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François Baroin : "François Hollande est le roi du Madison !"

VIDEO - Le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Les entreprises basées en France dont la capitalisation boursière est supérieure à un milliard d'euros devront payer la taxe promise par Nicolas Sarkozy s'il est réélu, a confirmé François Baroin.

François Baroin sur RTL le 9 mars 2012
François Baroin sur RTL le 9 mars 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Baroin.

François Baroin : Bonjour.

Nicolas Sarkozy a 57 ans. "Si je perds, j'arrête tout", a-t-il dit en substance, hier. C'est sans doute très franc ; mais à quoi ça sert de le dire comme ça ?

Je crois que c'est un homme libre. Je crois qu'il veut surtout démontrer l'immense sincérité à la fois de sa démarche comme Président de la république et de sa démarche comme candidat auprès des Français.

Ce n'est pas mobilisateur, ça ?

On lui pose une question ; il répond. Vous ne pouvez pas, d'un côté, dire...

... Il y a plein de questions qu'on pose, et on ne nous répond pas toujours aussi franchement !

Mais chaque fois qu'il a décidé de répondre à toutes les questions sans fard, sans préoccupation d'interprétation, juste pour montrer pourquoi  il a fait ce qu'il a fait pendant cinq ans et pourquoi il porte ce projet de ce qu'il veut effectuer au service de la France pour les cinq années qui viennent.

Ce n'est pas démobilisateur pour des militants d'entendre ça : "Si je perds, j'arrête. Voilà. Tant pis !" ? Ce  n'est pas très dynamique quoi !

En tout cas, c'est très sincère, c'est très franc et ça ne veut pas dire qu'on interprète une éventuelle issue défavorable ; ça veut dire, au contraire, que cette campagne doit être la campagne de la sincérité sur tous les plans : les regrets, peut-être les remords, les échecs mais aussi les succès et peut-être aussi en creux, dessiner une autre campagne d'un autre candidat qui, lui, essaie de masquer une réalité de vérité pas sur lui-même, mais peut-être sur son projet.

Et pour en finir avec ça, vous ne craignez pas que ça renforce un côté référendum dans cette élection présidentielle : pour ou contre Nicolas Sarkozy ?

Comme pour toutes les élections présidentielles, il y a une forme de référendum plébiscite pour les Présidents sortant. Donc, cette question, quelle que soit la forme et quelles que soient ses interrogations personnelles à lui, elle fera partie du débat.

Bon ! On n'a pas compris l'annonce qu'a faite Nicolas Sarkozy, mardi, à propos d'un nouvel impôt sur les grandes sociétés ? On n'a eu ni l'assiette, ni les sociétés concernées. Est-ce que vous pouvez, François Baroin, nous donner quelques éléments ?

Les entreprises concernées sont les grands groupes comme, par exemple, les groupes qui sont visés par la taxe transaction financière qu'on a fait voter. Vous savez que ça a été voté il y a une dizaine de jours. C'est les entreprises qui ont leur siège en France et dont la capitalisation boursière est au moins égale à un milliard.

L'assiette est celle-ci : le taux n'a pas encore été fixé ; mais il faudra qu'on définisse les paramètres. On pourra prendre en compte le chiffre d'affaires plus que le résultat. L'idée elle est très simple...

... Chiffre d'affaires mondial ?

Le chiffre d'affaires mondial qui n'engage pas, contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, une remise en cause des conventions fiscales que l'on a avec les pays.

L'idée, elle est assez simple : c'est que vous avez des entreprises dont l'activité pour une bonne partie bénéficiaire, s'effectue à l'étranger. Ce qui a, comme conséquence, sur le plan fiscal que ces entreprises  ne paient pas d'impôts en France. C'est difficile à accepter ; donc si on globalise ensemble sur le chiffre d'affaires dans un premier temps, cela permettra à ces entreprises à hauteur d'une capitalisation boursière comme je le disais, d'un milliard, de faire entrer deux à trois milliards de plus dans les caisses de l'Etat, ce n'est quand même pas rien et c'est assez juste.

Elle paie de l'impôt à l'étranger. Si elles peuvent payer  en France, si elles font des bénéfices en France ; quand elles font des bénéfices à l'étranger, elles paient des impôts à l'étranger.

On paie de l'impôt sur les résultats effectués sur les bénéfices et elles paient de l'impôt à l'étranger lorsqu'elles font des bénéfices à l'étranger. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, par exemple, une entreprise comme Total qui était dans un bénéfice mondial consolidé ne payait que très peu d'impôts en France puisque ces activités de raffinerie en France, étaient déficitaires.

Donc là, si on prend le chiffre d'affaires...

... Pas très légitime d'aller les taxer parce qu'elles gagnent de l'argent à l'étranger !Enfin, on a l'impression que la voracité de l'Etat n'a aucune limite ?

Vous ne gagnez pas d'argent en France, vous ne payez pas d'impôts en France, ce qui me paraît très normal.

Mais là, vous en paierez quand même ?

Non, non. L'Etat, c'est vous, c'est moi, c'est ceux qui nous écoutent.

Ah oui, c'est ça.

Donc, vous n'êtes pas vorace, je ne suis pas vorace, nous ne sommes pas voraces. On a, en revanche, une période de tension budgétaire, de disette budgétaire. On a l'obligation aussi de trouver des politiques publiques qui soient empreintes de Justice, de justice sociale, c'est-à-dire le sentiment que tout le monde participe à l'effort qui est demandé... On doit faire des efforts.

C'est important la justice sociale ?

La justice sociale est importante. La justice fiscale l'est également. L'équilibre des comptes, tout autant. Et la volonté de faire partager les efforts par tous dans une période qui va nous emmener sur les trois, quatre années qui viennent, jusqu'à l'équilibre budgétaire, à continuer de demander des efforts. Il est faux de dire qu'on va pouvoir raser gratis et c'est un peu ce qui se passe.

Quand je vois François Hollande, les socialistes...
 
... Ah, ah, ah...

Oui, ça vous amuse peut-être ! Je ne sais pas pourquoi vous riez lorsque je vous dis François Hollande.

Parce que je voulais vous poser une autre question sur François Hollande, voyez ! Oui, je vous laisse parler, allez-y !

Oui, je veux dire : il fait un pas en avant sur tous les sujets, fiscal, budgétaire, économique... Deux pas sur le côté, à gauche, trois pas en arrière, puis un pas à droite, puis un demi-pas, la pointe des pieds, le talon... C'est le roi du Madison, François Hollande...

Ah oui, ce que vous décrivez !

C'est le Al Brown de la campagne présidentielle 2012. C'est le je sais pas quoi. Le Carlos Gardel du tango moderne.

Formidable. Allons-y... Allez, allez...

C'est ça aujourd'hui. Eh bien, nous, c'est une démarche sincère avec une visibilité, un programme, un projet, une stratégie et un calendrier.

Justice sociale, disiez-vous ; c'est pour ça que je riais parce que j'allais vous parler de François Hollande.Son idée de mettre une tranche d'impôt sur le revenu à 75%, c'est "au nom de la justice sociale", dit-il.

Oui, mais alors, enfin...

... Alors ? Vous êtes d'accord ?

... Comme disait Prévert  : "Ce qui tombe sous le sens rebondit ailleurs". C'est-à-dire qu'il a probablement pris une mouche qui vole pour une idée. Il est à la télévision en direct ; et il s'est dit : tiens, on va taxer les riches. Il me faut quelque chose. Cahuzac, président de la commission des finances, tombe de l'armoir ; Moscovici avec qui j'étais en débat, le lendemain, était gêné, gêné, gêné, gêné...

Oui, non, non. Non, non, mais les 75%...Vous parlez de justice sociale.

Pour être sérieux...

... C'est juste ou pas juste de faire une tranche d'impôt sur le revenu à 75 pour les gens qui ont plus d'un million d'euros ?

Ca, c'est absurde. Il est juste et nous l'avons fait puisque nous l'avons fait voter à l'automne dernier. Nous avons demandé une contribution exceptionnelle, le temps de la crise et le temps du retour à l'équilibre budgétaire, à 3% pour les plus de 250.000 euros, à 4% pour les plus de 500.000 euros. Nous l'avons fait, le temps de la crise. Le temps de la crise.

Mais entre 45% qui est la proposition de la tranche maximale et marginale proposée par les socialistes et 75%, vous avez une marge que personne ne peut franchir. Et quelle sera la conséquence de ça ? Ce n'est pas tellement que les Footeux seront en difficulté et que ça va mettre en difficulté la qualité du jeu de la Ligue 1.

La ligue 1 du foot en plus !

Et en plus, j'aime bien le foot. Mais d'un autre côté, je suis comme tout le monde choqué du déséquilibre qui existe entre les déficits des clubs et la rémunération des joueurs ; mais ce n'est pas ça le problème. Le problème c'est le message adressé qu'un pays comme la France vis-à-vis de tous les talents et de tous les investisseurs, est un pays qui va spolier. Ce sera de la spoliation.

La Grèce pour terminer, François Baroin. C'est désormais officiel : depuis quelques minutes, 95% des créanciers privés acceptent d'effacer une partie de la dette qu'ils détenaient auprès de la Grèce. J'imagine que c'est une bonne nouvelle ?

C'est une bonne nouvelle. C'est un beau succès. C'est quelque chose qui nous permet à la fois de rester sur une base volontaire qui évite le défaut, donc le risque de faillite pour la Grèce, qui nous permet d'atteindre tous les objectifs que nous nous étions fixés ; et je dois dire quand même : d'où nous venons ; à la sortie de l'été, on a eu une crise tellurique qui a donné l'impression que le sol se dérobait sous nos pieds.

On a énormément travaillé : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ont fixé un cap en décembre. Nous, ministres des Finances, on a atteint l'objectif, le mandat qui nous avait été fixé. Maintenant, il reste à réaliser cela dans la durée ; et c'est pour ça que là aussi, prendre le risque de le remettre en cause, c'est prendre le risque de nous faire replonger dans une crise.

Redoutez-vous que l'Espagne, qui a des déficits supérieurs à ceux attendus, prenne la même voie que la Grèce, François Baroin ?

On a confiance dans le gouvernement espagnol qui fait un gros travail. Vous savez que l'Espagne, effectivement, a un gros niveau de déficit mais un niveau de dette qui est, aujourd'hui, actuellement, dans les clous de Maastricht. Donc, ils ont aussi des qualités.

François Baroin, avec des références chorégraphiques, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.
2012 et vous

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