public mais personne n'en tirait de conséquences. Je crois qu'une des grandes forces du Président de la République, c'est de provoquer ces débats et de mettre en place les mécaniques qui conduisent aux réformes.

Peu importe les mots ! C'est toujours étonnant d'entendre ça dans la bouche d'un responsable politique ?

Mais ça doit vous satisfaire, vous, de voir que le dialogue est un dialogue franc, monsieur Aphatie. C'est certainement pas pour vous déplaire.

Le Président de la République sera à Pékin finalement le 8 août prochain pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Il avait conditionné sa présence à une amélioration du dialogue entre les responsables tibétains et chinois et à une amélioration de la situation au Tibet. On ne constate rien de tel. Pourquoi le 8 août alors à Pékin ?

Il avait dit deux choses.
- D'abord, le Président de la République est président de l'Union européenne. Il a consulté l'ensemble des chefs de gouvernement de l'Union européenne qui ont souhaité unanimement que le Président de la République se rende à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.
- Deuxièmement, le Président de la République avait demandé qu'il y ait un dialogue qui s'instaure entre le gouvernement chinois et les représentants du Dalaï Lama. Ce dialogue a commencé. Je ne dis pas qu'il ait abouti à des résultats. Il a commencé. Le Dalaï Lama lui-même le reconnait. Les Chinois ont annoncé qu'il allait y avoir de nouveau, des rencontres entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama. Le Dalaï Lama lui-même ne demande pas, ne réclame pas, ne souhaite pas qu'il y ait un boycott des Jeux Olympiques. Je pense donc que le Président de la république a pris une décision qui était sage, qui est responsable.
Les conditions sont remplies pour qu'il soit à Pékin ?

Les conditions sont remplies pour que le dialogue avec un pays de plus d'un milliard d'habitants continue.

La Chine est-elle une dictature, François Fillon ?

La Chine n'est pas une démocratie.

Voilà. Les mots ont quand même leur importance en Politique. François Fillon, Premier ministre, invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

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François Fillon Gouvernement L'invité de RTL
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2008-07-09 12:50:00