4 min de lecture Présidentielle 2017

François Fillon : ce qu'il faut retenir de son meeting à Paris

Devancé dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon, le candidat Les Républicains tenait meeting à Paris, à treize jours du premier tour.

François Fillon lors de son grand meeting parisien, dimanche 9 avril.
François Fillon lors de son grand meeting parisien, dimanche 9 avril. Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Lui, "candidat exemplaire". Devant près de 20.000 personnes rassemblées au Parc des expositions porte de Versailles, dimanche 9 avril à Paris, le candidat Les Républicains a vanté son programme, et par là-même tenté de faire mentir les sondages qui le placent obstinément à la troisième place de cette présidentielle - si ce n'est pas à la quatrième - synonyme d'élimination dès le 1er du tour du scrutin.

En compagnie de son épouse Penelope, de François Baroin, Luc Chatel, Éric Ciotti, Gérard Larché, Jean-François Copé et Édouard Balladur, François Fillon a taclé Emmanuel Macron avec vigueur. L'ancien premier ministre est également revenu sur les affaires qui ternissent sa campagne, sur la réforme polémique de la fonction publique ou encore sur ses mesures en matière de politique internationale. Retour sur les thèmes abordés par François Fillon lors de ce grand meeting parisien.

Haro sur Emmanuel Macron

Tout au long du meeting, François Fillon et ses soutiens se sont évertués à ternir l'image d'Emmanuel Macron, l'un des concurrents jugé les plus sérieux par les Républicains. "J'ai vu qu'Emmanuel Macron se présentait comme le candidat de 'l'alternance profonde'. Voilà bien une pensée de sous-marin", a d'emblée raillé le député de Paris devant une marée de drapeaux tricolores. Et de poursuivre : "Les quelques ralliés hétéroclites en seront les dupes, quand l'équipage socialiste refera surface. Et la France sera la grande perdante".

Pour l'ancien Premier ministre, un quinquennat du leader d'"En Marche !" équivaudrait à "cinq ans de demi-mesure, encore cinq ans d'occasions manquées, cinq ans passés à chercher des majorités éphémères qui s'effondreront devant la moindre décision importante, cinq ans en marche arrière. La France d'Emmanuel Macron, c'est la France de maintenant. L'alternance, c'est nous".

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Selon lui, l'ancien ministre de l'Économie "doit tout" à François Hollande, "il lui doit sa carrière, il lui doit ses nominations, il lui doit ses postes, il lui doit ses idées, il lui doit ses projets, il lui doit aussi ses soutiens, il lui doit ses amis, ses fidèles, il lui doit son gouvernement, il lui doit son avocat", Maître Jean-Pierre Mignard.

Fillon demande aux Français de faire fi des affaires

Le Républicain ne cherche visiblement pas de copains. "Je ne vous demande pas de m'aimer, je vous demande de me soutenir, parce qu'il y va de l'intérêt de la France", a-t-il lancé dimanche, après plus de deux mois d'une campagne émaillée par les affaires judiciaires. François Fillon a rappelé que le but de cette élection était tout simplement de choisir un président, et par là-même, un destin pour la France.

Comme lors du débat télévisé de lundi 3 avril, l'élu s'est livré à une anaphore sur un "président exemplaire". "Ce n'est pas un homme qui s'expose chaque jour au voyeurisme public dans l'espoir de séduire ou de se faire pardonner d'exercer le pouvoir. Un président exemplaire, c'est un homme qui propose au peuple ce qu'il croit juste, et, lorsqu'il est investi, met tout en oeuvre pour réaliser le projet sur lequel il a été élu", a-t-il dit.

Rassurer les fonctionnaires

François Fillon a tenu à rappeler que le passage des 35 aux 39 heures qu'il prône pour les fonctionnaires se traduirait par une hausse des salaires. "J'ai écouté les fonctionnaires. Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles. Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent de créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d'un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leur salaire et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière et d'avenir", a-t-il tempêté.

Dans son programme, l'ancien premier ministre prône la suppression de 500.000 emplois publics. Il souhaite également "augmenter progressivement le temps de travail dans la fonction publique à 39 heures hebdomadaires, sur une base annualisée". Lors d'une interview à Acteurs publics diffusée le 9 février, le candidat LR disait "assume[r] le fait que la hausse de rémunération ne pourra pas être proportionnelle à la hausse de la durée du travail". Une telle hausse du temps de travail s'accompagnerait néanmoins "de contreparties, négociées à compter de l'automne 2017" avec une conférence réunissant les partenaires sociaux, avait-il précisé. 

"Les nuages noirs de la guerre"

François Fillon a affirmé qu'il voyait "avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre", promettant de "ne pas ménager" ses "efforts pour la paix", dimanche, lors d'un meeting à Paris. La décision du président américain Donald Trump de bombarder la Syrie, après l'attaque chimique présumée, imputée à l'armée syrienne, contre la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest), est "humaine, compréhensible", a-t-il réaffirmé.

"Mais la responsabilité de la France, c'est d'abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu'elle est chaque jour un peu plus fragile. Je ne me résoudrai jamais au retour d'une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde. (...) Président de la République, je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre", a-t-il martelé.

S'il était élu président, l'ancien sénateur "augmenterai[s] les moyens des forces armées", "veillerai[t] à la crédibilité de la dissuasion" et "[s]e battrai[t] pour une véritable alliance européenne de défense" qui donnerait au Vieux Continent "l'indépendance qu'il a perdue en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au XXe siècle".

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