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Frais de mandat des députés : "On est loin de la transparence", lance Alba Ventura

ÉDITO - À compter du 1er janvier prochain, les députés et les sénateurs seront soumis à de nouvelles règles : leurs frais de mandat seront plus surveillés qu'avant.

L'Edito politique
Frais de mandat des députés : "Encore un petit effort !", lance Alba Ventura
Crédit Média : RTLnet Crédit Image : CHAMUSSY/SIPA
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Est-ce le règne de la transparence ? Il ne faut pas s'emballer ! La transparence, on en est loin. Là, on est au service minimum. Mais bon, ce n'est pas rien le service minimum. Cela veut dire que ça progresse un peu. Cela veut dire qu'un parlementaire ne fait plus ce que bon lui semble avec son enveloppe de frais (qui est d'environ 5.300 euros net par mois quand on est député, et de 6.100 euros quand on est sénateur).

Les frais de mandat ça ne sert pas à payer des vacances à sa famille. Cela s'est déjà produit. Comme il est arrivé aussi que les frais de mandat servent à rembourser le crédit d'une permanence - dont le parlementaire est propriétaire -, revendue quelques années plus tard avec une jolie plus-value, qui est donc allée directement dans la poche du député. Les frais de mandat, ça ne sert pas non plus à faire de gros travaux dans cette permanence parce que vous augmentez votre propre patrimoine.

Ce genre d'abus ne sera donc plus possible. Il est désormais écrit noir sur blanc ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Mais moi, je serais allée plus loin. J'aurais demandé des notes de frais, comme dans une entreprise. Alors que là, les parlementaires n'ont pas besoin de fournir de justificatifs pour être remboursés : on leur demande simplement de conserver leurs factures, au cas où. Tenez-vous bien : ce qui est prévu, c'est un contrôle "aléatoire" de l'usage de leurs frais.

Pas un contrôle très lourd

Aléatoire ! Cela veut dire que sur les 577 députés, une centaine vont être contrôlés chaque année. Cela veut dire que vous avez une chance d'être contrôlé pendant tout le mandat. Autant dire que si on vous demande des comptes l'an prochain, vous êtes tranquille jusqu'en 2022, jusqu'à la fin du mandat. C'est comme si on disait à un coureur cycliste qu'il sera contrôlé une seule fois pour dopage, sur cinq années de courses. S'il est contrôlé à la première course, ça lui laisse le temps de "se charger".

Non franchement ce n'est pas un contrôle très lourd. Et si jamais l'un d'entre eux dérape, la sanction c'est le remboursement. Pas de quoi fouetter un chat ! Alors certes un parlementaire ne compte pas ses heures. Souvent il sacrifie sa famille. Je sais bien que je ne vais pas faire pleurer dans les chaumières en disant cela, et pourtant c'est la vérité : la politique c'est chronophage.

Mais cela n'exonère pas le fait d'être plus en conformité avec les règles qui ont cours dans l'entreprise. Parce que dans l'entreprise, au moindre dérapage, on est viré. Il ne me semble pas, par ailleurs, démago de rappeler que les frais de mandat d'un parlementaire, cela reste de l'argent public.

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