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François Baroin : "La sortie de Chirac sur Hollande n'est qu'une blague"

Le ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. La petite phrase de Jacques Chirac sur François Hollande, pour lequel il a assuré vouloir voter en 2012, est "tout sauf un acte politique", a estimé François Baroin. "C'était une blague, n'y accordez pas plus d'importance", a déclaré sur RTL le porte-parole du gouvernement, considéré comme un proche de l'ancien Président de la République. "En plus, il s'exprime le lendemain et il donne la lecture qu'il faut avoir - non pas un acte politique, c'était tout sauf un acte politique -, c'était une promenade avec le président du conseil général" socialiste de Corrèze, a-t-il dit. François Baroin a parlé d'un "compagnonnage du plateau de Millevaches".

François Baroin invité de RTL.
François Baroin invité de RTL. Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
et La rédaction numérique de RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Baroin.

François Baroin : Bonjour.

Après les députés en mai, les sénateurs examineront à partir d'aujourd'hui la loi censée inscrire dans la Constitution, la nécessité de l'équilibre des Comptes publics, on appelle cela la règle d'or budgétaire ; mais pour que cette règle devienne constitutionnelle, elle doit être votée par 3/5èmes des parlementaires, ce qui ne se fera jamais puisque les parlementaires de Gauche ne vont pas la voter. Et donc, on se dit : vous vous agitez pour rien, François Baroin ?

Tout d'abord, c'est beaucoup de travail. Ensuite, c'est un engagement...

Oui, mais pour rien !

Non, non, pas pour rien, pas pour rien puisque l'objectif, enfin la mission qui est la mienne, c'est d'ici le milieu du mois de juillet, nous ayons un vote en termes identiques entre l'Assemblée nationale et le Sénat sur un engagement qui est très important pour notre pays qui est de fixer dans la Constitution des modalités de tenir à la fois nos déficits mais surtout d'atteindre l'équilibre.

Les Allemands l'ont fait ; d'autres pays l'ont fait. Nous en avons pris l'engagement ; nous allons le faire et d'offrir ensuite au Président de la République un texte qui permettra de fixer des lois-cadre, c'est-à-dire d'inscrire dans la durée la trajectoire, un plancher de recettes et puis, un plafond de dépenses ; de fixer dans les lois de finances et du financement de la Sécurité sociale, le monopole de toutes les dispositions de nature fiscale ; de telle sorte qu'on évitera, à terme, l'addition des niches au fur et à mesure que l'année s'égrène et que les textes de loi portés par des ministres ou par des parlementaires s'additionnent également dans l'inutilité en alimentant le puissant fond des niches fiscales et des exonérations en tous genres. Et puis, un rendez-vous avec le parlement qui est le programme de stabilité et qui donne de la force aux engagements que la France prend vis-à-vis de ses partenaires européens.

Mais comme la Gauche ne vote pas cette disposition, vous n'aurez pas la majorité des 3/5èmes au congrès pour l'inscrire dans la Constitution ?

Mais là, il faudra que la  Gauche l'explique, il faudra que la Gauche le dise, il faudra qu'elle sorte de son ambiguïté...

Mais elle vous le dit déjà !La Gauche a refusé de le voter à l'Assemblée nationale...

La Gauche n'est pas unanime ; et puis, de toute façon, la Gauche sera en phase de ses responsabilités. Cette règle, elle n'est pas à vocation pour la campagne présidentielle. Cette règle, elle est à vocation pour notre pays,  de dire : à telle date, d'ici 2020, nous serons à l'équilibre budgétaire... Est-ce que c'est 2020 ? Est-ce que c'est 2018 ? Est-ce que c'est 2016 ? C'est la détermination du gouvernement qui sera sortie des urnes en 2012 qui devra se fixer cet objectif. Nous avons une crise de la Dette budgétaire. Nous devons réduire nos déficits. Je ne vois pas comment le Parti Socialiste et le leader qui sortira des Primaires échappera à cet esprit de responsabilités.

Le journal "Les Echos", vendredi, disait : "Nicolas Sarkozy a renoncé à convoquer un congrès réformant la Constitution en juillet".

Rien ne permet de le dire. Nous aurons un texte voté, je l'espère, en termes identiques entre l'Assemblée et le Sénat ; et ensuite, sa prérogative en tant que Président de la République de convoquer ou non le congrès lui appartiendra.

Vous présenterez, François Baroin, en tant que ministre du Budget, aux députés un correctif budgétaire pour intégrer notamment la condamnation définitive de l'Etat français dans l'affaire dite des "frégates de Taïwan". La note s'élève à 460 millions d'euros pour l'Etat. A trois reprises, trois ministres de l'Economie - Laurent Fabius en 2001, Francis Mer en 2003, Thierry Breton en 2006 - ont refusé à la Justice française la levée du secret défense dans ce dossier qui aurait permis de connaître les corrupteurs et les corrompus. Le gouvernement refuse d'aider la Justice puis, le gouvernement fait appel aux contribuables pour payer la "douloureuse". Ce n'est pas choquant, ça, François Baroin ?

Je ne le présenterai pas, je l'ai présenté. C'était vendredi. Ca a été voté à l'unanimité. C'est effectivement ..
A l'unanimité ! Vous vous rendez compte ?

C'était l'épilogue d'une très longue histoire qui date de 91 sur des modalités de commissions...

... On peut refuser de voter...

Et c'est une histoire qui est derrière nous. Les lois ont évolué ; mais effectivement, la Justice a rendu une décision et l'Etat français doit malheureusement l'appliquer. Je le regrette...

C'est une histoire qui est derrière nous sur le plan financier, disons ; mais sur le plan moral, le gouvernement refuse, à trois reprises, gouvernement de gauche ou de droite, de lever le "Secret Défense" puis, le gouvernement fait appel aux contribuables pour payer l'amende. C'est scandaleux tout de même ?
   
Attendez ! 19En 91, c'est une autre Majorité qui était au Pouvoir ; donc il faudra les interroger.

Laurent Fabius en 2001 ; Francis Mer en 2003 - c'était votre Majorité - ; Thierry Breton en 2006, ministre...

Le point de départ de cette affaire, c'est la signature du contrat. On est bien d'accord. On est en 1991... Les ministres...

... Mais pourquoi ne pas avoir levé le "secret séfense"  pour aider la Justice à connaître les corrupteurs et les corrompus ?

Non, attendez. Ca ne  marche pas comme ça. Les ministres ont saisi une autorité administrative indépendante qui est la commission consultative sur les éléments classés "secret défense". Effectivement, trois ministres de gouvernements différents, de sensibilité politique différente, ont saisi la commission consultative ; dans sa souveraineté, elle est indépendante et a émis un avis négatif. Cet avis a été suivi par tous les ministres. Il y a eu des procédures officielles...

Pas d'obligation de le suivre.

Oui, mais attendez...

Il a été suivi ; mais ce n'est pas obligatoire.

On le regrette. C'est un triste épilogue...

La décision revient...

C'était une affaire où la Gauche était au Pouvoir. On le constate. Voilà. Il y a 460 millions à financer. Ils ont été votés ces 460 millions. Nous solderons cette ardoise d'une triste affaire pour l'Etat ; ça, c'est indiscutable.

Vous comprenez la contradiction que j'essaie de vous soumettre ou pas ?

Je l'essaie. J'imagine que vous avez placé la barre très, très haut ; mais...

Mais vous la comprenez ,

Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

Je ne sais pas.

On est dans un Etat de droit, il y a des procédures judiciaires. La Cour d'Appel a rendu une décision. C'est à l'Etat...

Ce n'est pas choquant pour les citoyens de voir ça ?

Je l'ai dit...

On cache par le "secret défense" ; et ensuite, on fait appel aux contribuables.

Bien sûr ; mais c'est ainsi.

(Silence) "C'est ainsi !""Je vais voter François Hollande", disait Jacques Chirac à propos de François Hollande...

Mais je crains que vous vous y mettiez aussi, oui !

Non, ce n'est pas moi. Non, non.

"Le Figaro" raconte que vous êtes intervenu, vous, François Baroin dès dimanche auprès de l'entourage du Chef de l'Etat... pour construire la notion de fable corrézienne...!!!

Je suis toujours très surpris de ces "papiers" mais je n'ai eu personne du Figaro et je n'ai eu aucun journaliste d'aucune façon que ce soit. J'écoutais Alain Duhamel. Je crois que c'est assez juste. Il parlait du consensus limousin. Moi, je serai tenté de parler du compagnonnage du "Plateau de Mille vaches". Il est attaché à sa terre, c'est un homme libre, il ne fait plus de Politique. Jacques Chirac ne fait plus de Politique depuis qu'il a quitté l'Elysée, le jour de la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy. Il se l'est fixé comme règle. Les proches dont je fais partie, ont eu même le devoir de ne  jamais l'engager par nos propos, par nos paroles sur un terrain qu'il ne voulait plus explorer qui était le terrain politique. Il en avait fait le tour. C'est un homme libre. Il a le droit, je crois, au regard de son âge, à pouvoir - c'est vrai - aller dans des expositions, ne pas être ennuyé par des perches qui trainent, des micro-baladeurs ou ce genre de choses.

Il ne fait plus de politique, il ne veut pas gêner son successeur, il ne formule aucune observation, aucun commentaire sur l'action du gouvernement. Il a tourné la page. Et c'est si vrai qu'il en a écrit "le temps présidentiel" qui sont ses Mémoires, qui est un devoir de Mémoires, un acte pour l'Histoire ; et pour les passionnés de Chirac ou de l'Histoire de France comme je le suis, eh bien c'est un acte utile. Le reste, vraiment, laissons-le tranquille !

Et les mémoires de Jacques Chirac se concluent puisque les bonnes feuilles ont été livrées, la semaine dernière, aux lecteurs et que le livre est en vente en librairie, sur cette blessure de l'ancien Président de la république qui constate que le nouveau Président de la République - Nicolas Sarkozy - le 6 mai 2007 ne le cite pas dans son discours. Et il dit : "J'en suis blessé". Et ce qu'il fait à Sarran, samedi, c'est comme un pont entre les deux !

Non c'était une blague. N'accordez pas plus d'importance ; et en plus, il s'exprime le lendemain. Il dit exactement la lecture qu'il faut avoir est non pas un acte politique, c'était tout sauf un acte politique, c'était une promenade avec le président du conseil général. Et puis, Chirac est un profond Républicain ; et nous sommes des profonds Républicains ; et la Politique ce n'est pas la guerre civile. Et on a le droit d'être aimable quand on visite une exposition.

Avez-vous envie, François Baroin, de succéder à Christine Lagarde au ministère de l'Economie si elle est élue à la fin du mois, Directrice Générale du FMI ?

Strictement aucun commentaire sur une question qui, aujourd'hui, ne se pose pas et dont la réponse appartient au Président de la république.

Les députés se prononceront aujourd'hui sur le mariage homosexuel. Ils vont voter. Si vous étiez député, vous voteriez pour ou vous voteriez contre, François Baroin ?

Vous savez, le droit civil, le droit de la famille, c'est un homme-une femme-un enfant. Je crois que la société a énormément évolué. Les parlementaires ont beaucoup travaillé. Aujourd'hui, l'Union prend plusieurs formes : ça peut être le mariage, ça peut être le concubinage. Dans mon entourage, j'ai des amis qui sont gays ; je n'en connais pas un qui veuille se marier. En revanche, j'en connais beaucoup, quasiment tous, qui étaient heureux de pouvoir se pacser.

Mais sur le plan des principes, le mariage homosexuel, vous êtes contre ?

Dans la mesure où la société offre des réponses, oui je suis attaché à une certaine idée du mariage.

Donc, vous êtes contre le mariage homosexuel ?
 
Et je voterai contre le mariage homosexuel. Oui.

D'accord. On y arrive ?

J'ai déjà pris des positions là-dessus mais on y arrive ce matin à 7h56 !

François Baroin, invité de RTL, bonne journée.                  
2012 et vous

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François Baroin : "La sortie de Chirac sur Hollande n'est qu'une blague"
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Le ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. La petite phrase de Jacques Chirac sur François Hollande, pour lequel il a assuré vouloir voter en 2012, est "tout sauf un acte politique", a estimé François Baroin. "C'était une blague, n'y accordez pas plus d'importance", a déclaré sur RTL le porte-parole du gouvernement, considéré comme un proche de l'ancien Président de la République. "En plus, il s'exprime le lendemain et il donne la lecture qu'il faut avoir - non pas un acte politique, c'était tout sauf un acte politique -, c'était une promenade avec le président du conseil général" socialiste de Corrèze, a-t-il dit. François Baroin a parlé d'un "compagnonnage du plateau de Millevaches".
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2011-06-14 09:50:00
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