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François Bayrou choisit François Hollande : "homme libre" contre "homme seul"

En annonçant jeudi qu'il voterait François Hollande au second tour de la Présidentielle au nom de ses valeurs, François Bayrou a fait un choix historique qui rompt avec des décennies d'alliance entre le centre et la droite, avec des conséquences imprévisibles sur l'échiquier politique. Depuis Toulouse où il tenait son dernier grand meeting de campagne, le candidat socialiste François Hollande a salué dans la décision du leader centriste "le choix d'homme libre indépendant", en précisant qu'il n'y avait eu "aucune négociation" avec lui. Les ténors de l'UMP, à l'instar de François Fillon et Jean-François Copé, ont exprimé leurs regrets, mettant la décision de François Bayrou sur le compte "du dépit personnel". C'est en tout cas un nouveau coup dur pour Nicolas Sarkozy en ce dernier jour de campagne. Même si l'avance de François Hollande dans les sondages s'étiole encore un peu.

François Bayrou le 3 mai 2012
François Bayrou le 3 mai 2012 Crédit : AFP / Bertrand Langlois
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La rédaction numérique de RTL
et Dominique Tenza

Au lendemain du premier tour, François Bayrou avait annoncé qu'il prendrait "ses responsabilités", laissant entendre qu'il donnerait une indication claire à ses quelque 3,3 millions d'électeurs.

Le leader centriste a justifié son choix au nom des valeurs humanistes que le centre défend depuis toujours et qui lui semblent aujourd'hui en contradiction avec les prises de position de Nicolas Sarkozy. "Après un bon score au premier tour, il s'est livré à une course-poursuite à l'extrême droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs", a-t-il expliqué en dénonçant son "obsession de l'immigration et des frontières", contraires notamment à l'idéal européen des centristes.

Les réactions au vote de François Bayrou pour François Hollande

* François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, en marge d'un meeting à Toulouse
"C'est une décision personnelle. Il l'a dit lui-même, ce n'est pas un ralliement à ma candidature."
"Son avis comptera mais il ne peut pas être interprété comme un soutien et encore moins une adhésion à une future majorité présidentielle."
 "Il ne s'est pas exprimé au nom de son propre parti, il l'a fait à titre personnel et ne l'a pas fait en fonction de propositions que j'aurais faites meilleures que celles de mon concurrent. Il l'a fait par rapport à une conception de la République."

* Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste
"La ligne a été passée, celle qui distingue les républicains et les autres, c'est un choix de valeurs. C'est historique pour notre pays, voilà comment je le comprends."
"C'est le choix de la République de la démocratie et le choix d'une autre France plus juste.
Interrogé sur l'éventuelle présence de François Bayrou dans un gouvernement de gauche, elle répond : "Nous n'en sommes pas là aujourd'hui. Nous sommes face à des hommes et des femmes qui en toute conscience en fonction des valeurs qui ont contribué à leur engagement ont appelé à voter François Hollande."

* Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande
"Cela montre la capacité de François Hollande à rassembler. A rassembler la gauche d'abord et puis à rassembler la majorité des Français, ceux qui veulent tourner la page du sarkozysme."

* Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle de 2007
"C'est courageux. Il a pris ses responsabilités, c'est une très bonne chose et c'est une dynamique supplémentaire de rassemblement."
"Il a pris la mesure de la nécessité de faire un signe fort parce qu'il considère que les valeurs de la droite dure aujourd'hui ne correspondent pas aux intérêts du pays."

* François Fillon, Premier ministre, après un meeting à Bordeaux
"L'avis de monsieur Bayrou, c'est l'avis d'un homme seul qui s'exprime. Son choix c'est le sien, ce n'est pas le nôtre et comme vous le voyez ici il y a beaucoup d'enthousiasme."

* Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP
"C'est une déception parce que je considère que sur le fond il partage l'essentiel de ses idées avec nous, qu'il est le premier à avoir dénoncé les dérives financières de François Hollande, et que je considère que ce choix n'a rien à voir avec un engagement politique. C'est un choix de circonstance, un choix personnel."

* Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, après un meeting à Bordeaux
"Je déplore très sincèrement ce choix qui m'apparaît comme complètement incohérent. Comment peut-on avoir défendu jusqu'au soir du premier tour la priorité à donner à la maîtrise des déficits et à la lutte contre le surendettement et s'apprêter à voter pour un candidat qui refuse même la règle d'or ?"

* Hervé Morin, président du Nouveau centre, dans un communiqué
"Je ne peux que regretter vivement cette décision ; une décision d'autant plus incompréhensible que ces derniers jours de campagne ont largement montré les points de convergence qui existent entre le projet défendu par Nicolas Sarkozy et les priorités affichées par François Bayrou."

* Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, sur Twitter
"Les leçons de morale, c'est fini, François Bayrou : tu dois tout à la droite."

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