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François Bayrou est-il l'épine dans le pied d'Édouard Philippe (et d'Emmanuel Macron) ?

DÉCRYPTAGE - Le ministre de la Justice persiste et signe face à Édouard Philippe : "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai".

François Bayrou et Édouard Philippe, le 14 juin 2017
François Bayrou et Édouard Philippe, le 14 juin 2017
Crédit : Patrick KOVARIK / AFP
Marie-Pierre Haddad

Est-on en train d'assister au premier couac au sein de l'exécutif ? Selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, "la situation est totalement pacifiée" entre Édouard Philippe et François Bayrou. Quelques heures avant, le Premier ministre et le ministre de la Justice se sont toutefois répondus par médias interposés. L'objet de leur différend ? Le fait que le garde des Sceaux ait appelé la rédaction de Radio France à propos d'une enquête préliminaire sur des élus du MoDem au Parlement européen.

Édouard Philippe a expliqué au micro de Franceinfo que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen. Je comprends parfaitement que l'homme qu'est François Bayrou ait été agacé par la façon dont les questions étaient posées. L'ensemble des Français peuvent comprendre ça. Il se trouve que quand on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions, sa mauvaise humeur ou par ses indignations". Réponse de François Bayrou : "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai (...) Quand il y a quelque chose à dire, on le dit, sans aucune pression, mais on le dit, pour que le dialogue civique entre journalistes et responsables et citoyens soit un dialogue franc. Et j'essaie d'être franc".

Un test pour Édouard Philippe

La situation est devenue délicate pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe en pleine campagne pour les élections législatives. Dans Le Figaro, Bernard Accoyer, le secrétaire général des Républicains, explique avoir "toujours pensé que François Bayrou poserait tôt ou tard un problème car il a toujours posé problème à ses alliés. C'est la suite logique de son parcours...". Xavier Bertrand déclare : "On nous avait dit qu'on allait voir ce qu'on allait voir et que vraiment les choses allaient bien tourner. Bien, il y a quand même le Premier ministre qui recadre, et je pense qu'il a raison, François Bayrou. François Bayrou qui, dans la journée, dit : 'Je m'en moque', qui le lendemain va à la radio pour dire : 'Je m'en moque vraiment'. Ça pose un problème de fonctionnement (...). Et aujourd'hui le président de la République ne peut pas rester muet".

Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, également interrogée par Le Figaro, "l'attitude de François Bayrou est très problématique. Vouloir appeler la presse comme simple citoyen alors qu'il est garde des Sceaux en charge de la loi sur la moralisation de la vie publique est problématique. Les Français sont absolument dégoûtés par ce qui s'est passé dans la vie politique ces dernières années et se sont accrochés à une forme d'espérance que pouvait représenter Emmanuel Macron et son discours sur les nouvelles pratiques". La candidate dans la 2ème circonscription de Paris aux élections législatives estime qu'il ne faut "pas laisser s'installer une déception".

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Le Premier ministre se retrouve en première ligne. Emmanuel Macron devrait garder ses distances avec l'affaire et rester dans son rôle de président "jupitérien". Selon l'Élysée, "le chef de l'État estime que c'est au premier ministre de s'exprimer sur le sujet. Les rôles doivent être respectés, dans le cadre de l'articulation du pouvoir dans la Ve République". Christophe Castaner a indiqué lors du compte-rendu du Conseil des ministres que cette affaire "ne relève pas du président de la République". Il a par ailleurs assuré que l'affaire n'y a pas été abordée. "Emmanuel Macron est attentif, il veut éviter de court-circuiter Édouard Philippe, il veut qu'il réussisse. Il trouve qu'il fait bien le job. Il est en train de le jauger", résume un ministre proche du chef de l'État à l'AFP

Les premiers balbutiements de la loi de la moralisation de la vie publique

En parallèle des déclarations croisés d'Édouard Philippe et François Bayrou, le ministre de la Justice a présenté mercredi 14 juin, en Conseil des ministres, sa loi de moralisation de la vie publique. Un événement qui intervient au moment où il est confronté à des soupçons d'emplois fictifs visant des élus MoDem. "Cela va être le petit caillou dans la sandale", confie un élu centriste à l'AFP. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait insisté sur sa volonté de mettre en place une loi de moralisation de la vie publique. Elle a d'ailleurs été l'une des conditions à l'alliance entre le président de la République, à l'époque candidat, et le maire de Pau. Au programme de ce projet de loi : l'interdiction pour les parlementaires d'embaucher de membres de leur famille, l'encadrement des activités de conseil des députés et sénateurs ou encore la suppression de la "réserve" parlementaire.                  

Loi de moralisation de la vie publique

Les tensions entre François Bayrou et Emmanuel Macron avaient émergé lors des investitures des candidats La République En Marche pour les législatives. Le président du MoDem souhaitait obtenir davantage d'investitures auprès du parti fondé par le président de la République. À l'antenne de RTL, le ministre avait assuré qu'il y allait y avoir "un groupe MoDem important à l'Assemblée nationale, c'est la résurgence d'un mouvement très important dans l'histoire politique de la France (...) Je ne cherche pas à être latéral dans la majorité, je cherche à être central dans la majorité, enfin, je veux dire le MoDem cherche à être central dans la majorité". 

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