4 min de lecture Présidentielle 2017

François Fillon : les 6 points à retenir de sa conférence de presse

ÉCLAIRAGE - François Fillon, dans la tourmente depuis les révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme, a assuré lundi que "tous les faits évoqués" étaient "légaux et transparents".

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Vidéo Zapping : Ce qui'il faut retenir de la conférence de presse de François Fillon Crédit Image : Martin BUREAU / AFP | Crédit Média : BFMTV / RTLNET | Date :
Julien Absalon
Julien Absalon
et La rédaction numérique de RTL

Un léger changement de stratégie sur la forme mais le fond reste le même. Au cours d'une conférence de presse extrêmement attendue, François Fillon a lancé sa riposte face aux accusations d'emplois fictifs pesant sur sa femme Penelope. Devant plus de 200 journalistes réunis dans son QG de campagne porte de Versailles, le candidat de la droite à la présidentielle a commencé, pour répondre à "l'émotion légitime" qui monte dans le pays, par assurer que les faits sur lesquels enquêtent la justice étaient "légaux et transparents".

Pour François Fillon, cette intervention semblait en quelque sorte être celle de la dernière chance, au vu de sa dégringolade dans les sondages et des révélations sur l'enquête qui ne cessent de sortir. D'ailleurs, quelques heures avant ce point presse, Le Monde dévoilait de nouveaux soupçons sur les liens entre François Fillon et le riche propriétaire de la Revue des Deux Mondes, qui a employé sa femme pendant plusieurs années.

1. Il s'excuse mais ne renonce pas

Assumant avoir commis une faute en embauchant sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires, François Fillon a profité d'une introduction d'une quinzaine de minutes pour présenter ses "excuses" aux Français : "En travaillant avec ma femme et mes enfants, j'ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd'hui suscite la défiance. C'était une erreur, je le regrette profondément".

En revanche, il n'a donc aucunement décidé de se retirer de la course à la présidentielle. "Aucune instance n'a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire", estime-t-il, observant au passage qu'il "n'y avait pas de plan B" pour le remplacer en cas de nécessité. Une phrase qui vient quelques heures après le démenti d'Alain Juppé, évoqué comme la presse comme une option de substitution.

2. "Son salaire était justifié"

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S'il a décidé de faire acte de contrition, François Fillon n'a cependant pas changé d'un iota sa ligne de défense d'un point de vue purement juridique. Selon lui, le travail de sa femme et de ses enfants étaient parfaitement réels. "Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice. Elle a ensuite été la collaboratrice de mon suppléant (Marc Joulaud, ndlr), elle est encore devenue ma collaboratrice. Elle a donc occupé ce poste devant quinze ans et ceci pour un montant moyen de rémunération de 3.677 euros net. Un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres", a-t-il fait savoir, avant de préciser que ses enfants Marie et Charles avaient touché 3.000 euros net en moyenne.

Il s'est par ailleurs exprimé sur les tâches confiées à sa femme : "Les élus savent que ce métier est fait de tout un tas d'actions modestes souvent accomplies par le collaborateur parlementaire dans l'ombre, parfois seul, et qui peuvent paraître anodines à certains mais qui sont indispensables à la démocratie locale. (...) Pendant toutes ces années, mon épouse a pris en charge ces tâches simples mais essentielles. C'est elle, avec ma secrétaire Sylvie Fourmont, qui a géré le courrier que l'on m'adressait. C'est elle qui a tenu mon agenda pour les événements locaux, les inaugurations, les manifestations sportives et culturelles. C'est elle qui a travaillé sur mes interventions dans la Sarthe".

3. Il ne remboursera pas

Considérant que le travail octroyé à sa femme était légitime, l'ancien premier ministre se refuse à restituer les sommes d'argent. "Pourquoi rembourserais-je des sommes qui correspondent au travail de ma femme ? (...) J'ai dit que je voulais participer à l'évolution du statut des parlementaires, sans donner de leçon mais ma femme a travaillé. J'ai donné la preuve de ce travail et elle a donné la preuve de ce travail. Il n'y a de ce point de vue, pour moi, aucune question".

4. Son patrimoine mis au grand jour

"Je n'ai rien à cacher". Pour le prouver, François Fillon publiera sur Internet, dans la soirée de lundi, les rémunérations perçus par son épouse et sa déclaration de patrimoine. Il l'a d'ailleurs détaillé lors de la conférence de presse : sa maison de la Sarthe, évaluée à 750.000 euros, 44% de la nue-propriété de la maison de son père au Pays basque, pour un montant de 134.000 euros, et un tiers de la nue-propriété de la maison paternelle dans la Sarthe, soit 41.300 euros.

Indiquant que son épouse et lui étaient mariés sous le régime de la communauté, il a ajouté qu'ils détiennent "2 PEA, 2 comptes-titres, 2 assurances vies, 2 comptes épargne logement, deux plans épargne logement, 3 comptes courant, 1 compte joint, un compte espèce, un livret de développement durable et un livret A", tous à l'agence de Sablé-sur-Sarthe du Crédit agricole.

5. Ses adversaires attaqués

Une partie de sa conférence de presse a consisté à contre-attaquer d'un point de vue très politique. "Le vrai danger, c'est de voir confier notre avenir aux dérives d'une extrême droite portée par cette famille intouchables du domaine de Montretout (propriété de la famille Le Pen, ndlr) ou à l'aventure d'une politique sans programme depuis des mois, composée d'un agrégat de personnalités fascinées par un gourou issu du système qu'il dénonce aujourd'hui".

6. Les médias en ligne de mire

Tout au long de son intervention, en particulier durant la séquence de questions-réponses avec les journalistes, François Fillon n'a pas manqué de vilipender les médias. "Quand la vérité aura été faite, quand chacun aura vu que le procès qui m'est fait est diffamatoire, les Français changeront d'opinion. Leur opinion est lié à des dizaines d'heures de plateau de télévision où l'on voit des dizaines d'experts parler du travail des attachés parlementaires", a-t-il notamment déclaré.

Après avoir également assuré "ce n'est pas le tribunal médiatique qui [le] jugera", ses attaques ont atteint leur paroxysme lorsqu'une journaliste de Mediapart lui a posé une question sur l'affaire des "chèques du Sénat". En préambule de sa réponse, François Fillon a alors lancé : "Vous êtes de Mediapart ? Moi, je n'ai jamais eu de redressement fiscal". Des propos qui font référence à l'ardoise de 4,1 millions d'euros que le site d'information en ligne devait à l'État, pour s'être appliqué un taux réduit de TVA à 2,1% (attribué à la presse) plutôt que 19,6% (attribué aux services en ligne).

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